Après le stupéfiant raz-de-marée 50 Shades, il est impossible de nier la dimension universelle du fantasme de la fessée dans notre culture – l’inconscient collectif n’a que faire du féminisme. Pourtant, contrairement à ce qu’affirment les spécialistes (ils existent) et Wikipédia, la fessée (qu’elle soit punitive ou érotique) n’est pas pratiquée depuis toujours, ni même depuis l’antiquité.

I’m just gonna leave this right here.

Il ne faut pas confondre la flagellation, largement documentée mais administrée sur n’importe quelle partie du corps, avec la fessée proprement dite, ciblée sur sa partie la plus charnue. Même le chapitre du Kâma-Sûtra consacré aux
« diverses manières de frapper », qui détaille types de coups et parties du corps,  ne la mentionne pas.

La fessée « éducative » semble être apparue bien plus tardivement, au siècle des lumières, et immédiatement sublimée dans l’imaginaire sexuel par sa pratique érotique.

Rousseau illustre parfaitement ce mécanisme : il confesse avoir découvert le plaisir sexuel par la fessée… à 8 ans.

Il s’agit donc d’abord d’un subtil jeu d’esprit, bien que la stimulation physique soit réelle. Les fesses sont une partie du corps très érotisée, et sa proximité avec les organes sexuels en font une zone érogène secondaire de première importance. On mate, on dénude, on palpe, on agrippe les fesses de notre partenaire, mâle ou femelle.

Beaucoup ont déjà cédé à l’appel des claques sur les fesses pendant une levrette, dans la fièvre de l’excitation. L’afflux de sang et la chaleur provoqués irriguent tout le bassin.

On trouve de nombreux accessoires pour pimenter ces jeux de mains, et en faire des jeux d’esprit plus scénarisés : cravaches, paddles, slappers… On utilise aussi traditionnellement la savate, la brosse ou la ceinture. Les positions sont assez variées, mais en général humiliantes pour votre victime (consentante !) : penchée en avant, en appui sur une table, à genoux, prosternée ou couchée sur le dos, genoux repliés contre la poitrine…

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Mais l’Art de la fessée s’épanouit dans une noble simplicité : la main est l’instrument le plus sensuel, et la position « sur les genoux » offre un contact maximum entre les corps. Vous sentirez l’écho de vos claques, les contractions et les frémissements de votre partenaire.

Dosez la force de vos coups, et leur rythme : la longue répétition d’un coup léger devient beaucoup plus douloureuse que quelques coups très énergiques et dispersés. Une claque du bout des doigts ou du tranchant de la paume frappe plus durement que la main entière à plat. N’oubliez pas le son : bombez légèrement votre main si vous voulez faire plus de bruit que de mal. Alternez avec des caresses, des griffures du bout des ongles, prenez le temps d’admirer les traces et de sentir l’échauffement des fesses offertes… Variez l’angle, pour faire rebondir ou écraser les globes de chair.

Bettie Page se fait corriger

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Bien qu’on imagine plus volontiers la fessée administrée à une femme, beaucoup d’hommes apprécient d’être punis de cette manière. Tous ces conseils sont donc mixtes : mais si le fessé est un homme, vous aurez le plaisir de sentir son érection, de serrer son pénis entre vos cuisses, de le masturber de votre main libre… ou de le réprimander sévèrement pour son insolence.

Car le dialogue fait partie du jeu : quel que soit votre scénario, convenez d’un mot de sécurité, comme pour tous les jeux BDSM, afin de pouvoir jouir sans crainte ni ambiguïté des délicieuses plaintes et protestations de rigueur.

Coralie Trinh Thi

 

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