Je ne sais pas ce que j’ai aujourd’hui mais je n’ai envie de rien. Allongée, je laisse s’égrener les minutes sans bouger du canapé ou je me suis échouée, quelques heures plus tôt, de retour de mon footing. La télévision diffuse une série débilitante qui n’arrive pas à capter une once de mon attention.
Malgré une bonne douche chaude, après cette heure de course dans ce parc, je n’arrive pas à libérer cette tension qui me tenaille. Entre mes problèmes affectifs, mon boulot prenant et chiant je n’arrive jamais à décompresser. Pourtant, nous sommes samedi, il est grand temps que j’aille prendre un peu l’air avant la fin de la journée. Faire les boutiques devrait me faire du bien et me vider l’esprit. C’est bien connu cela reste le meilleur antidépresseur.

Me voilà donc errant dans ce grand magasin à la recherche de la paire de chaussures parfaites pour mes petits pieds, souvent mis à rude épreuve dans les métros surchargés de la capitale, quand mon regard s’arrête sur lui : un grand black bien bâti avec une tête d’ange. Il est là à regarder une paire de baskets avec attention : qu’est-ce qu’il est concentré, cela en est même risible. Il semble totalement subjugué devant ces chaussures et les ausculte à la manière d’un médecin qui voudrait faire avouer à un corps sans défense s’il est en bonne santé ou non ! J’aimerai bien qu’il me détaille ainsi , cela serait flatteur….

Se sentant observé il me lance un petit regard assorti d’un sourire en coin : il me fait du gringue ou j’hallucine ! Bon, OK, il faut bien l’admettre j’ai commencé à le chercher en premier en le regardant de façon appuyée. Ce simple coup d’œil réveille instantanément ma libido, de petits frissons me parcourent avec délice l’échine et je commence à avoir des fourmillements dans le bas ventre. C’est délicieux comme sensation et cela fait bien longtemps que je ne l’ai pas ressentie. Une envie à l’état pur qui arrive sans prévenir.

Il faut dire ma dernière histoire d’amour s’est transformée rapidement en un fiasco total avec en toile de fond des disputes quotidiennes et au lit une vraie traversée du désert sans aucun événement marquant à l’horizon durant 6 longs mois…autant dire que cela fait bien longtemps que je n’ai pas vu le loup comme aime à la dire ma grand-mère. Je continue donc mon tour des rayons en l’observant discrètement. Je vois qu’il fait de même et se met aussi à me suivre l’air de rien. Tout cela m’excite et me donne une idée… Je vais un peu me divertir avec ce jeune homme qui me semble enclin à s’amuser. Une allée de ce magasin en entrainant une autre je me dirige sans trop être directive vers le rayon lingerie.

A la hauteur des guêpières porte-jarretelles, je fais une halte attentive devant un magnifique ensemble en noir et or. Il est somptueux et totalement hors de mon budget. Une vendeuse regardant mon manège vient à mon secours pour le choix de la taille, son mètre à la main la voici en train de me mesurer afin de déterminer avec précision le bonnet que je dois prendre. Resté à bonne distance du portant des sous-vêtements, je vois qu’il me regarde en conservant ce petit sourire espiègle qui le rend totalement craquant. Il a de beaux yeux, d’un noir intense, qui illuminent son visage. Il semble amusé et serein dans cette situation pour la moins étonnante. C’est un joueur il aime se complaire dans toutes les situations cela se sent.

Mon butin sous la main, accompagné de jolies bas noirs décorées de fleurs en relief, voilà que je me dirige vers une cabine d’essayage. Je prends un air détaché tout en chaloupant mon pas pour attirer son regard sur mon cul. Mes précédents partenaires se plaisaient à me dire que j’avais le fessier le plus divin de la Terre. Fine avec la taille bien marquée, des seins galbés même si peu proéminents, mon cul lui est bien bombé, et, je m’amuse à porter des jeans bien serrés le mettant bien en avant.
J’ai de longs cheveux qui tombent jusqu’à la chute de mes reins, ce qui permet d’amplifier la beauté de mes fesses une fois nue.
Rentrant dans cette cabine bien petite comme d’habitude, je fais exprès de laisser le rideau légèrement ouvert. Dans le miroir je vois qu’il continue à m’observer. Je me dévêtis lentement avec précaution, une douce chaleur d’excitation commence à m’envahir. Mes gestes sont précis, je passe volontairement un peu plus de temps pour dégrafer mon soutien –gorge tout en me caressant les seins de façon désinvolte. Mes tétons durcissent et pointent.

