Par sexxychou

Partie 1

Me voilà de retour à la fac de San Francisco pour cette rentrée avec Amber en coloc’ de chambre. Nous avons eu la chance de pouvoir choisir car dans ce campus ce n’est pas toujours si simple. Si ça ne change pas de l’année dernière, Amber sera toujours collée à son Roberto. Ils sont trop mignons tous les deux. Dans un sens je les envie, mais est-ce vraiment utile de mettre du bazar dans sa vie pour un homme. Faire entrer de l’inquiétude, de la jalousie, des disputes et j’en passe. Beaucoup de stress pour rien. Même si je ne les vois pas souvent se prendre la tête, l’année dernière ils ont eu une belle embrouille et j’ai ramassé ma petite Amber à la petite cuillère. J’ai cru que ses larmes ne s’arrêteraient jamais et qu’elle ne cesserait pas ses jérémiades. Heureusement qu’il est revenu s’excuser pour stopper mon calvaire, je ne savais plus quoi lui dire pour la réconforter.

Je me rapproche enfin de la chambre de la Fac. Je vais pouvoir me poser et retrouver les cours, les fêtes et la plage. Que du bonheur. Amber est déjà là en train de ranger ses affaires dans son armoire. Je ne comprendrai jamais comment elle arrive à faire rentrer autant de choses dans sa petite Polo.

– Salut Cassie, ça va ? alors c’est à cette heure qu’on arrive ?
– Salut ! Bah ouais ! J’avais de la route et je me suis levée à la bourre.
– C’était comment tes vacances ?
– Oh j’ai bossé dans un laboratoire, comme d’hab’ quoi. Et toi ?
– Rien de spécial, j’ai passé une partie des vacances avec Roberto et le reste avec mes parents. J’ai fait quelques créations de plantes.
– Cool. Je vois que tu as bien bronzé, tu as un teint magnifique.

C’est fou ce qu’elle prend bien le soleil malgré sa peau blanche de blonde aux yeux verts d’eau. Elle a un joli teint pêche et quelques taches de rousseur sur le nez. J’aime bien sa façon de s’habiller. Ça lui correspond totalement et colle avec sa personnalité fleur bleue. Ses ballerines bleues turquoise se marient parfaitement à son vernis et elle a mis une petite combinaison short blanc. Ça fait ressortir encore plus son bronzage et ses cheveux blonds qui lui arrivent juste au milieu du dos. C’est vrai que c’est une belle fille. Elle est bien plus mince que moi et elle a la chance de na pas être obligé de mettre de soutiens gorge. Pourtant elle en a presque autant que moi qui ai une collection assez impressionnante dont je suis plutôt fière.

J’accorde une grande importance à mettre en valeur ma poitrine. J’arbore la plupart du temps un décolleté suffisamment profond pour ne pas passer inaperçue sans pour autant être dans la vulgarité. Et aujourd’hui, jour de rentrée je n’y déroge pas. Je porte un petit haut moulant à bretelle large de couleur saumon avec une petite jupette plissée noire qui arrive mi-cuisse assortie de mes petites ballerines noires à nœud saumon. Comme je suis très pointilleuse, j’ai mis un vernis saumon à french noir. Une vrai femme jusqu’au bout des ongles.

J’ai tellement hâte de retrouver notre petit groupe de copains, de faire enfin la fête et de m’adonner à mon passe-temps favori qu’est le « pas vu pas pris». Tiens, ça me donne une idée. Et si on faisait la fête ce soir ou une petite sortie sur la plage pour arroser la rentrée.
– Amber ça te dit d’aller sur la plage ce soir célébrer nos retrouvailles avec le groupe?
– Ouais, trop cool, bonne idée, j’envoie un texto groupé aux autres.

Je la vois sortir son portable et tapoter dessus avec un sourire jusqu’aux oreilles qui laisse comprendre à quel point elle est excitée de retrouver nos bonnes vieilles habitudes. On a beau être studieuse, la détente c’est important.

Sur cette bonne idée, je range mes affaires. J’ai l’impression d’avoir déménagé une boutique complète tellement il n’y a plus un millimètre de place dans l’armoire. Je peux me permettre de critiquer Amber, je ne suis pas mieux. Je ne sais pas pour combien il y en a mais il ne vaut mieux pas que je compte car je risquerai d’avoir un infarctus. D’ailleurs cet été mon banquier a dû débloquer un de mes « comptes de survie » comme je les appelle. Malgré que j’ai grandis en orphelinat j’ai une bonne étoile qui veille sur moi depuis ma sortie à 21 ans. Le directeur m’a reçu ce jour-là et m’a dit que je n’aurais jamais à m’en faire pour l’argent avant de me remettre mes papiers et la carte de crédit. Pourtant ça ne m’empêche pas de travailler régulièrement pour différents laboratoires et ils me payent plutôt bien. En même temps sans me vanter j’ai un don pour la chimie, comme si je communiquais avec les molécules et que la solution venait à moi sans réfléchir. J’adore jouer avec les produits toxiques ou dangereux. D’ailleurs ça me fait penser qu’il faut que j’aille fabriquer mes pastilles à la menthe car je n’en ai presque plus.

