Par FFH24

Veuillez vous éloigner de la bordure du quai SVP

Encore une journée sans ! Me voilà entrain de courir sur le quai pour attraper ce fichu TGV …mais quelle idée j’ai eu de mettre une robe et des talons ce matin ! Il faisait bon ce matin à Bordeaux et j’avais cru bien faire…là toute de suite, l’idée me paraît peu adaptée à la situation.
Mes seins ballotent de gauche à droite et j’imagine à voir la tête des passants que je dépasse à chaque instant, que je dois être rouge et ressemblait à une folle trainant son gros sac derrière elle !

Enfin mon wagon, je grimpe à toute vitesse pendant que le signal sonore retentit. Il s’en est fallu de peu pour que je le rate ce maudit train.
Bien sûr cela aurait été un drame : le mariage de mon frère : un tel événement familial ne peut être ignoré même si j’avoue : j’aurai bien aimé m’en passer. Pas que je ne l’aime pas mon frère, il est adorable, sa future femme aussi d’ailleurs… mais bon j’en ai plus qu’assez de voir la mine dépitée de mes parents et mes autres frères à chaque fois que nous nous réunissons ! Ils me regardent l’air suspicieux se demandant ce qui cloche chez moi et si j’ai enfin trouvé chaussure à mon pied. A 35 ans il serait bon de se casser selon eux ! Pour ma part je me sens bien, je suis à l’aise dans mes baskets…la solitude ne me pèse pas et j’aime bien le confort de ma vie de célibataire. Je peux faire ce que je veux quand je veux et c’est très bien ainsi…. J’ai eu quelques histoires sans lendemain, de merveilleux coups d’un soir. Je me suis essayée à différents types de garçons, à des filles même parfois mais je n’ai pas trouvé la personne avec qui je voulais partager toute mon existence.

Celle qui serait faire fi de mes petites manies et de mon caractère de merde, il faut bien l’admettre. Je pose mon sac et regarde le wagon quasiment plein… Je constate avec agacement que je vais devoir interpeller la personne assise à ma place. Cette manie qu’ont les gens de ne pas se mettre à leur place, bordel ! On choisit un numéro, dans mon cas le sens marche en avant aussi. La perspective de voyager à contresens me rend vraiment toute chose et les plus de 3 heures de train me seraient alors insupportables.
Arrivée à la hauteur de mon siège je dévisage avec un air agressif le jeune homme assis à ma place et lui indique qu’il s’agit de ma place. D’un air malicieux il lève un sourcil vers moi, sourit et s’assit en face, certainement sa place d’origine.

Sa réaction me déconcerte. il me reluque d’une façon appuyée passant alternativement de mon visage, à mes seins puis mes jambes d’un air entendu. Sa façon de faire me met tout d’abord mal à l’aise mais son regard franc et coquin détend l’atmosphère et me redonne un petit sourire.
Du coin de mon magazine que je feuillette plus que je ne le lis, j’admire à mon tour ce jeune homme : il doit avoir 20/25 ans, mal rasé, les cheveux bruns avec des magnifiques yeux verts. Il a un petit air sauvage que j’aime beaucoup. Son tee-shirt serré sur son torse dessine ses très jolis abdos. Il n’est pas mal du tout en fait, tout à fait le type de garçon que j’aurais aimé avoir dans mon lit quand j’avais 20 ans, son air rebelle m’aurait fait chavirer.
Il a ses écouteurs vissés dans ses oreilles et dodeline de la tête en rythme je suppose. Je ne sais pas si je ne me remets toujours pas de ma course pour attraper le train ou si c’est la chaleur du wagon mais je me sens toute chose : mes mains soient moites, je frissonne…ou alors est-ce lui qui me fait cet effet-là ? je divague il est si jeune, je dois lui paraître si moche avec mes seins lourds, mes cheveux mal peignés, mon visage rougi. Pourtant je constate que lui aussi me regarde, il me jette quelques petits coups d’œil en conservant son air espiègle. Il s’amuse avec légèreté à me déstabiliser.
J’ai de plus en plus chaud il faut que j’aille boire un coup sinon je ne vais pas tenir tout le trajet. Je me lève laissant à sa musique mon coquin compagnon qui me fait un léger sourire quand je m’extirpe de mon siège où je m’étais totalement avachie.

