Par sexxychou

Je regagne ma chambre et repense à ce baiser. Pourquoi a-t-il fait ça ? Peut-être qu’il s’intéresse à moi tout simplement comme il me l’a dit. Il est vraiment gentil comme garçon et surtout très mignon. Mais non suis-je bête, il ne s’intéresse pas à moi, ma conscience me coupe dans ma réflexion, tu as raison il veut juste te baiser dit-elle énervée de ma sottise. Elle est vraiment méchante parfois celle-là.
Amber est encore dans ses habits d’hier, posée sur son lit en train d’organiser ses affaires pour les cours de demain. Elle a quand même enlevé le noir de ses yeux. Dommage c’était marrant.
– Coucou Amber ça a été ta journée ?
– Oui mais c’est plutôt à toi qu’il faut demander ça. Elle me lance un petit sourire en coin.
– Et bien j’ai passé une bonne journée.
– Et… ?
– Et c’était sympa de se promener.
– Et… ?
– Et c’est tout ce qu’il y a à savoir mademoiselle je suis bien curieuse.
On se lance dans un fou rire.
– Allez raconte-moi un peu de détails. Du croustillant. T’étais où, avec qui, je veux tout savoir !
– J’étais avec Stephen, le mec à qui tu as donné mon numéro hier soir.
– Ah oui. Il est super canon en plus.
– Oui, il est gentil, mignon et curieusement attentionné alors qu’on ne sort même pas ensemble. C’est bizarre non ?
– Il s’intéresse à toi tout simplement. Est-ce que pour une fois tu ne pourrais pas laisser une chance à quelqu’un dans ta vie sans sortir les griffes ?
– Pourquoi faire ? Que je le laisse me faire souffrir ou je ne sais quoi. Non merci très peu pour moi. Au fait j’y pense, ça ne te dérange pas de donner mon numéro aux gens comme ça ?
– C’est pas aux gens, c’est à lui. Et j’étais trop déchirée pour penser à mal, tu sais comment l’alcool me rend. Niaise dit-elle en tirant la langue.
Amber me lance un regard qui veut en dire long sur son envie de me tordre le cou ou de me secouer.

Je ne sais pas si je peux faire confiance à ce garçon. En même temps c’est la première fois que je vais aussi loin avec un garçon sans lui proposer une pastille à la menthe pour m’oublier. J’ai tellement envie d’essayer mais tellement peur à la fois de ce qu’il pourrait se passer si je laissais libre cours à mes sentiments. Ouais, bah fait pas la con ! Me dit ma conscience en me pointant du doigt. – je suis majeure alors lâche-moi ! –.

Mon téléphone portable me sort de ma rêverie. Je fouille mon sac et lis :
« Je suis ravi d’avoir pu apprendre à un peu mieux te connaître J Stephen »
Je regarde Amber comme si je venais de recevoir une mauvaise nouvelle. Elle m’arrache le téléphone des mains et regarde le texto.
– Oh c’est pas vrai, il t’a à peine quitté il y a deux minutes qu’il t’envoie déjà un message.
– Mais rends-moi mon téléphone. De toute façon je ne répondrais pas.
– Aller fait pas la timide. Tu peux juste lui dire pareil.
– Pourquoi faire, il vient demain matin prendre un café avant les cours.
– Dis donc tu ne me l’avais pas dit ça. Elle esquisse un sourire coquin dans ma direction.
– Ah bon je croyais pourtant. Dis-je en lui rendant son sourire.
Nous rigolons à gorge déployée tellement la situation est ridiculement drôle. Amber qui me donne des conseils en matière de relation alors qu’elle n’a connu réellement que deux garçons.

Sur cette bonne pensée je me mets à préparer mes affaires pour demain.

Amber et moi nous levons de bonne humeur pour cette première journée de cours. Chacune de notre côté nous nous préparons. La grande question du jour pour moi « est-ce qu’il va vraiment m’attendre en bas ». Rien qu’à l’idée j’ai une sensation agréable dans mon ventre, comme des papillons ou je ne sais trop quoi.

Je ne sais pas pourquoi mais je vais prendre le temps de bien choisir ma tenue pour voir sa réaction. J’opte pour une robe très BCBG noir à col rond qui m’arrive au-dessus du genou. Une belle paire d’escarpin pour galber mes jambes et ce sera parfait. J’espère que ça va lui plaire. Non mais à quoi tu penses, toi, faire plaisir à un garçon me hurle ma conscience. Jamais de la vie – Tais-toi – Je fais ce que je veux après tout et pour une fois j’ai envie de voir ce que ça pourrais faire de faire plaisir à une autre personne que moi. D’habitude je couche avec eux, donc je leur plais forcément, mais là, je veux que cela soit différent. Je n’ai pas envie que ce soit uniquement physique. Pour cette fois, je veux plus.
Je fais un petit signe de la main pour dire au revoir à Amber. Elle fait de même. Je sors de la résidence et je le vois à la même place qu’hier. Je suis agréablement surprise qu’il ait prévu les cafés, ce qui m’évitera de faire la queue à la cafète.
Je me dirige vers lui lentement car au fond je ne sais même pas quoi lui dire à part merci et bonne journée.
– Salut Cassie, bien dormi ?
– Euh oui merci et toi ?
– Oui très bien. Tiens voilà ton café pour notre première journée de dur labeur.
– Merci c’est gentil. Bon bah à plus alors.
– Tu veux que je t’accompagne à ton cours, j’ai encore du temps avant que le mien commence.
– Oui si tu veux.

Je ne sens plus mes jambes, j’ai chaud ; on dirait une adolescente qui vient d’avoir son premier rôle dans la pièce de l’école. Je suis sûre qu’il l’a vu. Il m’observe tout en prenant une gorgée de café. Il a un regard un peu coquin, les yeux légèrement plissés.
– Alors tu vas à quel cours ce matin ?
– Chimie moléculaire et toi ?
– Étude comportementale mais pas avant 9h30.