Pour des raisons d’hygiène je conserve mon string et je commence à enfiler ma guêpière. Je n’ai pas bien analysé le sens de la mise en place de celle-ci et je commence à me contorsionner, cela devient compliqué. La vendeuse qui a dû voir l’agitation du rideau se dirige vers moi et me propose de l’aide mais une voix l’arrête aussitôt dans son laïus. « Chérie, tu veux de l’aide ? ». Il a osé ! il se tient derrière la vendeuse qu’il dépasse de trois bonnes têtes et me regarde d’un air coquin. Je hoche bêtement la tête, aucun son n’arrivant à sortir de mes lèvres. La vendeuse se décale pour le laisser passer et rentrer dans la cabine puis fait demi-tour pour nous laisser. Je me retourne : lentement il assemble une à une les agrafes dans mon dos, je sens son souffle chaud sur ma peau, son parfum sent merveilleusement bon, ses doigts sont doux: de longs frissons parcourent mon corps, j’ai la chair de poule.

Il me retourne, m’invite à m’asseoir sur le siège présent dans la cabine, s’agenouille devant moi et me met un bas après l’autre en prenant soin de bien les attacher aux porte-jarretelles. Je n’arrive pas à relever la tête, à affronter son regard, je suis prise au piège de mon propre jeu.

Après avoir fini de me vêtir et restant toujours à genoux il me fait me relever, me regarde et me dit : « vous êtes splendide, cela vous va à ravir »…je bredouille un « merci » totalement haché tellement mon cœur palpite. Nous sommes à quelques centimètres l’un de l’autre, je ne sais rien de lui. Tout cela est à la fois excitant et effrayant.
Il se redresse doucement tout en laissant ses mains effleurer mes chevilles, mes jambes, mon buste. Arrivé à la hauteur de mon cou, il m’agrippe des deux mains le menton et m’appose un baiser langoureux. Ses lèvres sont douces avec un gout légèrement mentholé. Je sens que je vais m’évanouir : la situation est totalement irréelle mais je voudrais qu’elle ne s’arrête pas. En quelques secondes, il tourne les talons sans un mot et s’en va, me laissant là toute pantelante. Je le regarde s’en aller s’en se retourner, il ne semble pas enclin à m’attendre.
Zut il va filer !

Je me déshabille très vite. Hâtivement, je sors de la cabine quasi en courant en prenant soin cependant de donner les sous-vêtements à la vendeuse qui essaye de m’arrêter en me demandant ce qui ne va pas. Je ne le vois plus, mon regard scrute chaque rayon que je croise mais personne à l’horizon. Je sors en courant et là je le vois in extremis s’engager dans le métro. Je lui emboite le pas pour le retrouver quelques instants plus tard entrant dans la dernière rame de métro. J’ai juste le temps de mettre un pied dans le wagon que le signal sonore retentit déjà. Il ne m’a pas vu il me tourne le dos et semble avoir des écouteurs visés dans les oreilles. Je reste un peu bête que faire….à vrai dire je n’ai pas vraiment réfléchi à la situation je me sens un peu idiote à le courser comme ça : que va-t-il penser de moi ? En même temps j’ai vraiment envie de savoir qui il est ?

Non … soyons honnête j’ai juste envie d’un peu de passion, de frisson, je ne suis pas réellement prête à rentrer dans une histoire compliquée surtout sur un coup de tête et, de surcroit avec une personne rencontrée par hasard dans un grand magasin. Pourtant c’est tentant de continuer ce petit jeu. Dans la rame nous ne sommes que quelques personnes : deux jeunes femmes au fond passionnées par leurs téléphones et un vieux monsieur qui somnole non loin de nous. Je m’approche tout doucement et glisse une main délicatement sur son bras, il sursaute, semble surpris et me regarde stupéfait quand il constate que je suis à nouveau là devant lui. Malgré mon audace il ne parait pas mal à l’aise. Au contraire un petit rictus de satisfaction vient illuminer à nouveau son visage. En temps normal j’aurai trouvé cela lourd et je n’aurai pas apprécié mais là je le cherche donc il est normal qu’il réponde à mes attentes je n’en espérais pas moins de sa part. Nous nous asseyons et nous continuons un petit manège langoureux sans parole mais tout en geste. Il me caresse délicatement les cuisses s’aventurant de plus en plus près de mon entre jambes. Je fais de même pour lui en fermant les yeux et en me concentrant sur le mouvement du métro. Le temps semble être figé, je sens chaque pression de ces doigts, je suis attentive à chaque contact de sa peau sur mon jean. Mes doigts l’effleurent aussi, il semble bien musclé et surtout très vite je sens que je ne le laisse pas indifférent.