Je parcours laborieusement les quelques mètres qui me séparent de la voiture-bar, évitant de justesse un enfant qui s’amuse et une personne endormie qui penche dangereusement du côté de l’allée centrale du wagon. Il y a peu de monde au bar, je commande une eau gazeuse que je sirote tranquillement en regardant le paysage campagnard qui défile, le ciel est bleu, un beau soleil brille annonçant un merveilleux WE. Tout de suite là, je suis bien, détendue après ma longue journée de travail et son lot d’emmerdes et de collègues agaçants. Soudainement je sens une main me frôler les fesses, mon sang ne fait qu’un tour et je me retourne rapidement prête à dégainer et à corriger ce malotru, je me retrouve interloquée devant mon étrange voisin de siège qui me décoche un merveilleux sourire à faire pâlir d’envie toutes les filles de ce train.
Il a vraiment un air arrogant quand même …qu’est-ce qu’il croit ? Que je suis une fille facile, que je vais me faire séduire en quelques minutes juste au regard de son corps parfait et de son sourire ravageur.
Je ne sais comment réagir et je hausse finalement bêtement les épaules ce qui lui arrache un petit rictus de victoire.
Il repart tranquillement son paquet de chips dans la main en direction de sa place, je regarde avec avidité son petit cul bien moulé dans son jean jusqu’à sa sortie du bar : mais qu’est-ce que j’ai aujourd’hui bon sens ! Je rougis connement plantée là au milieu de ce wagon, bon il faut que je reparte vers mon siège moi aussi, je ne vais quand même pas prendre racine ici pendant tout le trajet. D’un pas décidé me voilà parti essayant de ne pas perdre l’équilibre à chaque mouvement pendulaire du train.

Soudain, en passant devant le WC handicapé la porte de celui-ci s’ouvre rapidement et une main me saisit m’arrachant un cri de surprise. Il est là devant moi sa main fermement agrippée à mon bras et il me regarde en souriant. Il me tire tout doucement à lui m’invitant à rentrer avec lui dans ce local quelque peu réduit mais propre si j’en juge par l’odeur puissante de désinfectant qui monte à mes narines. J’avoue je ne réfléchis pas et en quelques secondes je suis dans ses bras, il m’observe sans un mot, me fait asseoir sur la cuvette des WC fermés. Il baisse tout doucement son pantalon et me met la main sur son sexe déjà en érection. Il est beau, d’un large diamètre et d’une bonne taille. Tout cela me donne envie et je me baisse pour le saisir en bouche avec une avidité que je ne me connaissais pas. Je lèche, aspire, suce avec vigueur en évitant soigneusement son regard. Je sens sa main dans mes cheveux qui m’enjoint à aller plus vite, plus profond dans ma gorge.
Je sens comme une envie de régurgitation quand son sexe va trop loin mais passée cette sensation cela devient si bon que je me surprends à faire une gorge profonde à ce bel inconnu. J’en veux encore, je me sens mouillée : quelques gouttes ruissèlent de part et d’autre de mon string, j’ai envie de lui.

Il me relève avec douceur, me fait poser les mains sur l’évier devant nous, se met derrière moi et j’étends qu’il déchire un préservatif pour le mettre sur sa queue puissante.
Je suis fébrile, je vois dans la glace mon reflet et je me reconnais pas , les cheveux tout ébouriffés, le visage ruisselant et rouge, je sens le sexe à plein nez ….je suis spectatrice de cette scène surréaliste. Il écarte mon string et je sens son sexe épais et long rentrer doucement en moi, il m’agrippe les hanches et fait des vas et vient de plus en plus puissants. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas vu d’hommes et mon vagin se dilate assez difficilement rendant la pénétration étroite ce qu’il semble apprécier au vue des bruits qu’il fait. Pour ma part, passée cette sensation de prime à bord peu agréable, elle se change rapidement en un spasme de plaisir. Chaque parcelle de mon corps frissonne et je sens monter en moi un orgasme puissant au fur et à mesure ou la cadence s’accélère.
Ces râles se font plus réguliers et plus puissants, je sens moi aussi que je suis au bord de l’extase… Subitement je sens qu’il introduit son pouce entre mes fesses : quel effet ! cela décuple mes sensations, je me tortille, je sens que je vais jouir d’un instant à l’autre. Dans un cri commun nous exultons ensemble.

Dans un silence, il me retourne m’embrasse tout en se débarrassant de son préservatif, il a toujours son sourire enjôleur et affiche maintenant une mine réjouie : il est beau comme ça avec ses pommettes légèrement rougies et ses cheveux ébouriffés. Sans un mot il me laisse là. Je me retourne vers la glace, mon maquillage a ruisselé, je suis en sueur.

Je me passe de l’eau et me fait un raccord maquillage, j’attends au loin l’annonce de la prochaine gare, je suis dans un monde parallèle j’avoue que je n’arrive pas à croire ce qui vient de m’arriver : ai-je vraiment fait cela? Lentement je sors et je peine à me frayer un chemin pour retourner à ma place avec toutes ces personnes qui viennent de monter. Enfin j’y suis : Zut ! Il n’est plus là, son sac non plus…je le cherche du regard et mes yeux s’arrêtent sur mon magazine duquel dépasse une petite feuille. Je regarde prestement. Il m’a griffonné à la va-vite un « Merci c’était trop bon  ». Je me retourne et je cours vers la porte de du wagon, c’est bête de se quitter comme cela : comment s’appelle-t-il ? Je voudrais avoir au moins un contact, son numéro ?
Je pose un pied sur le quai et je le vois au loin partir….je crie un Hé de toutes mes forces mais il ne se retourne pas….l’annonce pour le départ du train retentit : « Veuillez-vous éloigner de la bordure du quai SVP le train va partir ».
Je mets mon pied sur le marchepied pour remonter…je n’en saurai pas plus !

H15 sur HDS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.