Je sors de mes pensées quand Amber m’appelle.
– Cassandre Hillman je te parle !
– Oui excuse-moi, j’étais en train de réfléchir à ce que j’allais mettre ce soir – mensonge ! me dit ma conscience.
– Ah oui, bah dépêche-toi. Tout le monde sera là dans quinze minutes.
– Ok ça va. Je vais bien trouver un truc vite fait.
– Oui bien sûr comme d’habitude. Elle glousse la tête dans son armoire.

Sur ce, je plonge dans ma garde robe et trouve une tenue pour aller à la plage. Une grande robe noire décolletée bien sûr et moulante jusqu’au-dessous de mes seins et qui s’évase en un tissu souple jusqu’à mes chevilles. J’attrape une paire de tongs noires qui met en valeur mes pieds vernis manucurés à l’identique de mes mains. Je me recoiffe et lisse encore plus mes cheveux raides car sinon, l’air salin de la mer va me faire l’effet des cheveux indisciplinés qui rebiquent n’importe comment. Je récupère ma trousse à maquillage pour mettre un peu de mascara pour valoriser mes yeux ambre puis une touche de gloss pailleté sur mes lèvres – parfaite je suis –.

Quand j’ai enfin terminé mon relooking pour ce soir en mode décontracte, je me retourne pour voir ce qu’Amber fait. Elle vient de terminer de se changer et a opté pour un legging noir qui lui arrive mi- mollets avec une tunique rose pastel et des tongs de la même couleur. Ce qui est énervant avec elle c’est qu’un rien la rend jolie comparé à certaines qui doivent en faire des tonnes pour être juste bien. Elle se tourne vers moi.
– Tu crois qu’il y aura du monde à la plage ?
– J’espère pas, sinon on va tourner des lustres pour trouver une place.
– Je t’attends en bas, je vais fumer.
En sortant de la chambre je croise tout un tas de nouveaux qui prennent leurs marques. Il y en a de toutes sortes et quelques-uns ont vraiment des têtes de vainqueurs. Certains d’entre eux pourraient bien être mes futurs quatre heures tellement ils sont craquants. Quant aux autres, ils sont d’un banal affligeant.

Je suis enfin dehors pour profiter des derniers rayons de soleil. Je me pose sur un des murets qui entourent le bâtiment. J’allume ma cigarette, je n’arrive vraiment pas à m’en passer pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé d’arrêter mais bon.

Je crois deviner la belle Audi de Parker rentrée sur le parking du campus. Le connaissant il n’a même pas encore installé ses affaires dans sa chambre. Il aime repousser les choses jusqu’à la dernière minute.

Il se gare, descend de sa voiture et se dirige vers moi.
– Salut Cassie, ça va ? Ça fait trop longtemps.
– Salut, ouais ça va et toi ? Alors tes vacances ?
– Cool, j’ai fait tellement de fêtes que je ne sais même plus ou j’habite.
– Ah ouais quand même. Et niveau muscu’ tu as bien pris dis donc.
– Oh arrête ! Juste vite fait.
Il passe sa main dans ses cheveux en faisant mine d’être gêné. – Quel frimeur celui là -.
– Ouais c’est ça, je vais te croire. Tout ça pour te faire encore plus de filles que l’année dernière.
– Pas faux. Les autres arrivent ?
– Oui, ils ne devraient pas tarder, je vais envoyer un texto à Amber pour qu’elle descende.

