On ne présente plus Flore Cherry ! En plus de chroniquer régulièrement sur le blog Wyylde, Flore est journaliste chez Union depuis 2014, et organise de nombreux ateliers autour de la sexualité notamment les Ecrits Polissons, ses ateliers d’écriture érotique et ludique. Le 26 novembre prochain, elle lance le 1er salon de littérature érotique à Paris, et accueillera des auteurs pour des rencontres, conférences, défis d’écriture… De quoi réchauffer l’automne !

Rencontre avec cette passionnée qui a fait son entrée dans le milieu de la sexualité en 2013, en animant des soirées sex-toys auprès de jeunes femmes. Depuis, elle n’a eu de cesse d’animer des événements avec pour objectif de parler librement de sexualité, avec bienveillance, humour et simplicité !

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Tu es journaliste spécialisée dans les questions de sexualité, tu organises des ateliers autour de la sexualité : tu penses que l’information et l’éducation jouent un rôle important dans la liberté sexuelle ?

Oui, bien sûr. N’importe quel média (l’école, les magazines, la publicité, la famille et même les médecins…) joue un rôle dans la vision que nous avons de notre sexualité, et donc de sa potentielle liberté.

La sexualité a longtemps souffert (à mauvais ou juste titre) d’un contrôle très important, surtout auprès des femmes, sur ce qu’elle devait, ou ne pas, faire sexuellement. Une des meilleures façons de la contrôler était même de censurer (à l’école, dans les médias), ce qui est pour moi une vraie erreur.

Aujourd’hui les règles ont changé, je pense que ce contrôle n’a plus aucun sens, et qu’il faut que les espaces d’expressions que nous avons à disposition, comme les médias ou l’école, puissent en parler librement, sainement…

Tu as lancé les « écrits polissons » : libérer la parole pour libérer le corps ?

Je dirais plus libérer la parole pour libérer la tête. L’idée ce n’est pas forcément de se lancer derrière dans des pratiques que l’on aurait jamais osées auparavant. C’est déjà pouvoir en parler, en rire, s’en amuser, jouer avec ces mots interdits, ces situations osées…

Dire tout ce qui cache dans notre imagination (sans vouloir passer à la pratique), le partager avec d’autres, s’ouvrir à leurs idées, à de nouvelles visions de la sexualité, trouver les mots justes, c’est plus les neurones que l’on met en ébullition avant les parties génitales.

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Est-ce dans cette optique que tu lances le 1er salon de littérature érotique ?

Je lance le 1er salon de la littérature pour plusieurs raisons. La première c’est de sortir ce genre littéraire du « ghetto » dans lequel on l’a placé (peu de canaux de distribution « mainstream », réputation d’écriture de mauvaise qualité etc.), en essayant de toucher une cible plus grand public. La seconde, c’est d’inciter les gens à parler de sexualité à travers le prétexte du jeu d’écriture.

Le salon se veut très interactif, les participants ne seront pas juste là pour assister passivement à un regroupement d’auteurs, ils pourront écrire, apprendre de nouvelles choses, débattre, lire…

Comment as-tu choisi les auteurs qui seront présents au salon ?

J’ai choisi en priorité des auteurs que j’avais déjà reçus aux écrits polissons auparavant. Ces auteurs sont tous reconnus dans le milieu de la littérature érotique et ont une actualité en ce moment, même si de nombreux auteurs très influents auraient mérité d’y figurer aussi.

Pour le moment c’est plus pour l’aspect simplement pratique, je suis sûre de leur qualité d’intervention et de leur sérieux, nous avons déjà travaillé ensemble, ce qui me permet de me consacrer sereinement à l’aspect logistique plus energivore. Si cette session se déroule bien, je n’hésiterai pas à aller chercher d’autres partenaires et auteurs.

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Qu’est ce qui fait un bon récit érotique ? 

Un bon écrivain qui aime le sexe…

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C’est quoi ton premier émoi en littérature ?

Je crois que c’était « Les contes de la folie ordinaire » de Charles Bukowski. Une amie qui me l’avait filé à la récré… J’avais trouvé ça génial !

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Ton dernier émoi en littérature ?

Le dernier numéro de Wyylde, certainement !

Est-ce que lire de la littérature érotique c’est tromper ?

D’après ma définition : « tromper » c’est simplement « mentir à son partenaire ». Donc oui si on lit « 50 Nuances de Grey » en loosedé dans les toilettes en disant à son partenaire qu’on se retape les classiques de Zola, non si on l’assume…

Est-ce qu’on peut lire pendant l’amour?

On peut se masturber pendant la lecture. Mais pour tout autre chose, je trouve ça un poil gênant… Non ?

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