Je ne sais toujours pas quoi dire, j’attends qu’il fasse la conversation. Ou peut-être que je pourrais lui demander pourquoi il m’a embrassé hier soir en me déposant.
– Je me demandais pourquoi tu m’as embrassé hier ?
– Parce que j’en avais envie.
– Ça c’est une réponse dis donc.
– Tu t’attendais à autre chose peut-être ?
– Non, en fait à rien du tout. Bon je vais y aller, merci pour le café. A plus.

Je ne lui laisse pas le temps de dire quoi que ce soit et rentre rapidement dans ma salle. Je me sens tellement ridicule d’avoir posé cette question. À quoi je m’attendais franchement. Je sais plus ce que je veux moi.
Mon téléphone vibre pour m’annoncer l’arrivée d’un message :
« Ça te dirait ce soir un cours de self défense ? Si oui reste dans la tenue dans laquelle tu es, c’est magnifique»
Je prends place au deuxième rang et regarde mon portable perplexe. Qu’est-ce que je peux répondre ? Il veut me donner un cours et me casser la figure ou juste une démonstration. Je laisse ma réponse de côté et écoute le cours.

En sortant je tombe sur Parker qui m’appelle au loin.
– Salut Cassie ça va ?
– Oui et toi ?
– Tu vas à quel cours là ?
– Je ne sais plus, sûrement le même que toi. Je rigole et lui aussi. Je suis parfois tête en l’air et vu ce qu’il m’arrive, je le suis encore plus.

Arrive midi sans même que je m’en rende compte. Je croise Roméo pendant que je fume ma cigarette. Je me suis assise sur un banc en regardant mes notes et attendant le reste du groupe. Je m’empresse de lui raconter ma rencontre avec Stephen et lui demande conseil pour le cours de self défense. Il pense que de toute façon il ne peut rien m’arriver puisqu’on ne sera pas tout seul vu que c’est un cours. Il me dit même de foncer et que je serais bête de ne pas profiter de la situation. Il est vraiment irrattrapable. Il ne pense qu’à ça, pire que moi.

Je me laisse tenter quand même car l’idée est séduisante. Je n’ai jamais pris un cours de sport de combat ou de défense, ce sera l’occasion de voir si je sais me défendre.
Je réponds donc à son texto :
« Ok pas de soucis à quel heure et où ? »
Roméo me félicite de me laisser une chance d’avoir une vraie relation humaine même si je ne veux pas l’entendre de cette oreille. Ça vibre dans ma poche :
« 17h devant chez toi »

Je grignote vite fait un morceau avec Roméo et retourne en cours. Je me demande où le reste du groupe avaient mangés ce midi. La journée passe doucement mais sûrement.
Je suis à peine arrivée devant ma résidence qu’il m’attend déjà devant. Je souris bêtement et il me rend la pareille. J’espère que le cours va être drôle et que ça ne sentira pas l’homme des cavernes dans la salle. Nous montons dans la voiture pour nous diriger vers les gymnases ou étrangement il n’y a pas beaucoup de voitures garées. Nous rentrons dans la salle qui se trouve être déserte. Je ne me sens pas à l’aise du tout et il le sent bien. Je pensais qu’il y aurait du monde qui s’entraînerait.
– Viens n’ai pas peur, je ne vais pas te tuer, juste te montrer quelques trucs.

Je suis totalement flippée. J’ai envie de m’enfuir ou de crier alors qu’il n’a encore rien fait. Mais justement je n’ai pas envie d’attendre. Je regarde autour de nous pour analyser la situation. Il y a deux portes de sortie, des fenêtres et j’ai mon téléphone. Oui c’est sûr que lui jeter ton téléphone pour te défendre va aider ma conscience. Elle va se cacher dans un coin de ma tête. – Trouillarde va! –.
Il me tend la main et me dit de poser mes affaires ce que je fais sans réfléchir. Nous nous dirigeons vers le milieu de la salle où sont situés des sortes de tatami mais en plus moelleux. Je manque de me tordre la cheville avec mes talons. Heureusement il me rattrape avant.
– Je vais te montrer des techniques au cas où quelqu’un essaierait de t’agresser. C’est simple, efficace et rapide.
J’acquiesce d’un oui un peu timide ce qui le fait sourire. Je ne suis toujours pas détendu à l’idée qu’il simule une agression avec moi.
– Je vais me mettre derrière toi et faire semblant de t’attraper avec mon bras autour de ton cou. Tu as le choix de te laisser tomber ou de me mettre un coup dans les côtes.
– Ok ça à l’air simple dit comme ça.
– Bon on y va.

Il vient lentement passer son bras autour de ma gorge et resserre son étreinte. J’ai un moment d’oubli et me laisse aller à mon imagination en essayant de me débattre comme une lionne. Il rigole et me dit que ça ne sert pas à grand-chose de gigoter comme ça. Je me rappelle ce qu’il m’a dit et me laisse tomber par terre. Je réussis à lui échapper.

– Très bien tu vois ce n’était pas compliqué ni douloureux.
– Non en effet c’était même plutôt marrant.
– On va essayer autre chose. Si je suis face à toi et que je t’attrape par le col de ta robe.

Ça me plaît déjà beaucoup moins car je n’aime pas qu’on touche à mes affaires et encore plus quand c’est une belle robe de marque. Il s’avance vers moi en me fixant de ses beaux yeux argent. Je suis tellement absorbée par eux que quand il m’attrape doucement par la robe je ne réagis pas. Il attend patiemment que je fasse une tentative pour me dégager. J’échoue lamentablement et sans même comprendre comment, je me retrouve au sol sur le dos et lui à califourchon sur moi.