Cela m’excite, je me liquéfie totalement, j’ai l’impression d’être dans un rêve. La chaleur monte en moi, j’ai le feu aux joues et mon string est maintenant bien trempé. J’ai envie de lui comme jamais, je me consume totalement de l’intérieur. A l’approche de l’arrêt il m’attrape rapidement par la main et m’entraine en rigolant en me lançant un : « viens t’amuser avec moi ». Il est sûr de lui, il marche avec précision dans les couleurs de la station, il doit connaître car à aucun moment il ne marque de temps d’arrêt. Il semble bien décidé : oui mais à quoi ?

Au détour d’un couloir nous nous retrouvons face à un vaste chantier de rénovation. Partout des panneaux cachent le chantier, des films opaques aussi pour éviter que la poussière ne vienne s’ajouter à la pollution naturelle du métro. D’un coup d’œil circulaire, en vérifiant bien que personne ne nous observe, il s’engouffre à l’arrière d’un panneau et nous nous retrouvons dans un couloir en construction totalement vide. Quelques grosses machines sont là silencieuses en ce week-end.

Il me regarde l’air satisfait et m’embrasse maintenant avec passion, il fait tournoyer sa langue dans ma bouche à une vitesse infernale, ses mains s’accrochent à mes fesses qu’il triture avec appétit. Au loin à travers les films plastiques nous voyons l’agitation du métro qui continue et le défilé perpétuel des voyageurs. Nous semblons être de l’autre côté de l’écran à observer le monde. Rapidement la tension entre nous se fait plus importante, il déboutonne mon chemisier, me caresse le haut de mes seins, se fait plus insistant en collant son sexe bien dur contre moi.

Il s’arrête un instant, attend un acquiescement de ma part. Pour toute réponse je m’agenouille pour lui déboutonner son jean et en faire sortir l’objet de mes convoitises. Son sexe est bien large, long, un délice à contempler. Je le regarde dans les yeux en le prenant en bouche, j’enroule ma langue sur son gland pour lui soutirer de petits râles de plaisir. J’adore cette situation ou l’homme semble dominer par la position de la femme devant lui et où pourtant nous tenons leur plaisir entre nos lèvres. Je vois ses muscles se tendre sur ses cuisses, il aime cela et son sourire en dit long sur ce qu’il ressent. Il se retient de jouir vite, je le sens au bord de l’extase.

Je me sens moi aussi de plus en plus fébrile j’ai envie de lui et je commence à me tortiller…il a compris il me lève, me retourne, récupère un préservatif dans une des poches de son blouson et tout en continuant à me toucher mes seins avec délicatesse à travers l’étoffe de mon chemisier il me pénètre avec douceur. Cette sensualité dénote dans cette atmosphère poussiéreuse de chantier.

Il est très lent, il écoute mon ressenti, il accélère en douceur faisant monter en moi des vagues de chaleur, c’est simplement bon : aucune fioriture ! Du sexe à l’état brut, la volupté en plus. Ces quelques minutes me paraissent des heures tellement je profite de chaque seconde, le bien-être se répand dans chaque cellule de mon corps, une chaleur lancinante m’enveloppe, jusqu’à une jouissance incroyable où dans une apothéose commune nous crions notre plaisir.

Nous sommes tous les deux dans un état second quand nous voyons un voile plastique se lever, ce sont des contrôleurs de la RATP. D’abord surpris nous les voyons maintenant sourire, plus heureux de trouver là un couple que des zonards. Ils nous interpellent en nous demandant de sortir de la zone rapidement pour notre sécurité puis tournent les talons en pouffant de rire. Nous aurons égayé leur journée pour sûr. Mon homme d’un jour remontant rapidement son pantalon me dit juste un merci en se penchant pour m’embrasser dans le cou. Je sens l’odeur de sa transpiration, du sexe, j’aimerai à cet instant le dévorer encore et encore.

Il griffonne en vitesse quelque chose sur un vieux ticket de caisse, puis, s’en va à nouveau rapidement sans se retourner.
Finissant de me rhabiller j’hésite, dois-je lui courir à nouveau après….mon regard s’arrête sur le papier qu’il vient de me donner : « RDV la semaine prochaine même heure même endroit dans le magasin ».
Je souris…

HF15
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