Bonjour Allmysin pour commencer, peux-tu te présenter?
On m’appelle  » Nana », danseuse et comédienne, maman de 3 garçons et une fille, mariée à mon amoureux photographe et aéronaute.

Pour définir le libertinage, tu choisirais quel mot?
Libre


Comment as-tu découvert le libertinage?
J’ai toujours eu différents amants, faisais l’amour en passant des bras de l’un à l’autre sans pour autant être » libertine » …
Puis j’ai rencontré mon futur mari lors d’une séance photos … nous nous sommes séduits et j’ai rompu avec mes partenaires avec une envie de ne me donner qu’à lui !

Mais mon nouvel amant avait cru déceler en moi suffisamment de désinvolture pour me proposer de faire un pas vers le libertinage.

Curieuse, j’ai répondu oui à cette expérimentation, avec tout de même un soupçon de doute quand à la nature de son « amour » pour moi qui avais enfin soif d’exclusivité !

Séjours libertins, clubs, soirée privées ont été pour moi des entrées en matière que je vivais telle une ethnologue, en questionnant les personnes rencontrées sur leurs désirs, la façon dont ils vivaient ce partage des corps, la jalousie, les codes ….et bien sûr en m’interrogeant sur mes propres désirs et ceux de notre couple.

Aujourd’hui, après de multiples expériences, positives et parfois moins heureuses, le libertinage ressemble davantage à une ouverture d’esprit et une libération du joug judéochrétien, un chemin vers la connaissance de soi et de l’autre qui renforce le couple tant physiquement que sentimentalement.


As-tu initié des personnes depuis au libertinage?
Oui, Il m’est arrivée de rencontrer des femmes qui avaient peur de franchir le cap, avec qui nous avons passé de beaux après midi langoureux, des amis aussi, que le libertinage a sauvé de la solitude sexuelle de laquelle ils ne parvenaient à s’échapper .

Quel type d’échange recherches-tu ?
La nature de l’échange se révèle lors de la rencontre, je peux libertiner en solo avec des femmes , mais nous rencontrons les couples ensemble et ne nous séparons jamais. Par contre, je garde un goût particulier pour le bondage et le latex et les scénarios qui donnent le « la ».

Quel est ton type d’homme et / ou femme?
J’apprécie d’abord les hommes et les femmes avec qui s’opère un jeu de séduction de nos « univers » , plutôt « rock ’n roll », ou « electro » j’aime aussi les côtés « classiques extravertis » , je crois que mon critère principal reste malgré tout l’ « honnêteté » et le « bien dans ses pompes »! Ensuite, j’avoue, j’ai tout de même un faible pour les hommes grands et costauds et les femmes espiègles ou garçonnes !

Quels sont les critères essentiels pour accepter une proposition de rencontre?
D’abord la conversation, le vocabulaire, le visuel …. et l’orthographe ?!….
Et le must, c’est lorsque ces rencontres aboutissent ou participent à un projet photographique .

Plutôt soirée privée ou club?
Les clubs pour danser en toute liberté, m’amuser à la barre de pôle dance…..   mais pas forcément coquiner ou alors avec les personnes qui nous accompagnent dès le départ.
Les soirées privées, bien choisies, avec des thèmes particuliers et des personnes séduisantes dans leur conception d’un certain  « savoir vivre »

Tu es modèle, danseuse et comédienne, peux-tu nous en dire plus sur ces activités?

Par contre, mon travail de danseuse et comédienne est très personnel.

Très jeune j’ai été corps de ballet à l’Opéra, puis j’ai beaucoup voyagé à travers le monde dans des compagnies contemporaines et de danse théâtre.

Aujourd’hui, j’ai crée ma Compagnie et mes propositions s’articulent autour de la science et de la sexualité, deux passions qui à mon sens font … le sens de la vie!

