Vous avez été très nombreux.es à nous avoir envoyé vos écrits inspirés lors de notre grand “Appel à Sextes” organisé en partenariat avec B.Sensory, 1er sextoy littéraire connecté. Notre jury a eu très chaud mais a su garder son sang froid (professionnels avant tout !) pour choisir parmi les pépites érotiques de nos amoureux des lettres et du Q. Wyylde vous présente la grande gagnante, Stéphanie Eden, qui a touché notre jury en plein corps par sa nouvelle vibrante !

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Chapitre II

Laëtitia et Emma, c’est un peu Quand Harry rencontre Sally, version lesbienne. A la base, nous étions – entre guillemets – amies, elle et moi. Puis, de fil en aiguille (et en sextoys), nous avons fini pacsées à la Mairie du quatrième arrondissement de Paris, il y a un an tout juste – j’ai même eu droit au bouquet de roses rouges et à la traditionnelle boîte de chocolats grecs (pardon, belges) pour notre anniversaire – avant de continuer la fête en baisant comme des malades sur le canapé du salon. Bref, que du bonheur. Faut dire, elle est romantique, Laëtitia. Pas comme moi, la punk de service qui ressemble à Marilyn Man-roe, avec mes yeux anthracites et mon blond dégingandé. Elle est belle, Laëtitia. Elle illumine tous les coins glauques de sa présence – et ils sont nombreux autour de moi. Elle, c’est la vraie blonde d’abord, genre Kelly de Santa Barbara – pardon, mais on a les références qu’on mérite, ça m’apprendra à naître dans les années 1980. Et puis, elle est douce Laëtitia: même sa peau ressemble à du Velvet UndergroundA côté, je suis complètement Dark Side of the Moon. Faut comprendre, les roses, les chocolats et tout le bazar, ça me fait intuitivement gerber : avec Laëtitia, je suis une anorexique officiellement en voie de rémission. La pulpeuse et la brindille. La Merveilleuse et l’éclair au café. La belle et la belle décolorée. Bref, forcément, entre nous, ça clash. Soi-disant que je serai aussi sensible qu’une tombe – voire pire, qu’une fosse commune.  Ce soir, par exemple, elle me fait encore la gueule parce qu’hier, j’ai eu le malheur de critiquer son fondant au chocolat végan – le problème avec Laëtitia, c’est qu’elle est une carnivore refoulée. Et puis, au-delà de la question animale, va falloir qu’elle comprenne un jour que fondamentalement, intrinsèquement, existentiellement, je déteste le chocolat. Parenthèse close. Enfin, pendant qu’elle câline rageusement Louis-Ferdinand (le chat), je peux écouter mon émission de radio.

J’ai beau être misanthrope comme Louis-Ferdinand, je n’en apprécie pas moins les goûts musicaux d’une poignée d’irréductibles qui comme moi, qui passent leur soirée connectés aux ondes punks de la 102 FM. Peter Murphy, Bauhaus, Joy Division, The Clash, The Smiths… Enfin, ce soir, c’est autre chose qui me fait bander. 21h33. Toujours rien. Je m’agite dans le salon comme un fauve en cage.

[…]

Le Musée du Louvre… Justement, dans Google Images, il y a ce tableau de John Martin, Le Pandémonium, lequel illustre un épisode du Paradis perdu du poète anglais John Milton… Aile Denon, premier étage, salle 32. Voilà.

Chapitre III

Quelques heures plus tard, je me sens trop excitée et vaguement coupable pour m’endormir. Laëtitia est là, tout près. C’est un peu comme si mon ange gardien s’était endormi avant moi, trop épuisé. Deux heures du matin. Après m’être imaginée en robe noire moulante, avec des porte-jarretelles, sans porte-jarretelles, avec des talons aiguilles, en Doc Martens, collants troués et mini-jupe, j’abandonne l’aspect garde-robe du rendez-vous de demain, pour me concentrer sur l’aspect essentiel du problème : j’ai rendez-vous demain avec un golden boy californien beau comme un Apollon, à l’accent indéfini et qui s’appelle Eros, que j’ai rencontré pour la première fois ce matin alors qu’il frottait sa grosse bite contre moi dans le bus 69 et qui m’a fixé rendez-vous par émission de radio punk interposée devant un tableau du Louvre représentant les flammes de l’Enfer. « Ne tombons pas dans la banalité » : la devise de toute une vie. Je regarde à nouveau Laëtitia. Elle est découverte à présent, débardeur et tanga à bords en dentelle noirs. Un cul à damner le plus abstinent des végétariens, des seins aussi voluptueux que ceux de Pamela Anderson, le silicone en moins. Je suis toute mouillée.