Parker est un très beau garçon on ne va pas se mentir, mais c’est un coureur de jupons qui n’a plus besoin de faire sa réputation. Il courtise les filles d’une telle façon qu’aucune ne résiste à son charme et elle passe à la casserole sans même avoir le temps de réfléchir. Puis le matin il leur balance une excuse bidon du style « oh tu sais je ne suis pas un mec bien, je ne te mérite pas ». Le pire dans tout ça c’est que ça marche. Comment lui en vouloir avec de tels yeux si bleus. Un corps aussi parfaitement musclé accompagné d’un sourire ravageur aux dents si blanches qu’il pourrait faire des publicités pour du dentifrice. Personnellement on est trop proche maintenant pour que je tombe dans son piège et puis il ne vaut mieux pas car cela m’obligerait à me dévoiler et j’ai trop à perdre pour prendre le risque. Je vois Roberto et Roméo arriver en même temps qu’Amber.
– Salut tout le monde. Dit Roméo tout sourire.
Roméo est un super ami à qui on peut se confier sans peur d’être jugé. Il aime bien nous raconter les ragots du moment et ça nous fait bien rire des fois. Il est assez banal mais le fait qu’il soit homosexuel fait de lui un ami qui a un avis masculin et féminin à la fois. Je l’adore. Et puis il ne louche pas sur mes seins quand je lui parle.
– Salut ! Dit Roberto.
– Bon on décolle dis-je d’une voix toute excitée de nos retrouvailles.
On finit par se tasser dans l’Audi de Parker. C’est un peu serré à l’arrière mais généralement je m’arrange toujours pour être à l’avant. En plus Parker aime bien que je sois à côté de lui comme ça il peut mater en douce mon décolleté pendant le trajet. D’ailleurs ça ne loupe pas, je le vois déjà y plonger ses yeux – c’est vraiment un pervers –. Du coup je fais exprès de remettre mon soutiens gorge en place. Puis me tourne vers l’arrière, ce qui nous vaut un écart sur la route de la part de Parker qui redresse le volant illico. Je le regarde et rigole, il rougit. Je sens Amber qui me fait les gros yeux à l’arrière. Quoi t’es jalouse petit seins ! Glousse ma conscience. – méchante que tu es –.
On arrive à destination et trouvons une place plutôt rapidement. Tout la petite troupe s’empresse de sortir et trouver des yeux notre coin de détente pour la soirée.
– Là-bas ! Crie Amber en désignant le côté droit de la plage pas loin des escaliers.
– Oui c’est parfait dit Roberto.

Parker sort les glacières du coffre qu’il garde toujours au cas où il y aurait une soirée improvisée. On descend vers l’endroit qu’a désigné Amber, elle a le don de choisir des lieux parfaits. D’autres groupes sont répartis sur la plage pour arroser la rentrée et se raconter leurs vacances. Parker dépose le tout sur le sable tandis que Roberto attrape du bois par-ci par-là pour le feu. On commence à discuter de nos vacances et on se remémore les bons moments de l’année passée. Amber me taquine sur mon célibat et regarde Parker avec des gros yeux ce qui le fait exploser de rire. Il me soutient puisqu’il est pareil voir pire que moi. Roberto renchéri en prenant pour exemple leur couple si fusionnel depuis un an et demi. Ça m’énerve un peu alors je leur dit qu’il n’y a pas d’intérêt à mes yeux de se contenter d’une personne quand on a l’univers. Heureusement que Parker est de mon côté et continu de me défendre. Quand à Roméo il fait une imitation hilarante de Roberto la première fois qu’il a rencontré Amber et la façon dont ses mots ne composaient pas une phrase cohérente. Bizarrement c’est ce qui a fait craquer Amber. C’est un tantinet gnangnan mais passons. Personnellement, je préfère les hommes, les vrais avec un corps de béton et un caractère affirmé.

Un petit groupe s’approche de nous. Notre fou rire s’arrête pour les regarder et ils stoppent devant nous. Cinq paires d’yeux fixant le groupe en attendant qu’il parle.
– Salut je m’appelle Carla et voici Brian et Dan. On peut s’asseoir avec vous, on a ramené de quoi boire et grignoter.
– Ouais allez-y dit Parker en regardant avec appétit Carla.
On commence à bavarder et à se présenter tour à tour. Je sais d’avance que Parker va faire son petit numéro de charme à Carla pour l’attirer dans son lit. Je ne la connais pas mais j’ai déjà de la peine pour elle. Elle est plutôt mignonne avec ses cheveux relevés en chignon coiffé décoiffé et son air de sainte ni touche. Je remarque que Dan a les yeux rivés sur moi alors je décide d’aller m’asseoir à côté de lui pour tâter le terrain. – un petit en-cas ne se refuse pas –. On dirait que ça lui fait plaisir puisqu’il ne me lâche pas des yeux une seconde jusqu’à ce que je pose mes fesses à deux centimètres de lui.

On discute un moment, il me raconte d’où il vient, ce qu’il étudie à USF, son sport préféré. Il est plutôt beau garçon et j’avoue n’écouter que d’une oreille ce qu’il me dit. Après quelques bières, beaucoup de fou rire et des anecdotes plutôt chaudes, Dan propose de me ramener. Ça tombe à pic j’ai une folle envie de m’envoyer en l’air avec toute cette chaleur et cette belle rentrée en perspective.

Nous disons au revoir au reste du groupe et nous nous éclipsons vers sa voiture. Il possède une magnifique mustang des années 80 bleue et blanche qu’il a entièrement retapé avec son père. Nous montons dans sa voiture et rentrons vers le campus qui n’est qu’à 10 minutes de là.