– Tu vois tu ne t’es pas concentré et j’ai le dessus sur toi dans cette position.
– Oui je vois ça. Je rougis et détourne le regard.
– Dans cette posture ton agresseur peut faire tout ce qu’il veut de toi.
– J’ai compris …
– Du coup si tu veux que je te libère il va falloir me donner une vérité sur toi.
– Quoi ? T’es sérieux, tu m’as emmené ici juste pour m’obliger à te parler !
– Il y a un peu de ça et aussi le fait que tu me plais et que je n’arrive pas à te cerner.
– Et tu crois vraiment que je vais te dire quoi que ce soit coincé sous toi.
– Je pense que oui sinon je serais obligé de te chatouiller.

Je crois rêver. Je ne suis pas en position de force et ça ne m’agace pas plus que ça. C’est une situation plus que surprenante pour moi et je n’ai pas envie de m’enfuir.
– Je te laisse me poser une question et c’est tout. Après tu me libères.
– Je voudrais que tu me racontes ton enfance.
– Non une autre question s’il te plaît.
– Pourquoi ? Ce n’est pas une question des plus indiscrètes.
– Pour moi si.

Il me regarde un moment et je vois ses mains s’approcher dangereusement de mes côtes pour m’asticoter. Je me tortille dans tous les sens et n’arrive plus à respirer correctement, je pleure de rire. Il arrête enfin son calvaire le temps que je reprenne mon souffle et me glisse dans le creux de l’oreille :
– Tu as le choix, tu réponds ou je recommence.
– S’il te plaît arrête, je ne supporterai pas une deuxième crise de rire.
– C’est pas la bonne réponse, tant pis pour toi alors.

Il lance un deuxième assaut de chatouilles et s’arrête un peu plus vite que la première fois. J’essuie mes larmes et remets mes cheveux en place. Je suis toujours en dessous de lui et je ne suis pas si mal finalement. J’ai une vue intéressante en plus. Je ne sais pas ce qui me prend à penser des choses comme ça. Je n’arrive plus à cogiter, je n’ai pas les idées en place avec des yeux comme les siens qui me fixe. Je le regarde en essayant de percer le mystère de ses attentions à mon égard mais rien. Il baisse sa tête vers moi. Sa joue frôle la mienne et il me susurre dans le creux de l’oreille :
– Tu es très sexy dans cette position et ça me donne pleins d’idées…

Mon cœur s’arrête, ma respiration s’accélère et un instant je m’imagine un tas de choses que je voudrais qu’il me fasse. Mon regard reste fixé droit devant moi.
Je décroche un petit sourire. J’ai à peine le temps de songer à sa révélation que je sens son souffle dans mon cou. Il respire mon parfum. Celui que j’ai choisi ce matin est légèrement musqué et sucré. C’est d’ailleurs mon préféré.

Il passe sa langue de manière très légère sur la peau de mon cou. Je ferme les yeux, relève la tête pour lui laisser la place et apprécie. Son nez m’effleure la mâchoire et remonte jusqu’à ma bouche. Je ne bouge pas et ma respiration se fait plus rapide. Il passe sa langue sur ma lèvre inférieure. Je fonds littéralement de désir. Quand je rouvre les yeux et tombe sur les siens, ils sont d’un gris plus intense et le halo couleur lune a presque disparu.

Ma conscience sort de sa cachette et hurle : casses-toi vite ! Elle a vraiment le don de tout gâcher mais cette fois elle n’a peut-être pas tort après tout. Je ne peux pas le laisser se rapprocher de moi, c’est trop dangereux. Je le fais basculer sur le côté, attrape mes affaires et m’enfuits lâchement de la salle. Je le sens derrière moi et il m’attrape le bras avant même que j’ai pu atteindre la sortie du gymnase. Les talons aiguilles pour courir ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique. Je me retourne et parle à haute voix :

– Tu t’attendais à quoi avec une fille comme moi ? Que je tombe dans le panneau « j’lai baisé dans le gymnase » !
– Mais pas du tout …

Je ne le laisse pas finir et enchaîne de plus belle comme si une bête m’avait piqué en plein cœur :
– Alors quoi tu voulais juste apprendre à me connaître peut être ?
– Bah oui mais tu n’es pas facile à cerner et tu ne te livres pas alors je me suis dit qu’il fallait que je te mette en confiance autrement.
– En me faisant des prises de catch. Oui c’est vrai ça parait logique. Je prends un air ironique et lève les yeux au ciel.
– Excuse-moi je ne voulais pas te blesser ou te forcer à quoi que ce soit.

Je le regarde et mes yeux se remplissent de larmes pour je ne sais quelle raison. Je délivre mon bras de son emprise et part en courant mes talons à la main.

Je fais un détour par les pelouses du parc pour me calmer, et allume une cigarette. Je réfléchis en marchant pieds nus dans l’herbe. Pourquoi aije réagis aussi brutalement. – Je suis ridicule –. Il ne me faisait pas de mal bien au contraire. J’ai l’impression de sentir encore son souffle dans mon cou ce qui me donne des frissons.

Ma conscience me regarde du coin de l’œil et me dit : je te l’avais bien dit, pas de sentiments. Ce qu’elle peut m’agacer parfois. Je retourne doucement vers la résidence toujours mes chaussures à la main.

J’ouvre la porte de la chambre et tombe sur Amber qui saute dans tous les sens. Je balance mes escarpins par terre et prend une lingette pour nettoyer mes pieds.
– Qu’est-ce qu’il t’arrive petite sauterelle ?
– Devine ce que j’ai trouvé devant la porte il n’y a pas 2 minutes.
– Dis-moi.
– Un cadeau pour toi.
– Ah bon, mais de qui ?
– Je ne sais pas ce n’est pas signé.

