Par Kprice06
Extrait 1 :

Depuis que mon sexe est entièrement épilé, ma démarche n’est plus tout à fait la même.
Nous avons commencé à exposer nos corps au soleil, mais désormais je n’ai plus envie de m’emprisonner dans un maillot de bain inutile qui me fait l’effet d’une camisole de force. Je veux que le soleil caresse le moindre de mes pores, et ses rayons audacieux allument en moi des sensations inédites.
Le vent tiède me fait frissonner, au point d’en avoir la chair de poule. Je résonne. Je tremble. Je vibre comme les cordes d’un violon, sous les effleurements de l’archer.
C’est une communion parfaite, une symbiose subtile entre terre, air et mer.
Je me sens libre et offerte, tous les sens en éveil.
Depuis que mon sexe est entièrement épilé, nous faisons l’amour de façon plus charnelle. Je ressens, au milieu de mes cuisses des déferlantes de plaisirs inattendus.
J’observe, très appliquée, les va-et-vient de mon homme, qui écrase mon sexe délicieusement, et mes orgasmes deviennent des séismes, dont je ne peux plus maîtriser les effets dévastateurs. Je suis devenue insatiable.
Un soir, alors que Vincent n’est pas encore rentré du travail, je décide de me faire couler un bain chaud et d’y ajouter quelques onguents revitalisants.
Le contact de l’eau bouillonnante, échauffe déjà mes sens, et je me caresse doucement entre les cuisses, pour tenter d’apaiser cette envie dévorante qui vampirise mon esprit tout entier.
Après quelques longues minutes indolentes, durant lesquelles mon corps s’est délecté de lui-même, je décide de m’extirper de ce tiède refuge et de me sécher soigneusement.
Un peu d’huile essentielle pour parfaire la brillance de la peau, quelques gouttes de parfum dans le creux de la nuque et des poignets, je chausse ensuite des escarpins noirs et me pare d’un long sautoir en perles sombres qui court le long de ma poitrine jusqu’au nombril. Je relève mes cheveux en chignon dans un effet de décoiffé naturel. Les boucles qui encadrent mon visage me donnent un air de sauvageonne. Je marche de long en large, du salon à la cuisine, de la cuisine au salon, ondulant exagérément les hanches. Mon collier se balance en cadence. Je me sens si sexy dans cette tenue d’Ève sophistiquée, le corps subtilement sublimé par mon seul bijou et mes hauts talons. L’excitation monte lentement. Je fixe les chiffres de la pendule, impatiente d’entendre les pneus de la voiture de mon mâle crisser sur les graviers du parking.


Extrait 2 :
La lune est lumineuse et pleine ce soir.
Je regarde les étoiles de haut, je les toise, prétentieuse.
Le mois d’août a été très chaud et septembre tient ses promesses.
Après une longue journée de plage, au cours de laquelle mon corps s’est offert sans complexes au soleil, voilà qu’il s’apprête à se donner à la lune.
Gorgé de chaleur, il dégage une attraction magnétique. Il attire les regards, comme un aimant égocentrique.
J’aime à m’en servir, à en jouer.
J’aime à surprendre ces œillades furtives, ces regards appuyés, décochés telles des flèches en plein cœur de leur cible. C’est tellement nouveau pour moi.
Ce soir, je vais chasser.
La panthère, qui ne dort jamais que d’un œil, a envie de sortir ses griffes.
Je sais que je jouerai avec ma proie, que je l’apprivoiserai, la séduirai pour ne pas l’apeurer.
Tel un insecte happé par la lumière, elle se laissera piéger, hypnotiser, désarmer.
J’ai préparé tout mon être au duel qui s’annonce.
J’adore ce moment, où l’imprévu magnifie le mystère.
La nuit est à moi. Je ne connais pas encore la nuance qui la caractérisera.
L’inconnu m’excite et la difficulté me transcende.
Les félins ne sont jamais plus redoutables que lorsqu’ils ont le ventre vide.
Après une douche bienfaitrice et purificatrice, j’applique une crème aux onguents parfumés sur ma peau dorée. Le lobe des oreilles, les épaules, la nuque, les bras, les pieds, le sexe.
Pas une parcelle n’est oubliée. Puis je choisis la tenue qui donnera le thème de la soirée. Tantôt cuir, tantôt dentelle, tantôt ange, tantôt diablesse.


Extrait 3 :
Monsieur S. est le responsable des litiges clients, et il est un de mes interlocuteurs privilégiés.
Je ne l’ai jamais rencontré physiquement, car son bureau est situé dans un autre bâtiment, à quelques minutes du mien, mais je sais par certains ragots que Monsieur S. est un homme à femmes, qui fait tourner la tête de toutes mes collègues. Pourtant nos rapports ont toujours été réduits aux strictes politesses d’usage et aux échanges nécessités par nos fonctions respectives. Ses derniers appels ont déclenché en moi des idées étranges. Sa voix chaude et virile est acidulée comme un caramel. Elle m’enveloppe. Elle me nargue, et les toutes nouvelles allusions de Monsieur S., aussi inattendues soient-elles, exercent un charme certain sur mes hormones aux aguets.
L’autre jour, après avoir raccroché, je devine que mon entrecuisse est mouillé, au point que je redoute de me lever. Je tente de me raisonner. Ces mecs sont des dragueurs, des allumeurs machos qui pensent que toutes les femmes sont des objets à posséder. Un collectionneur. J’ai pourtant très envie de mesurer mon pouvoir de séduction, face à ce Don Juan aguerri. Mais le frêle papillon ne risque-t-il pas de se retrouver, très vite, épinglé au mur au milieu des autres trophées ?
Un jour, il me glisse, dans un murmure, avant de raccrocher brutalement :
— Katia, on ne se connaît pas. Vos collègues m’ont laissé entendre que c’était dommage pour moi. Donnez-moi quelque chose de vous, quelque chose qui me permette d’en savoir davantage…
Je reste interloquée. Le téléphone collé à l’oreille, comme si j’attendais un complément d’information, je ne perçois plus que le signal sonore. Monsieur S. n’est déjà plus au bout du fil.
Je me surprends déjà à réfléchir à sa demande.
Une mèche de cheveu ? Non trop sage…
Un mouchoir imprégné de mon parfum ? Non trop romantique…
Un bas déjà porté ? Pas mal mais on est en été et je n’en porte quasiment jamais de toute façon.
Qu’est-ce qui pourrait rendre cet homme fou, alors qu’il a dû séduire la moitié de la planète et posséder des femmes plus attirantes que moi ?
J’ai tout à coup envie de rejoindre les méandres rassurants de ma chrysalide, mais j’oublie que celle-ci a valdingué dans la poubelle, en même temps que les bandelettes de cire.
Une lueur aveuglante jaillit dans mon cerveau. Une étoile filante le traverse de part en part. Je saisis une enveloppe kraft, et je file aux toilettes discrètement…

Extraits tirés du romain érotique Rose Noir de Jessika Lombar.
Pour connaître davantage Kprice06, découvrez son interview ICI

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