Je me sers de mes expériences de vie, de mes désirs, et mon indépendance me permet d’être insoumise dans mes choix, sans tabou dans ce que je donne à voir…. j’aime travailler dans des lieux improbables mais aussi sur des scènes conventionnées.

Mon meilleur acolyte est mon mari, avec qui je partage les explorations photographiques, mais différents compositeurs, musiciens, comédiens, danseurs, décorateur, costumière, m’accompagnent selon les créations.

Entre érotisme et pornographie la marge est étroite, alors on laisse tomber les étiquettes en tentant d’être « juste » dans notre démarche et de permettre ainsi de « montrer » la sexualité, le sexe sans prosélytisme, à un public très varié.

Mon métier tel que je le pratique à présent fait partie intégrante du quotidien, l’un nourrit l’autre.

As-tu déjà dansé pour des libertins? ou joué une comédie pour un public libertin?
J’ai déjà lu mes textes lors de soirées privées, je danse aussi dans les clubs mais un spectacle spécial « libertins », non …. par contre j’ai invité des libertins à faire partie des spectateurs, et je trouve toujours intéressant de mélanger les publics car les réactions sont souvent similaires, car humaines !

Avec tes partenaires, (si tu ne fais pas de solo) t’est-il arrivé d’avoir une attirance? si oui es-tu déjà passé à l’acte?

Nous partions en tournée ….

A l’époque le port de ceinture n’était pas obligatoire … je me suis donc assise sur les genoux de mon partenaire de scène avec lequel je jouais un duo sur le mariage . J’ai senti qu’entre mes jambes son jean enflait sans retenue. Il s’est senti gêné, mais je l’ai rassuré avec un sourire complice. Le soir même nous jouions sur une scène nationale. À un moment, il est écrit qu’il se cache sous mes jupons, pendant que je croque une pomme avant de la lui enfourner dans la bouche …j’ai choisi ce moment pour que mon sexe rencontre sa bouche. Lorsque mon danseur s’est glissé entre mes jambes, caché par mon costume, j’avais pris soin de ne pas mettre de culotte…. j’ai pu alors diriger sa bouche vers mon sexe pour qu’il le goûte discrètement mais en public, et lorsque l’impulsion musicale le fit sortir j’ai pu lui glisser la pomme entre ses dents avec l’immense plaisir de le savoir troublé …. La nuit de cette première fut chaude et nous avons rejouer Adam et Eve en toute impunité!


Quel message essayes-tu de faire passer à ton public?
Avec mon dernier solo, autour du mythe de Pasiphaé, j’ai voulu mettre en scène le désir dans toute son insoumission.
Pour punir Minos de ne vouloir sacrifier le taureau blanc qu’il lui avait offert en holocauste, Poséidon envoûte Pasiphaé, l’épouse de Minos, d’un amour insoutenable. Poséidon rend Pasiphaé amoureuse du taureau blanc et de leur union naîtra le Minotaure.

Cette femme se sent possédée par un désir puissant, indomptable.

Elle se trouve face au dessein d’un acte que l’opinion, la morale, l’humanité réprouve, mais elle décide de s’affranchir….

Que se passe-t-il en elle ? Quelle prise de conscience avant le passage à l’acte, l’assouvissement d’un désir qui torture et l’accomplissement de celui-ci dans la torture.

Quelle issue ?

La problématique du désir me passionne, c’est assez proche de l’addiction, et je cherche à comprendre le mystère de la séduction forte qui domine la raison et la solution que l’homme trouve pour assumer ses pulsions sans aucune culpabilité et dans quel mesure il reste en capacité d’être « honnête » avec lui même! (donc avec les autres)

Pour cette pièce, je voulais des scènes particulières et trouver des partenaires avec qui réaliser une série de photographies correspondant aux scènes imaginées.

C’est grâce à netech/ wyylde que j’ai rencontré les personnes idéales!