Je suis sous l’effet de la surprise de ce qu’elle vient de dire. Je me demande bien qui pourrait me déposer un cadeau sans même vouloir me le donner en mains propres. Elle me tend un paquet proprement emballé dans un papier bleu royale avec un nœud blanc sur le dessus. J’ai du mal à imaginer ce qu’un inconnu pourrait bien m’offrir, surtout que je n’ai d’idée précise sur cette personne.

J’ouvre le paquet et je suis stupéfaite de tomber sur une belle petite boîte en métal avec de tout petits bonbons colorés en forme de cône. Elle est trop mignonne et paraît ancienne. Elle est un peu abîmée sur les côtés et sa couleur légèrement effacée par endroit. Des fleurs et des arabesques ornent la boîte usée par le temps – je sais d’avance à quoi elle va me servir -.

Un papier de riz est posé sur les bonbons. Il est écrit « goute-moi ». C’est adorable comme attention mais j’aimerai bien savoir pourquoi quelqu’un m’offre ces bonbons. Amber reste perplexe quant à ce cadeau. Elle me regarde et sourit.
– Tu aimes ce genre de bonbons ?
– Oui ce sont de petits bonbons aux fruits que j’ai déjà vus mais je n’y avait encore jamais goûté. Tu en veux un ?
– Oui merci.

Nous en dégustons quelques-uns et ils ont vraiment un goût fabuleux. Ça me rappelle un goût de déjà-vu mais je ne me souviens plus quand et où j’ai déjà senti ce parfum de fruits dans ma bouche.

La semaine se déroule gentiment, nous voilà déjà vendredi et pas de nouvelles de Stephen. Je ne suis pas surprise après la crise que je lui ai faite dans la salle de sport mais j’aurais voulu l’apercevoir, ne serait ce que pour croiser son regard lune qui me fait chavirer. – Qu’est-ce que je suis conne ! –.

Je devrais peut être faire le premier pas et l’inviter à une de nos soirées. Je me demande bien ce qu’il a pu me faire pour que je cherche à le revoir. Pourquoi j’aime tant compliquer les choses en ce moment, je n’ai pas besoin de ce genre de problème dans ma vie. Non pas que j’ai des problèmes mais je ne veux pas en avoir quel qu’en soit le prix.

Je décide quand même de lui envoyer un texto :
« Slt ça va ? Je voulais m’excuser pour la dernière fois, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. »
Je me demande bien s’il va répondre et essaye de ne pas y penser. Si ça se trouve il va me prendre pour une folle. La sonnerie de mon téléphone me fait sursauter.
« Oui ça va et toi ? Je ne t’en veux pas t’inquiète. C’est moi qui suis désolé »
Sa réponse me fait sourire, au fond il n’a pas l’air de me vouloir du mal, peut-être même qu’il m’aime bien.

J’essaye de sortir cette idée débile de ma tête car je n’ai jamais voulu m’accrocher à quelqu’un et je ne veux pas qu’on s’accroche à moi. J’aime passer du temps avec lui c’est vrai mais bon, est-ce une raison pour ne plus camper sur mes positions et ma façon de voir les choses ? Mon téléphone sonne, c’est Stephen:
– Euh oui c’est Stephen, je voulais savoir si tu étais libre ce soir pour … manger un truc ensemble.
– Je suis désolée j’avais prévue de sortir avec notre petit groupe ce soir mais tu peux te joindre à nous si tu veux ?
– Oui pourquoi pas, tu es sûr que ça ne dérangera pas ?
– Non. Plus on est, plus on rit, on se retrouve en bas de chez moi vers 19h. A toute à l’heure.
– Ok à toute.

J’écrase ma main sur mon visage de désarroi. Mais pourquoi je l’ai invité. Quelle cruche je suis, mon cerveau ne se met pas d’accord avec ma conscience. Je n’arrive pas à penser quand il s’agit de Stephen. Pas de connections neurologique pour faire briller mon cerveau comme en cours.

Voilà maintenant que je m’engueule avec moi-même. C’est rien il faut que je relativise, ce n’est qu’une soirée entre amis et on sera plusieurs alors rien de grave en soit. Je me mets à stresser comme jamais auparavant. Les peu d’idées se bousculent et je manque de me faire percuter en

montant les marches de la résidence pour aller dans ma chambre. Amber n’est pas encore arrivée je peux donc me poser et réfléchir.

Je m’assieds sur le lit et me prend la tête entre les mains. Mon cerveau est en ébullition devant la situation que je vais rencontrer ce soir. – Allez réfléchi ! –. Comment je vais lui faire comprendre que je ne veux pas de relation ni quoi que ce soit. Ou alors s’il ne veut qu’être ami avec moi comment ne pas perdre la face alors que je me suis imaginé un tas de trucs. Je décide d’aller prendre une douche en attendant qu’Amber rentre, ça me remettra les idées claires.

J’apprécie le moment de la douche, l’eau chaude coule le long de mes reins et m’empêche de réfléchir.
Heureusement que l’eau n’est pas payante car quand je décide de sortir de cette merveilleuse douche qui a permis de me relaxer, je m’aperçois que j’ai 8 appels en absence, tous d’Amber. Je me dépêche de ramasser mes affaires et me dirige rapidement vers la chambre.
– Où tu étais ??? J’arrête pas de t’appeler depuis tout à l’heure.
– Excuse-moi, je prenais une douche et je n’ai pas vu le temps passer.
– Il ne te reste plus que quelques minutes avant que les autres arrivent.
– Oui, oui je me dépêche.

Je scrute mon armoire en vue d’y dénicher une tenue décontractée pour ce vendredi soir. J’opte pour un short noir en coton accompagné d’un débardeur bleu, je pense mettre mes tongs noires pour être tranquille sur la plage et ne pas me battre avec les grains de sable qui se faufilent dans les chaussures. Ce qui est fortement désagréable. Je me sèche les cheveux rapidement pour pouvoir les lisser et me faire un petit maquillage léger. Je suis enfin prête et je vois Amber qui surf sur son portable en m’attendant.