Arrivés devant ma chambre je décroche un petit sourire et lui dit :
– Tu veux jouer avec moi ?
– Heu c’est-à-dire ?
– Tu verras, on va bien s’amuser tous les deux. Je lui lance un petit regard coquin.
A peine rentrés et la porte fermée à clef, je me retourne face à Dan. J’avance lentement vers lui qui est placé juste à côté de mon lit tout en retirant mes tongs. Je ne le quitte pas des yeux ce qui me laisse percevoir son excitation augmenter. Il n’a sûrement pas l’habitude que les filles prennent les devants. Je passe ma main sur son tee-shirt blanc tandis que mon autre main passe derrière sa nuque afin de le rapprocher de ma bouche. Je passe ma langue chaude et humide sur ses lèvres tout en le regardant pendant que ma jambe gauche remonte doucement jusqu’à son entre-jambe.

Il savoure la sensation de ma langue sur ses lèvres en fermant les yeux et je me délecte de la situation. Il passe sa main dans mon dos pour me presser contre lui et me faire sentir son érection bien présente et dure. De son autre main il presse ma tête pour être plus en contact avec ma bouche et y introduire sa langue. Ses lèvres sont pulpeuses et chaudes. Moelleuses à souhait comme j’aime. Sa langue s’enfonce plus profondément dans ma bouche pour aller à la rencontre de la mienne. J’émets un gémissement doux en réponse à ce qu’il me fait.

Il commence à faire glisser les bretelles de ma robe le long de mes épaules et quitte ma bouche pour embrasser et mordiller mon cou. Il suit l’arête de mes épaules et descend jusqu’à la naissance de mes seins emprisonnés par mon soutiens gorge noir en dentelle. Je bascule la tête en arrière pour lui montrer à quel point ce qu’il me fait me plaît.

Ma robe tombe à mes pieds et je l’écarte pour ne pas marcher dessus. Il regarde mon corps, bouillant de désir.
– Tu es magnifique dans ces sous-vêtements en dentelle.
Il retire rapidement son tee-shirt, ses chaussures et son pantalon plus vite qu’un strip-teaseur et dévoile un corps subliment musclé. Je le pousse sur le lit et me mets à califourchon sur son érection pour l’embrasser. Il se relève et m’attrape la tête pour enfoncer sa langue au plus profond de ma bouche. Je fais quelques mouvements de hanche qu’il me rend tout en douceur. Son côté dominant ressort et il me fait basculer pour que je me retrouve sous lui. Un « ouh » de surprise s’échappe de ma bouche.
Il me mord, me lèche le cou en descendant sur mes seins qu’ils délivrent de leur prison de dentelle. Il gobe mon téton avec sa bouche mouillée et chaude tandis qu’avec son autre main il se dirige vers mon entre-jambe trempé d’excitation. Je me tortille quand il effleure le petit bouton magique et me cambre. Il m’enlève mon shorty et enfile une capote qu’il avait dans sa poche de pantalon.

– Putain t’es tellement bandante me dit-il.
– Alors viens et fais-moi grimper aux rideaux.
Il me pénètre doucement et je me mordille les lèvres de plaisir en sentant son membre si dure rien que pour moi. Une sensation si voluptueuse quand on y pense. Un moment de libération totalement gratuite et éphémère. Il m’assène des coups de reins toujours plus profonds et puissants. Il me coince une jambe sur son bras et s’enfonce encore un peu plus loin. Je savoure et gémit doucement en fermant les yeux, lui me regarde avec faim. J’enfonce mes ongles dans son cou et dans son dos pour lui en demander encore. Il m’embrasse et geint dans ma bouche. Tout à coup il m’attrape par les hanches pour me remettre au-dessus de lui et m’empale sur sa queue ce qui le fait gémir plus fort. Il se relève afin de m’attraper la bouche et de m’embrasser goulûment. Je me déhanche plus vite, plus profondément pour le sentir monter en pression à l’intérieur de moi. Nous jouissons pratiquement en même temps.

Je me laisse retomber sur le lit à ces côtés. Il me caresse l’épaule du bout des doigts. Une sensation de satisfaction m’envahit et je sens mes muscles se délecter du plaisir qu’il vient d’obtenir. – C’est si bon la jouissance –. Je ne te le fait pas dire, chuchote ma conscience à moitié endormie.