Une première séance avec un garçon avec qui je devais faire l’amour sous une bâche transparente a finit en trio des plus sensuels (la danseuse, le photographe et le partenaire, qui est devenu un amant privilégié) …

Un autre moment lubrifié à plusieurs qui a été mémorable et concrétisé avec nos corps huilés qui se caressaient  dans des draps en vinyles sous l’oeil averti de mon mari qui après les clichés mis en boîte nous a rejoint pour des corps à corps délicieux….

Ce solo est pour moi un message de démocratie sexuelle, déjouer les tabous, rendre sa place à la sexualité,  si nécessaire à l’épanouissement de chacun, que tout soit permis dès que cet acte ou cette pensée restent justes, comme le fruit d’un consentement mutuel quelqu’en soit sa teneur….


Quel a été ton meilleur souvenir de danse ou comédie?

Un de mes souvenirs croustillant remonte à une scène de cabaret. C’était un quatuor, un saxo, un piano, un danseur, une danseuse. La construction de la pièce résidait dans la concordance danse/musique, je dansais avec la partie piano, mon partenaire avec la partie saxo. J’étais moulée dans une petite robe noire, rehaussée sur des talons de 15 cm, jouant avec mon porte cigarette et la sensibilité du pianiste autant que de mon danseur. Le pianiste me plaisait beaucoup, bien plus que mon partenaire homosexuel. J’ai toujours aimé faire diversion pour donner plus de vie à l’écriture scénique. Je n’ai donc pas hésité à m’assoir sur les genoux du pianiste pendant son solo, à lui caresser l’entrecuisse en toute discrétion, en jouant la comédie de l’amour pour un public riant de ces initiatives qu’il pensait faire partie de la chorégraphie. Le pianiste dans l’obligation de résister pour conclure son morceau me regardait de ses yeux presque devenus amoureux… Je pressais de mon assise son sexe dressé sous son pantalon de costume et jouait de ma bouche avec les boutons de sa queue de pie. Mon partenaire souriait de cette divergence et s’est très vite rendu complice de mes avances…  La nuit d’hôtel a été une des nuits les plus attendues de cette tournée …


Qu’est ce que le libertinage t’a apporté dans ton métier?

Des rencontres pour les projets artistiques surtout en photographie, et une forme d’éloge de la simplicité, je veux dire par là, assumer en toute ingénuité mes rôles sur scène et surtout mon rôle de femme et curieusement, mon rôle de mère, très présent dans mon statut de famille nombreuse!

J’ajouterai aussi, une autre façon de vivre mon « âge », à bientôt cinquante ans, le libertinage est parfois une belle scène pour jouer des comédies inédites !


Et le moment le plus excitant dans ta carrière ?
Lorsque j’ai eu mon contrat à Londres, j’avais 22 ans et je ne rêvais que de rencontrer ce chorégraphe qui à l’époque était censuré en France pour son travail sur l’homophobie et le coté trash de ses pièces.

J’ai tout quitté en France et me suis installée chez l’ami d’un de mes amants dans cette ville déjantée. Le travail dans la compagnie était basé sur une danse d’une technique forte mais sans aucune limite d’improvisation, et le chorégraphe nous poussait à une forme de transe pour sortir des gestes ou des émotions sans précédent.

L’excitation était permanente dans la recherche, dans le rapport aux autres, dans la danse, dans le langage que nous employions, et les ateliers étaient de véritable laboratoire des corps, captant la moindre jouissance pour en faire une variation, la moindre émotion pour la partager et la reproduire ….

Nous étions tous de nationalité différente, de pratiques différentes, d’anatomies différentes, (j’ai fait un duo avec un cul de jatte), nous organisions des performances surprises dans des lieux publics, tout était permis au bénéfice d’une forme de révolution culturelle, d’un autre regard sur le monde, plus tolérant mais toujours très exigeant….