– C’est bon je suis prête.
– Super, c’est parti pour la fête.

Arrivée sur la côte je n’ai toujours pas de nouvelle de Stephen. J’espère qu’il va venir, ça me ferait plaisir au fond de le voir apparaître en haut du parking. La soirée passe et nous nous amusons. Faire un volley-ball en pleine nuit c’est compliqué et encore plus de faire un bière pong dans le sable. Mon téléphone sonne et j’essaie de garder mon sérieux quand je décroche mais n’y parviens pas :
– Ouiiiii allooooo. Je prends une voix de téléphone rose tout en pouffant de rire.
– C’est Stephen.
– Oh pardon je n’avais pas regardé mon écran.
– Ce n’est rien, c’est plutôt marrant ta façon de répondre.

Je l’entends sourire derrière son téléphone ce qui me fait sourire à mon tour.
– Tu ne viens pas finalement ?
– Si, j’arrive je suis sur le parking de la plage mais je ne vous trouve pas.

Après dix minutes d’explications le voilà qui arrive avec un grand sac cabas dans les mains. Il se dirige vers moi mais est alpagué dans la seconde par Carla. On dirait qu’ils se connaissent plutôt bien et j’ai une petite pointe d’agacement qui doit se lire sur mon visage. J’essaie de ne pas y prêter attention et continue de rire avec Amber et les autres à propos d’une histoire dont je n’ai pas écouté le moindre mot.

Notre petite fête bat son plein, c’est agréable de n’être qu’en petit comité, ça évite les éventuelles disputes avec des gens qu’on n’aime pas ou de discuter avec des gens dont on se fiche éperdument. Je jette de temps à autre un petit regard vers Stephen et Carla pour voir si lui m’observe et juste au moment où je dirige mes yeux vers lui je croise son regard. Je m’empresse de regarder ailleurs en espérant qu’il ne m’ait pas vue. Je dois trouver quelque chose pour m’occuper et ainsi arrêter de croire qu’il s’intéresse à moi. Fuir me parait une bonne idée sur le coup.

Je demande à Parker de me ramener discrètement en prétextant avoir mal au ventre à cause de mes règles. C’est totalement faux mais au moins je suis sûre qu’il ne me posera pas de question. Je dis au-revoir au groupe et je vois une expression sévère dans les yeux de Stephen même si c’est difficile de lire en lui comme avec les autres.

Parker me dépose et me souhaite une bonne nuit. Je fais mine de rentrer dans la résidence et attend qu’il parte pour ressortir aussitôt. Il faut que je me change les idées et je cherche qui je pourrais bien me mettre sous la dent. Il n’y a pas grand monde sur le campus à part quelques personnes bien amoché par l’alcool – et moche en plus –.

Je rentre frustrée dans ma chambre et décide de reprendre une douche pour me calmer – je vais finir par être transparente à force–. En sortant de celle-ci je croise enfin un « jouet », plutôt craquant, grand, musclé – tout à fait mon type –. Il fera l’affaire en cette heure de pénurie nocturne.

Je m’approche de lui en espérant qu’il prenne le chemin des douches. Bingo, il en ouvre la porte. Je lui emboite le pas et me faufile tel un courant d’air puis ferme à clef derrière moi. Il se retourne en entendant le bruit du verrou malgré la finesse de mon geste.
– Salut lui dis-je avec un sourire enjôleur.
– Euh salut.

Je laisse tomber ma serviette « accidentellement ». Il reste bloqué quelques secondes quant au spectacle que je lui offre. Il me scrute de haut en bas comme je le prédisais. Je plante mes yeux dans les siens et lui dis avec une voix des plus douces :
– Oh mince, je suis désolée je n’ai pas fait exprès.
– Ce n’est pas grave, au contraire c’est très plaisant.

Il se dirige vers moi avec juste sa serviette autour de sa taille. Sa position très basse laisse apercevoir la naissance de ses poils pubiens. Il a pris soin de les raser, sûrement à la tondeuse car cela fait propre. Ces pectoraux sont gonflés et sa démarche est assurée. Il m’attrape la tête avec ses mains, me pousse violemment contre le mur pour m’embrasser de la façon la plus bestiale qui soit. Surprise par son action, je le laisse envahir ma bouche de sa langue douce et chaude. Je sens son érection durcir contre mon ventre, ça m’excite encore plus que je ne l’étais en entrant. Je lui rends son baiser et le dirige en même temps vers une douche au hasard pour qu’il me prenne sous l’eau chaude.

J’ouvre l’eau d’une main, caresse sa queue de l’autre tandis qu’il m’embrasse dans le cou en se dirigeant vers mes seins durcis de plaisir. La sensation de sa bouche sur mon corps fait monter la pression et je commence à gémir doucement dans son oreille. Il commence à me mordiller les tétons et me caresse le clitoris de ses doigts agiles. Je ne pense plus à rien et me laisse aller dans le bonheur de ces sensations magiques.

Il s’arrête pour attraper rapidement une capote dans sa trousse de toilette. – Voilà un garçon prévoyant dit donc –.

Il l’enfile doucement afin de ne pas la faire craquer dans la précipitation. Il m’embrasse à nouveau et me retourne, je pose mes mains sur la paroi de la douche. Je sens sa queue chercher son chemin pour enfin trouver l’entrée du paradis. Il me l’enfonce presque d’un coup sec ce qui me laisse échapper un gémissement.

L’eau chaude coule sur nous tandis qu’il m’assène des coups de reins plus profonds les uns que les autres. Il y a une tonne de buée et ce n’est pas que l’eau chaude à mon avis.