– Ça va ? Lui dis-je d’un air satisfait.
– Ouais ça va même très bien et toi ?
Un moment de silence se met entre nous. Comment lui dire de dégager sans le vexer… Je n’aime pas que les garçons s’attardent, ils pensent qu’on va entamer une relation ou je ne sais quoi. Et ça, ça ne m’intéresse pas.
– Il va falloir que tu y ailles car Amber ne va pas tarder à rentrer et je commence à être fatiguée après notre petit moment sportif.
– Ok pas de soucis. Ça te dirait qu’on se voit dans la semaine ?
Oh non pourquoi faut-il qu’il gâche tout. Il croit que j’ai envie d’une amourette ou même un plan cul. On n’a pas le droit de se faire plaisir sans rien attendre en retour. Il a l’air gentil et je n’ai pas envie d’être méchante.
– Pourquoi ne pas prendre un café si tu veux avant les cours.
– Oui ça pourrait être sympa.
Je me lève rapidement du lit et prend ma boîte de pastille de menthe dans mon sac à main et ramasse la capote pour la cacher au fond de la poubelle sous des mouchoirs. Il finit de se rhabiller.
– Tu veux une pastille à la menthe, c’est rafraîchissant ?
– Oui, merci.

Et voilà, un de plus qui va oublier qu’il m’a baisé il y a cinq minutes. J’adore mes pastilles, c’est une trouvaille vraiment pratique. Pendant des recherches en laboratoires sur le GHB j’avais trouvé une solution pour dissocier les molécules et ne prendre que le côté qui atteint la mémoire. En quelques jours j’avais trouvé le dosage parfait pour n’effacer qu’une infime partie de la mémoire, c’est-à-dire environ une heure plus ou moins suivant la corpulence.

De cette façon je peux m’envoyer en l’air quand je veux sans avoir peur de me faire une réputation de fille facile. On évite ainsi de la souffrance inutile. Je me rhabille vite fait et me pose sur le lit en face de lui avant qu’il ne sorte de son nuage. Car oui, malgré tout il y a un petit effet « dans les vapes ». J’attends quelques minutes avant d’enchaîner.
– Bon Dan c’était sympa de m’avoir ramené et notre petite discussion mais je vais me coucher. Je suis crevée.
– De rien ça m’a fait plaisir. Dis-moi tu aurais un truc pour le mal de crâne, j’ai un peu la tête en vrac.
– Oui tiens c’est sur mon bureau.
– Merci. A plus ! Dit-il en se dirigeant vers la porte que j’avais précautionneusement rouverte.
– A plus. Lui dis-je.

Il sort de la chambre, un peu vaseux mais l’effet va vite partir pour laisser un vide d’une heure que le cerveau ne va même pas détecter.
J’attrape ma trousse de toilette, une serviette et mon pyjama pour aller prendre une douche. J’ai besoin de me laver de l’odeur de Dan et du sexe.

Je passe la tête dans le couloir, personne ne s’y promène. Tant mieux je serais plus tranquille. Les douches sont mixtes pour mon plus grand plaisir, ça me laisse le temps de mater les jolies fesses de certains ou de me moquer intérieurement comme toute fille qui se respecte, des autres.

Je m’enferme dans une des cabines et pose mes affaires. Je savoure l’eau chaude qui coule le long de mon corps et me savonne. En descendant à mon entre jambe, je sens la nausée de la culpabilité monter et je vomis sans pouvoir m’en empêcher. Je déteste ce moment-là. Je ne sais plus trop pourquoi ça me fait cet effet-là à chaque fois. J’ai oublié je crois.

Je prends la lame de rasoir dans ma trousse de toilette pour rajouter une entaille sur l’intérieur de ma cuisse, le sang coule doucement le long jusqu’à mon pied et disparaître dans l’évacuation. Cette petite entaille me pique mais me libère de cette putain de culpabilité.
Je me rince et me sèche puis enfile mon débardeur et mon short de nuit. Je sors de la douche prête à aller me coucher. Soudain un garçon me bouscule et je fais tomber une partie de mes affaires sur le sol mouillé des douches. – Putain ! Merde ! –.
– Hey fait attention !!
– Désolé je ne t’avais pas vu. Je pensais être tout seul à cette heure ci.

Je lève les yeux en ramassant mes affaires et découvre un garçon plutôt mignon. Je reste scotchée sur ses yeux dont la couleur n’est pas ordinaire; entre le gris lune et l’argenté. Je suis totalement déstabilisée et doit avoir l’air d’une cruche.
– C’est pas grave je n’ai pas regardé non plus.
– On est tous les deux des têtes en l’air si on peut dire.
– Tu es nouveau ici, je ne t’ai jamais vu ?
– Euh non je suis là depuis deux ans. Avec le monde qu’il y a on ne peut pas rencontrer tout le monde… à mon grand regret ajoute-t-il d’une voix mielleuse.

Il me jette un regard qui pour la première fois de ma vie me fait me sentir autrement. Son regard n’est pas vicieux ou lubrique comme les autres. Je comprends qu’il est content finalement de m’avoir bousculé et ça ne me déplaît pas non plus à vrai dire.
– Bon bein je vais y aller, merci de m’avoir aidé à ramasser mes affaires.
– Tout le plaisir est pour moi. Au fait je suis mal poli, je ne me suis pas présenté, Stephen et toi ?
– Enchantée Stephen, moi c’est Cassandre.
– On pourrait se revoir si tu veux sans se bousculer évidemment. Il émet un petit rire.