J’effleure très délicatement la courbe arrondie de sa fesse gauche avec le bout de mes doigts. Elle réagit imperceptiblement. Je remonte le long du dos, du creux des reins à la douceur de sa nuque dénudée. Une splendeur, ma femme. Même lorsqu’elle dort, elle a la grâce d’un vagin en fleurs. Je colle mes petits seins contre son épaule, leur pointe de plus en plus dure caresse avec douceur le bras ensommeillé. Elle bouge, semble rêver à quelque chose d’agréable. Je continue, le bout de ma langue contre le creux de sa nuque. Elle sent la fleur d’oranger, Laëtitia, mêlée à l’odeur de la nuit. C’est tout elle, ça : des fleurs et la douceur de la nuit comme seconde peau.  Des baisers sur sa nuque. Elle a toujours les yeux fermés, et ce léger sourire en coin que je connais bien et qui me fait continuer.

La nymphe et la Walkyrie.

Je soulève son débardeur, le lui retire doucement. Elle tremble légèrement. Son slip à présent.

Nue toutes les deux (quant à moi, je dors toujours sans vêtement, question de principe).

Alors qu’elle est toujours sur le ventre, je m’agenouille au dessus de son corps et effleure le côté de ses seins compressés par son propre poids. Elle aime ça, Laëtitia. Elle soupire de plus en plus fort. Ça m’excite, cette respiration qui s’emballe. Je descends le long de sa taille, toujours délicatement, caresse à nouveau son cul sublime de nymphe ensommeillée. Un doigt dans sa fente. C’est chaud, profond. Je m’y attarde, de plus en plus profondément. Elle gémit carrément. Je sais ce qu’elle aime, ma femme. Les doigts dans le cul, profond. Un, puis deux. J’y vais en douceur, ce soir.Avec ma main droite, je cherche l’autre fente, toute mouillée. Un doigt, puis deux, puis trois.  Je la pénètre de plus en plus fort dans les deux orifices simultanément. Elle s’est accroupie pour mieux sentir les caresses. Elle aime cette position, Laëtitia. Abandonner son cul et son vagin à mes mains et à ma langue. Les presser contre mon visage. J’adore tout en elle, à l’intérieur d’elle. Etre dans son cul, dans sa chatte, avoir le goût et l’odeur de son désir dans la bouche, sur les seins.

Dévorer, respirer Laëtitia. J’avais presque oublié combien j’aime cela.

Elle gémit, de plus en plus fort : la langue a remplacé les doigts dans son vagin. Je la lèche partout, embrasse son sexe parfaitement épilé. Il est doux, son sexe. Un clitoris magnifique, petit et gonflé. Je m’y attarde du bout de la langue. Pendant le sexe, Laëtitia dégage une odeur particulière : celle d’une femme qui mouille beaucoup et qui jouit vite. Je la connais bien, cette odeur. Elle me fait jouir.

Ça y est, elle s’allonge sur le ventre. J’adore ce moment. D’une main hésitante, elle cherche sa culotte, près d’elle. Elle aime se caresser Laëtitia, et j’aime la mater. Toujours la même position. J’ai très envie de la pénétrer avec ma langue. Doucement, j’écarte ses lèvres avec mes doigts, pendant qu’elle commence à frotter son clitoris avec le tissu noir. Elle y va doucement, moi aussi. Je lui lèche les lèvres, puis doucement j’introduis le bout de la langue à l’entrée de son vagin. Elle mouille de plus en plus. Va-et-vient de plus en plus soutenu de sa main gauche sur son clitoris. Elle gémit, je la pénètre encore et encore. Dans ma bouche, le goût de son orgasme naissant. Elle jouit enfin, mon visage dans son sexe mouillé et merveilleux.

Laëtitia qui jouit, c’est la Symphonie pastorale : elle a l’orgasme bucolique : pur, doux et olympien. Puis elle se rendort, une parenthèse enchantée au creux des reins. […]

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