C’est si bon cette sensation de plaisir qui m’envahit et qui prend possession de mon corps sans même avoir besoin de réfléchir ou de penser. Il ralentit la cadence pour se retirer et me placer face à lui. Il me prend dans ses bras et colle mon dos à la paroi, je me tiens à son cou et il m’empale sur lui avec un peu plus de délicatesse cette fois. Il m’embrasse et mordille ma langue, en même temps qu’il me maintient contre la paroi pour me remplir un peu plus. Je gémis dans sa bouche et passe mes ongles sur ses épaules musclées ce qui apparemment l’excite davantage. Je sens l’orgasme monter en moi et me lâche autour de lui, totalement libérée. Toutes mes frustrations de la journée et mon stress s’envolent alors qu’il délivre son plaisir dans la capote.

Il me repose délicatement sur le sol de la douche, m’embrasse et me sourit. Je le fixe et lui rend son sourire. Ma conscience se réveille tu n’oublierais pas un petit quelque chose par hasard ? – Ah oui ! – Je range mon sourire débile et lui dit gentiment :
– Tu veux une pastille à la menthe, c’est rafraîchissant ?
– Oui pourquoi pas. Il faut chaud ici…

Et voilà le travail. Maintenant je vais pouvoir prendre ma douche et me laver de ces ébats fatigants. J’avoue pour cette fois, ne pas avoir fait grand chose, à part subir. Il va dans la cabine d’à côté comme si de rien n’était. – vraiment efficace cette pastille–.

Mon rituel reprend le dessus et la nausée monte instinctivement sans que je la contrôle. Je sors ma lame de rasoir et l’eau évacue mon calvaire comme si rien ne s’était passé.

Après une bonne nuit de sommeil je me lève en ce dimanche matin de bonne humeur. Amber n’est pas rentrée et à mon avis elle a dû passer la nuit avec Roberto. Je prends mon temps pour m’étirer et m’habiller.

J’entends du bruit dans le couloir, j’ouvre la porte et trouve un nouveau cadeau par terre. J’attrape le paquet et regarde à droite et à gauche dans le couloir mais personne. – C’est quand même étrange qu’on puisse disparaître aussi vite –. Je referme la porte doucement et un million de questions se bousculent dans ma tête. Qui s’amuse à déposer des paquets de façon anonyme sans attendre une éventuelle réaction de ma part bonne ou mauvaise soit-elle ?

Je m’assieds sur le lit et pose le paquet sur mes genoux. Il est parfaitement emballé comme la dernière fois. Un beau papier blanc soyeux et un ruban rouge. Pas de carte ou d’écrit. J’enlève le nœud rouge et défais délicatement le scotch du papier qui le maintient. Je découvre une boite blanche qui contient un iPod blanc avec des écouteurs. Pas de mot non plus ni d’inscription quelconque, rien que l’objet seul entouré de papier de soie bleu. Je l’allume et mets les écouteurs dans mes oreilles. Je mets la seule et unique musique qu’il y est dans la Play liste.

Je reconnais immédiatement le son qui rentre dans ma tête, Sam Smith leave your lover .

J’adore cette musique, sa voix me transporte directement dans un bien-être sans nom. C’est une belle chanson d’amour. Une parmi tant d’autres vous allez me dire. Non justement. Elle parle d’un amour inconditionnel mais probablement impossible – ça ressemble tout à fait à ce que je m’interdis, les sentiments amoureux –.

Mais qui peut bien vouloir m’envoyer ce genre de cadeau, une musique aussi… douce et romantique. Je ne suis pas comme ça, mais la musique c’est à part et je me laisse volontairement attendrir et même parfois je me surprends à rêver que ça pourrait être moi. La belle demoiselle en détresse ou trompée par son cher époux infidèle.

Malheureusement je ne me laisse pas le droit de l’être et de montrer mes faiblesses à un homme, j’ai trop peur de souffrir inutilement et d’avoir perdu mon temps. Une sonnerie retentit et me sort brutalement de mon rêve, j’ai reçu un texto :
« Tu aimes ? »

Le numéro est inconnu de mon répertoire. Je réfléchi car je voudrais piéger cette personne et découvrir son identité. Je réponds :
« Oui beaucoup, merci. Tu ne veux pas venir écouter avec moi ? »
J’espère qu’il ou elle acceptera et que je connaîtrai enfin son visage. La réponse arrive peu de temps après :
« Non je te laisse savourer cet instant rien que pour que tu puisses penser à moi quand tu l’écouteras de nouveau »
Je reste assise à ruminer mon exaspération. Me demandant de qui pourrais bien venir ces idées saugrenues. Je cherche dans ma tête mais ne trouve pas de réponse à mes questions.

Je profite de ce moment pour envoyer un texto à Roméo et lui demande de me retrouver au parc devant la résidence pour en discuter. J’ai besoin de me changer les idées. Roméo est la personne parfaite pour se détendre et penser à autre chose.

Après des heures de dialogue, de rire et de café cigarette avec Roméo je me retrouve toujours au même stade. Pas de réponse et pas d’idée ni même un soupçon concernant mon inconnu aux bonbons et musique. Je décide de retourner dans la chambre et d’éplucher le papier cadeau et la boite.

En secouant la boite blanche, une petite carte tombe – je ne l’avais même pas vu –, je la ramasse et y trouve une inscription : « branche-moi à ton ordinateur ». Je m’empresse alors de trouver mon PC et de brancher l’objet.

Une longue mise à jour se met en route et use de ma patiente déjà mise à rude épreuve ces temps-ci. J’ouvre enfin l’application et trouve l’unique musique que contient l’iPod.