Je réfléchi car ce n’est pas dans mes habitudes de sympathiser avec un garçon sans maîtriser réellement la situation. En plus comme méthode de drague, il y a mieux.
– Pourquoi pas oui.
– Tu es dans quelle chambre ?
– C’est celle qui … heu … n’a pas de numéro dessus mais un papillon violet.
– Ok parfait je passerai te chercher demain pour un café.

J’ai à peine le temps de dire quoi que ce soit qu’il disparaît dans une des cabines de douche. Je me retourne pour sortir et manque de me prendre la porte en pleine figure. Regarde où tu vas ! Me somme ma conscience.

Quelle quiche je suis, d’avoir accepté son invitation. Il va sûrement croire que je veux bien coucher avec lui ou que j’ai flashé sur lui alors que pas du tout … enfin si mais non. Il a des yeux incroyables, cette couleur est juste magnifique. Ils sont sombres et lumineux à la fois sans pour autant laisser une lueur de sentiment quelconque passer à travers.

Il faut que j’arrête d’y penser. N’importe quoi Cassie ressaisit toi ! Me hurle ma conscience. – oh c’est bon, lâche-moi – lui répond-je.

J’arrive à la chambre et pose mes affaires sur la commode. Au même moment Amber rentre un peu pompette. Je ris en la voyant qui ne parvient pas bien à viser la poignée de porte pour refermer derrière elle. Elle me regarde avec un grand sourire.
– Alors, on s’est sauvée avec le beau Dan. Qu’est-ce que vous avez fait coquine ? Elle glousse d’une façon totalement débile à chaque fois qu’elle a trop bu. Ce qui me fait rire à chaque fois.
– Rien on a juste papoté et il m’a raccompagné.
– Ouais c’est ça et tu crois que je vais gober ça !
– Il va bien falloir mademoiselle je tiens pas l’alcool.

On éclate de rire en cœur. Amber pompette ça vaut le détour. Elle s’affale sur le lit comme une otarie sur le sable et s’endort presque immédiatement. Elle aura de magnifiques traces noires sur le visage demain au réveil. Ça promet d’être drôle.

Je m’allonge sur le lit et me laisse emporter dans les bras de Morphée en pensant à des yeux couleur lune.

Un texto me sort de mon sommeil. Je cherche mon portable à tâtons sur ma table de nuit et allume l’écran pour lire : « dans 30mn pour un café ? »

Je me redresse dans mon lit puis me frotte les yeux. Qui peut bien m’envoyer un texto un dimanche matin ? Je tapote :
« Qui est-ce ? »
La réponse ne se fait pas attendre :
« Celui qui s’excuse de t’avoir bousculé »
Non mais sérieux comment a-t-il fait pour avoir mon numéro celui-là. Je lui réplique furieuse :
« Qui t’a donné mon numéro ? »
« Ta charmante colocataire hier soir quand elle est rentrée »
Je ne crois pas ce que je viens de lire. Amber donne mon numéro de téléphone comme ça sans me demander et à un inconnus qui plus est. – je vais la tuer –. Un autre texto :
« Bon le café va refroidir si tu ne descends pas…»

Il est sérieux en plus il m’attend en bas ou je ne sais ou avec un café. Dans un sens je suis furax et dans un autre je suis contente. Essayons d’être sympa pour une fois, je m’occuperai du cas d’Amber plus tard. Je rétorque :
« Laisse-moi 2 min »
Cette rencontre d’hier attise ma curiosité et j’ai envie de voir si ses yeux sont vraiment de cette couleur argent. J’aime bien les défis et les relève avec plaisir.
Je sors du lit en essayant de ne pas trop faire de bruit. Amber est toujours habillée sur son lit, je la recouvre de son drap. Quand elle se lèvera elle aura des yeux de panda. Son mascara a coulé partout, bien fait !
J’éclaire avec mon portable mon armoire pour attraper un bas de survet’ moulant noir, un débardeur rose bien décolleté et m’habille en deux temps trois mouvements. J’attrape mon sac et sors de la chambre silencieusement. Le couloir est désert, les escaliers aussi, tout le monde dors… sauf moi.

Arrivée à la porte du bâtiment, je cherche des yeux par la vitre où il peut être. Je regarde mon téléphone et vois qu’il n’est que 9h34 du matin. Je suis encore crevée de notre sortie d’hier et de cette partie de jambe en l’air passée avec Dan. Je pousse la porte de la résidence et trouve Stephen assis sur le capot d’une magnifique BMW série 3 coupé blanche.

