Parfois, le sexe, ça fait mal, et ça peut même vous conduire tout droit aux urgences ! Il suffit d’un jeu érotique un peu risqué, de l’introduction dans un orifice d’un objet non conçu pour cet usage, pour qu’une soirée sexe se termine de manière tragique, ou comique, selon que vous vivez la situation ou qu’on vous la raconte… Wyylde a mené l’enquête.

Par Pierre Des Esseintes

On sait que l’imagination humaine ne connaît pas de limites, particulièrement en matière de sexualité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les services d’urgence des hôpitaux en savent quelque chose. Le célèbre urgentiste Patrick Pelloux évoque dans son livre Histoire d’urgences ce que l’on nomme, dans le jargon médical, des « accidents d’exposition sexuels » : « Ils nous font plonger brutalement dans l’intimité et les secrets des patients, de l’homosexualité assumée ou non, de la première fois, des infidélités occasionnelles ou régulières, des petites perversions. Parfois, cela se finit au bloc opératoire : les conséquences d’un objet, d’une bouteille ou d’un légume enfoncé dans l’anus peuvent être dramatiques. Perrier, c’est fou, mais au fond du rectum, c’est grave ! »

 

On imagine le moment de solitude éprouvé par ces gens lorsque les pompiers interviennent pour les secourir, un concombre ou un pommeau de douche coincés dans l’anus. Sans parler de l’inventivité qu’ils déploient pour expliquer la présence de ces objets dans leur fondement ! Ainsi, les amateurs de légumes se justifient souvent par l’argument de la glissade malencontreuse : on a déjà vu un homme raconter sans rire aux urgentistes qu’il a pour habitude de ranger ses concombres à la verticale dans sa cuisine : « Je faisais la cuisine tout nu, j’ai glissé… et voilà le résultat : je n’arrive plus à enlever le concombre ! ».

« Pour les médecins, il n’est pas toujours aisé de rassurer les patients et de leur garantir, en restant sérieux, qu’on les croit. La médecine n’est décidément pas un métier facile : comment rester impassible lorsqu’un patient vous raconte qu’il est tombé sur le sol de sa salle de bains, et que sa brosse à dents électrique qui se trouvait là, allez savoir pourquoi, se retrouve à vibrer dans les entrailles du pauvre homme, pendant qu’il tente d’expliquer son cas… »

Notre bon docteur évoque aussi les dangers du SM, à travers l’exemple de deux garçons coincés dans un appareillage de camisoles, fouets et menottes, qu’il a fallu désincarcérer ! Stéphane Rose, dans son livre Les perles des urgences du sexe, nous  rapporte ce témoignage, authentique, d’un pompier : « une femme nous a appelés un jour pour la délivrer car elle était menottée à son lit. Par chance, ses menottes lui laissaient assez de jeu pour atteindre son téléphone… Mais ce n’est pas tout. Elle n’était pas seule. Son partenaire était dans la même pièce, inconscient. Après être monté sur un placard déguisé en Spiderman, le plafond du placard a cédé sous son poids, si bien qu’il est tombé à l’intérieur du meuble en s’assommant, laissant sa belle toute seule attachée à son lit. Pas mal, non ? » 

Illustration Secrets de Coquines

Illustration Secrets de Coquines

Les légendes urbaines

En médecine urgentiste, comme dans de nombreux domaines, les légendes urbaines sont légions. En témoigne cette mésaventure attribuée à l’acteur Richard Gere, selon laquelle il aurait fait pénétrer un hamster dans son anus. Difficile de ne pas penser au cas de l’homme aux rats, patient de Freud obsédé par cette torture chinoise consistant à placer des rats dans un récipient fixé au derrière d’un condamné, pour que les rongeurs lui dévorent l’anus… Curieux fantasme, évoquant sans doute une homosexualité mal assumée, et que l’on retrouve colporté à grande échelle dans toutes les cours d’école !

Autre légende urbaine qui a la vie dure : les couples dont les partenaires se présenteraient « soudés » aux urgences, à cause d’une forte contraction du vagin, empêchant l’homme de se retirer… Stéphane Rose ne mentionne qu’un seul cas dans son livre, recensé par le British Medical Journal en 1980. Mais les scientifiques s’accordent  pour dire que le penis captivus n’existe pas. Tout au moins entre un homme et une femme. Parce qu’entre une femme et un chien, par contre… Oui, vous avez bien lu. Selon Stéphane Rose, le penis captivus est « fréquent chez les chiens, dont la verge prend la forme d’un bouchon de champagne après la pénétration (…) Il arrive donc aussi parfois que des femmes appellent les urgences car elles ont un chien bloqué dans le vagin suite à un rapport zoophile » ! Incroyable. Mais vrai, cette fois-ci.

La suite des aventures dans le Wyylde le mag !

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