Mon téléphone sonne juste à ce moment :
« Je vois que tu as trouvé le petit mot »
Je commence réellement à être agacée mais ma curiosité est plus forte que tout, j’ai besoin de savoir, alors je réponds :
« Oui en effet mais je ne vois pas en quoi c’était utile de le brancher »
« Régulièrement tu trouveras une nouvelle musique à télécharger »
On y est, il ou elle veut jouer avec mes nerfs. C’est moi qui d’habitude joue avec les gens mais je ne les tortures pas mentalement au moins. Je réponds :
« C’est bien gentil mais je ne vois pas où cela va nous mener ??? »
«Tu le découvrira bien assez tôt »
Des cadeaux reçus ces temps-ci, c’est le plus énervant. Déchiffrer des musiques pour essayer de trouver qui pourrait bien se cacher derrière tout ça. – ohhh ce que ça peut m’agacer ! –.

Je décide d’écouter la chanson en boucle en espérant qu’un indice pourrait m’être susurré à l’oreille par Sam Smith, mais non, bien sûr que non. J’ai vraiment peur de finir dans un asile de fou si je ne découvre pas rapidement l’auteur de ces fichus cadeaux.

La nuit porte conseil parait-il.

Ce matin je suis d’une humeur de chien, plus que mauvaise même et envois tout valser jusqu’à ce que mon regard se pose sur mon ordinateur. Je le fixe et j’ai subitement une idée lumineuse. Je l’ouvre précipitamment et branche l’iPod. Je vais télécharger une musique, comme ça il ou elle pourra voir que moi aussi je peux rentrer dans son propre jeux.

Je cherche quel morceau pourrait être parfait pour cette partie qui n’est à mon avis pas prête de finir. J’opte pour Taylor Swift – blank space, mon inconnu aura de quoi s’occuper pour la journée. Cette chanson parle de jeux d’amour et de rôle. Mais aussi de passion. Elle est parfaite pour faire réfléchir cet anonyme.

Je remercie mon cerveau d’avoir réfléchi cette nuit et d’avoir trouvé de quoi lui rendre la pareille.

Sur ce, je m’apprête à aller en cours de meilleure humeur. Amber me suit car son cours commence en même temps que le mien. Elle me jette un coup d’œil et me vois ranger l’iPod dans mon sac avec mon PC portable.
– Tu t’es acheté un iPod ?
– Non, c’est encore un cadeau de l’inconnu.
– Ahhh oui, et il y a quoi dessus, il y avait un mot avec ?
– Non je ne sais toujours pas qui se cache derrière tout ça mais je vais finir par le coincer.
– Bon bah amuses-toi bien avec ton nouveau jouet et bon courage pour ton cours. A ce soir.
– A ce soir.

Je rentre en cours de chimie et m’assieds à côté de Parker.
– Salut ça va ?
– Oui et toi ?
– Ça va. Dis-moi tu connais Stephen ?
– Non j’ai fait sa connaissance à la dernière soirée c’est tout. Il a l’air sympa en tous cas.
– Oui c’est ce que je me dis aussi.

Le professeur entre et nous écoutons le programme de la journée. Je sors mes affaires de mon sac et regarde l’heure sur mon téléphone.

Je découvre un texto de Stephen :
« J’aimerai bien te revoir si ça te dit ? »

Je lui répondrai en sortant. Il faut que je me concentre sur le cours pour valider mon année.

Une fois le cours terminé je vais voir le professeur et lui demande si je peux accéder au laboratoire vite fait pour faire une expérience. Il accepte sans poser de question et ça me va très bien. J’entre dans le laboratoire et cherche dans mon sac ce qu’il me faut pour préparer mes pastilles à la

menthe. En 2h j’ai fini et elles sont prêtes, j’ai de quoi jouer pour l’année entière. Je les range précieusement dans ma boîte en métal offerte par mon inconnu et fourre le tout dans mon sac.

J’ai un sourire de satisfaction qui se fige jusqu’à ce que mon téléphone sonne : INCONNU
« Je vois que tu as rajouté une musique, m’est-elle destinée ? »
« Oui tout à fait »

Ce petit jeu est finalement plus amusant que je ne le croyais. Je suis sûre qu’il va renchérir avec une autre musique.
« Une musique t’attend pour te remercier »

Bizarrement mon cœur palpite d’excitation, j’ai envie de savoir ce qu’il m’a choisi. Pourquoi ce sentiment envahie ma tête et m’empêche d’être ce que je suis vraiment. Ça me rend totalement dingue ce jeu du chat et de la souris mais en même temps c’est marrant. Malheureusement je n’ai pas le temps de l’écouter tout de suite.

Je vais vers mon deuxième cours de la journée, je m’installe à côté de Parker comme d’habitude et ouvre mon ordinateur pour prendre mes notes. L’application de l’iPod s’ouvre par la même occasion. J’y trouve un morceau de Justin Timberlake – Strawberry Bubblegum. Je connais cette musique et c’est presque une déclaration enflammée. Ça va me rendre folle.

Je branche les écouteurs et écoute discrètement les paroles. Parker me regarde et me touche l’avant-bras ce qui me fait sursauter :
– Quoi ? Dis-je en chuchotant
– Tu n’écoutes pas le cours ?
– Si, si, bien sûr mais je voulais vérifier un truc. Je t’expliquerai à la sortie.

Le cours se termine et j’ai bien cru que j’allais m’endormir tellement le professeur était mou. Heureusement que le morceau m’a donné à réfléchir. J’ai beau retourner les paroles de la chanson et tous les indices en ma possession, je n’arrive pas à élucider le mystère de mon inconnu. Nous sortons de la salle. Parker m’emboite le pas et nous nous dirigeons vers la cafète pour prendre un sandwich. Nous nous asseyons et je lui raconte sans trop de détail ce qui m’arrive. Il se moque un peu mais me dit de rester sur mes gardes on ne sait jamais sur qui je pourrais tomber. Il n’a peut-être pas tort, si ça se trouve c’est un ou une taré.

Je me rends compte que j’ai totalement oublié de répondre au texto de Stephen, je sors mon portable :
« Salut, désolée pour la réponse tardive, oui pourquoi pas »

Je range mon téléphone dans mon sac et me dirige vers la résidence.