Je reste furieuse de me lever aussi tôt pour un café. C’est vrai que je n’y étais pas obligé mais ma curiosité est plus forte. J’avance vers lui d’un pas franc et les sourcils froncés. A peine suis-je arrivée devant lui que je n’ai pas le temps de lui exprimer ma colère. Pète-lui la gueule ! Hurle ma conscience de dessous sa couette.
– J’ai pensé qu’on pourrait prendre un café en profitant de cette dernière journée avant d’attaquer les cours. Dit-il très souriant.
– J’y crois pas que tu ais eu l’audace de demander mon numéro à Amber alors qu’on ne se connaît même pas. Comment tu pouvais savoir que c’était ma colocataire ?
– Elle a mis du temps à trouver sa clef devant la porte au papillon violet. Sois pas énervée ça partait d’une bonne intention. Et puis tu me plais alors…

Il n’empêche que franchement je suis surprise de sa démarche. Il ne me connaît même pas et veut se faire pardonner d’une simple bousculade qui peut arriver à tout le monde. J’espère qu’il ne se fait pas trop d’idée parce qu’il risque d’être déçu.

Je jet un œil sur lui, il est habillé décontracté et est plutôt canon en fait. Il me regarde avec un sourire ravageur qui ne me laisse pas indifférente. Ma colère se dissipe plus vite que prévu.
Il me tend mon café.
– Merci. Tu m’as pris quoi ?
– Un latté.
– Tu as de la chance c’est mon préféré.
– J’ai hésité devant le nombre incalculable de possibilités de la boutique. J’ai pensé que c’était doux pour un réveil.
– Oui c’est pas faux.
En le regardant prendre une gorgé de café je m’aperçois qu’il a vraiment les yeux couleur de la nuit avec un halo argenté au milieu de l’iris. C’est une couleur que je n’avais jamais vu auparavant. Ce qui est bizarre c’est qu’on ne discerne pas son humeur et c’est troublant je dois bien l’admettre. Il me sort de mes pensées.
– Tu veux qu’on aille se balader ?
– Euh je ne suis pas habillée pour ça.
– Tu es superbe. Ton survet’ te va comme un gant et puis on ne va pas à un défilé.
– Fait-moi marcher.
– Non je suis sérieux, comparée à certaines filles à qui ça ne va pas du tout, tu as la chance de pouvoir mettre n’importe quoi en restant belle et simple.
Je rougis car on ne m’a jamais fait autant de compliments en si peu de temps. Je me demande bien ce qu’il attend de moi ou ce qu’il veut exactement. On ne peut pas être gentil gratuitement sans rien attendre en échange. Je suis bien placée pour le savoir.
– Je ne sais pas, tu voudrais aller où et faire quoi ?
– On pourrait juste se balader et dès qu’on trouvera un coin qui te conviens, on s’y arrêtera pour marcher ou se poser.
– Qu’est-ce que tu veux ? tu veux me baiser dans un coin et me tuer ensuite ?
Il explose de rire.
– Mais non pas du tout. Pourquoi tu vas t’imaginer un truc pareil. J’ai une tête de tueur ?
– Non mais c’est bizarre, tu ne me connais pas et tu ne me dois rien alors pourquoi vouloir m’offrir un café et une balade ?
– Comme ça. Pour apprendre à se connaître. C’est interdit dans ton monde ?
– Non, sauf que ça fait suspect.

Je le regarde en espérant trouver une réponse plus précise dans ses yeux ou son attitude mais rien.
– Allez, arrête de te prendre la tête et monte.
J’hésite un moment. Monter comme ça avec un « inconnu », je ne suis pas certaine que ce soit l’idée la plus lumineuse de la journée. – oh et puis zut à la fin –.
On file le long des plages et des différents quartiers du coin jusqu’à trouver un endroit parfait pour s’asseoir et profiter de la vue. Il se gare et nous descendons. Il porte un tee-shirt manches longues bleu marine avec un pantalon couleur lin et des converses. Il est vraiment mignon. Je me demande si on pourrait jouer un peu tous les deux. Je ne sais pas si c’est une bonne idée que d’apprendre à le connaître si je veux pouvoir m’amuser avec lui.

Je ne voudrais pas qu’il sache ce que je fais après avoir baisé pour que les garçons oublient ce qu’ils viennent de me faire. Mais ce serait dommage de gâcher une opportunité comme celle-là.

On marche un petit moment en discutant. Il me parle de lui, de ses études, de sa voiture qui lui a été offert pour son premier diplôme. Ses parents habitent à Brisbane, c’est à 30 minutes environ du campus. Ils sont propriétaires d’une très grande maison à proximité d’un bois. Ils sont tous les deux médecins et très absent. Il a passé son enfance à déménager et est passé de nourrice en nourrice.