C’est sans préméditation que j’ai vécu un orgasme partagé avec un danseur homosexuel lors d’un atelier basé sur l’injonction « to be sticked »

Nous travaillions dans la nef d’une ancienne église, la lumière était magique, le chorégraphe a formé des couples de danseurs auxquels il a demandé d’évoluer en gardant les corps « collés » ensemble. Je me suis retrouvée « imbriquée » dans un neozélandais géant et magnifique, la musique était envoûtante et nous nous sommes laissés porter par nos corps qui déjà frissonnaient . Nous n’avons pas entendu le chorégraphe mettre un terme à l’improvisation mais tous se sont arrêter pour nous observer …. Lorsque notre jouissance nous a sortis de notre danse, un silence imposant a laisser place à des applaudissements … nous nous sommes regardés émus, heureux de ce moment aussi platonique qu’orgasmique!

Une forme de «  libertinage » !


As-tu un fantasme à nous raconter?
Oui, d’ailleurs, je suis entrain d’écrire un recueil à leur sujet … que nous illustrons avec ceux et celles qui veulent bien se prêter au jeu de la photographie ! je vous en livre un petit ….

TRAIN DE NUIT

Le train de nuit ne s’arrêta plus jusqu’au levé du jour.

Un train à compartiments, un vieux train bruyant qui ne berce plus personne.

Nous sommes 4.

Les 3 hommes qui voyagent avec moi semblent se connaître. Ils discutent poliment de leurs

Projets.

Il est bientôt minuit.

L’éclairage du compartiment faiblit et n’est plus qu’une veilleuse de nuit. Les paupières de mes compagnons de rails se ferment et je profite de cette absence de regard pour prendre entre mes doigts mon clitoris enfermé dans mon jeans délavé.

La tête en appui contre le dossier de bakélite, le dos cambré pour mieux me présenter, je ferme les yeux et me connecte au plaisir qui se dessine.

Ma respiration se fait plus lente mais le souffle devient chaud et lorsque j’entrouvre mes lèvres pour expirer un orgasme naissant, un membre tiède et dur glisse sur ma langue et atteint le fond de ma gorge encore sèche.

J’inspire et suce vigoureusement ce sexe en offrande pour que ma salive l’embaume lorsque je sens sous mon jeans une main me soulever les fesses et me masser le cul, pendant qu’une bouche cherche mes seins.

Mes mains saisissent en douce un autre vit en douleur et le branlent tendrement.

Mon jeans est arraché et me voilà pénétrée fortement par une main qui devient poing.

Des bras me soulèvent, me retournent sur un corps tiède pendant qu’un deuxième garçon me prend par derrière et un troisième me caresse presque amoureusement.

Nous formons une bête étrange et tentaculaire dont le cri étouffé raisonne comme l’étouffement d’une délicieuse suffocation.

L’obscurité se fait brusquement lumière à l’appel d’une voix féminine nous demandant nos billets.

Une femme en uniforme se tient dans l’encadrement de la porte, le sourire en coin et le regard qui se voudrait complice ?

Les garçons me cèdent le passage et je me dirige vers cet uniforme au corps accueillant.

Je lui retire sa casquette, déboutonne patiemment cette veste marine et découvre des seins en éveil que je prend tout à tour dans ma bouche…

J’ordonne à ces messieurs de s’installer sur une banquette pour leur offrir le spectacle de notre duo de chair.

Nos peaux douces s’accordent avec déliquescence, nos langues pénètrent nos moindres interstices et très lentement nous nous unissons dans un orgasme simultané face au quel nos voyeurs éjaculent de toute leur profondeur en nous aspergeant d’une mousse tiède.

Nous rions de cette jolie farce, laissons notre contrôleuse à ces poinçons, nous approprions les lavabos avant de reprendre nos sièges en attendant rassasiés, le levé du jour,

la fin du voyage.

Merci beaucoup Nana! Tu es juste fabuleuse! Vraiment hâte de lire la suite de tes textes.

Vous aussi vous pouvez me contacter sur mon pseudo Sabrinawyylde si vous souhaitez être interviewer dans mon articlme Portrait by wyylde.

 

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