C’est pour ça qu’il a voulu faire un master en psychologie comportemental. Il a besoin d’aider les gens et d’être présent pour eux. Leur faire trouver l’équilibre, chose qu’il n’a pas eu. Qu’il n’essaye pas de faire sa psychologie à la mort moi le nœud sur moi.
Il me met un petit coup de coude.
– A quoi tu penses ?
– Pourquoi tu veux savoir ? Tu veux m’analyser ou rentrer dans ma tête ou quoi ?
– Non juste comme ça. Parle-moi de toi. Où habitent tes parents ? As-tu des passions ?
– Je te trouve bien curieux dis donc.
– Pas du tout mais si on veut apprendre à se connaître il faut parler. Non ?
– Ouais bah j’ai pas envie de te raconter toute ma vie. Tu connais l’essentiel ça suffit bien.

Pourquoi tient-il à me connaître. Je suis sûre qu’il veut juste connaître mes faiblesses pour les utiliser contre moi. Non je suis bête il faut que j’arrête de penser à ça à chaque fois que je rencontre un garçon. Après tout je ne le connais pas assez pour le juger et n’ai pas entendu parler de lui une seule fois au campus. Si c’était un coureur de jupon Roméo me l’aurais dit, il connaît tous les ragots de la fac malgré le monde. Puis j’ai dit que je voulais jouer avec lui, rien d’autre. Donc pas besoin qu’il me connaisse d’avantage. – Si ? –

J’hésite tellement à me laisser aller et ne pas être sur la défensive. Je n’ai pas envie de souffrir. Je lui jette un regard interrogatif.

– Qu’est-ce que tu attends de moi ?
– Que tu me parles tout simplement sans croire que j’ai une arrière pensée mal saine à ton égard.
– Je ne pense pas ça. Je suis juste étonnée de ton attitude pour une simple bousculade.
– Je suis quelqu’un de sympa c’est tout. Et je te l’ai dit, tu me plais.

Je m’interroge un peu sur cette « gentillesse » gratuite. Stephen n’attendrait rien en retour de moi. Je ne connais pas grand-chose des relations homme-femme mais ce que je sais c’est qu’un garçon gentil attend toujours une contrepartie.

Nous continuons à discuter une partie de la matinée.
Arrive l’heure du déjeuner et mon ventre gargouille. Stephen l’entend et se met à rire.
– Tu veux qu’on aille manger un morceau ? Je t’invite.
– Oui pourquoi pas mais je paye ma part.
– Si ça te fait plaisir. Il lève les yeux au ciel.

Nous reprenons la voiture en direction du centre de San Francisco. Même le dimanche on peut trouver des snacks ouvert jusque tard la nuit. Notre choix s’arrête sur un petit restaurant qui sert des sandwichs parait-il fabuleux.
J’aime bien sa compagnie finalement, la discussion se fait simplement entre nous même si j’ai du mal à me sentir libre de parler de moi. Je n’arrive pas à savoir pourquoi je suis toujours bloquée avec les garçons qui veulent être juste sympa. Parce qu’il ne pense qu’au cul pardi ! Me dit ma conscience.
Je fais un effort et lui parle de ma façon de voir les relations entre homme et femme. Je lui explique mon point de vue sur le ridicule de la « fidélité ». Il rit de voir qu’il n’y a pas que les garçons qui peuvent avoir cette opinion. J’arrive à lui dévoiler quelques petites informations pas trop importantes à mon sujet.
Nous finissons notre déjeuner et retournons au campus. La journée est passée plutôt vite et a été pleines de surprises très agréables. – il pourrait être un « Parker » dans notre groupe –.
Il se gare et nous descendons de sa voiture.

– Merci pour le café et cette journée.
– De rien c’était avec plaisir … On pourrait remettre ça si tu veux à l’occasion.
– Oui … je ne sais pas trop.
– Pourquoi ? Je ne t’ai pas agressé ni été impoli.
– Non pas du tout bien au contraire mais j’ai du mal avec … non laisse tomber.
– Dis-moi.
– On pourra prendre un café demain avant les cours si tu veux. – J’espère qu’il ne va pas insister sur sa dernière question –.
– Ok je t’attendrai à l’entrée de ta résidence vers 8h30.
– D’accord à demain alors.
– A demain.

Je n’ai même pas le temps de reculer ou quoi que ce soit qu’il me fait un doux baiser sur la bouche. Il remonte dans sa voiture sans me laisser le temps d’avoir une réaction. Je reste là, plantée comme une débile. J’ai du rater une étape.
Les yeux écarquillés par ce qu’il vient de se passer. Je reste immobile. Il me faut un moment avant de réaliser et de me diriger vers la résidence abasourdie ….

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