Une fois rentrée de ma journée épuisante je m’assieds à mon bureau pour travailler et ouvre mes notes sur l’ordinateur. Je repense à cette dernière musique et la réécoute pour mieux comprendre les paroles. Je me creuse la tête et fait marcher mes méninges.
– Je suis sûre que c’est un mec !

Mince je viens de dire ça à haute voix comme si j’avais trouvé la solution à tous les problèmes du monde. Ma conscience me regarde et tu as trouvé ça toute seule… bravo Sherlock ! – Oh c’est bon toi, ferme-là–. Elle est vraiment chiante quand elle s’y met celle-là. Bref je reprends le cours de mes pensées. Ça ne peut être qu’un garçon pour m’envoyer une musique pareille. C’est obligé non ?

Je suis ravie d’avoir enfin un indice, maigre certes mais un indice quand même. Je serais embêtée si c’était une fille. J’imagine déjà la situation et me met à rire. Amber rentre et me surprend dans mon fou rire.
– Salut, alors tu partages la raison de ton rire avec ta copine ou quoi ?
– Je viens de découvrir que c’est un garçon ! lui dis-je toute fière.
– C’est évident que c’est un garçon… franchement réfléchi.
– Oui mais là j’ai la preuve en musique.

Bref ce n’est pas grave, l’essentiel c’est d’avoir la certitude de l’identité de la personne qui me fait tourner en bourrique. Maintenant il faut que je le coince et trouve qui se cache derrière son écran. Je décide de lui écrire un texto :
« J’aime bien Justin, c’est un bon chanteur et il est très craquant »
J’espère qu’il va réagir rapidement. J’ai à peine eu le temps de me le dire que je peux lire sa réponse :
« Tu es encore plus jolie que sa femme »

Je rougis face à cette répartie. Je ne peux qu’être contrariée face à ça car lui m’a déjà vue et moi pas. Ce n’est pas très juste. Je n’aime pas les règles qu’il a fixées et je vais lui faire comprendre :
« Je ne te connais pas et toi si, ce n’est pas très équitable »
« En effet mais rien n’est juste dans la vie »
– Ohhh ce qu’il peut m’horripiler lui avec ces réponses toutes faites -. Si je savais qui il était je le frapperais de toutes mes forces. Je m’efforce de garder mon calme et respire. J’ai besoin de me changer les idées et appelle Stephen :
– Salut c’est Cassie, ça va ?
– Salut ma belle. Ça va et toi ? Ça me fait plaisir que tu m’appelles.
– Ah bon ? Je rougis
– Oui.
– Je voulais savoir si tu étais disponible, j’ai envie de sortir prendre l’air, si ça te dit bien sûr ?
– Pourquoi pas, je passe te chercher dans 5 minutes.

Je raccroche et curieusement j’arrête de penser à l’inconnu aux musiques. Je me change rapidement et enfile mon survêtement moulant noir avec un débardeur blanc. Stephen frappe à la porte. Il a été rapide dis donc. Je lui ouvre.
– Attend je prends mon sac et on y va.

Je suis contente de le voir, finalement ça reste une bonne rencontre et puis c’est un garçon gentil et simple. Je me sens à l’aise avec lui, quand j’y pense ce n’est pas souvent car je n’ai pas l’habitude que ça se passe dans ce sens. Nous nous baladons et je lui parle un peu plus de moi. Il me raconte sa journée et ses cours ennuyeux à mourir.

Nous trouvons un endroit sympa pour nous assoir, je le regarde et essaye de déterminer si je pourrais me laisser aller un peu plus encore comme avec Roméo ou si je dois rester encore sur mes gardes. Il me plait c’est sûr, sa bouche est parfaitement dessinée, il a un corps musclé mais pas qui fait gonflette.

J’ai décroché de la conversation, obnubilée par son physique que je dévore du regard. Il le remarque en me faisant des signes devant les yeux :
– Hey oh du bateau.
– Oh excuse-moi j’étais dans mes pensées.
– Et ben ça fait toujours plaisir.
J’ai un peu honte mais bon ça arrive.
– Dis-moi tu connais Clara ?
– Non pas plus que ça, je l’ai rencontré pour la première fois à ta soirée sur la plage.
– On dirait bien qu’elle a craqué pour toi.
– Tu crois ? Ce n’est pas trop mon genre de fille.

Ma curiosité est plus forte que tout.
– Et c’est quoi ton genre de fille ?
– Plus comme… euh plus comme toi en fait.
– Ah… Je suis étonnée par autant de franchise. Je détourne le regard.
– Je ne te l’ai pas caché l’autre jour à la salle de gym.
– C’est vrai…

Je repense à ce bon moment où sa bouche commençait à parcourir mon cou et mes lèvres. Et où ma conscience aussi bienveillante soitelle m’a fait déguerpir. Je suis gênée ; il le lit sur mon visage.

– Tu sais je ne voulais pas t’offenser ou quoi que ce soit d’autre, tu me plais et je ne savais pas comment te le montrer. Tu es tellement sur la défensive et tu ne parles pas beaucoup de toi.
– Je sais mais je suis comme ça. Je n’aime pas dévoiler mes sentiments et encore moins ma vie.
– J’ai vu que tu avais les larmes aux yeux quand tu t’es enfuie, pourquoi ?
– Pour rien je … juste que … non laisse tomber. J’ai pas envie d’en parler.
– Tu vois c’est ça le problème avec toi. Je ne te connais pas beaucoup c’est vrai mais tu ne me laisses même pas une chance de le faire.
– Si tu savais ou du moins si … je pouvais te dire, te parler, ce serait moins compliqué.

Les larmes menacent de faire couler mon mascara, je pose mes mains sur mon visage. Il se rapproche de moi et me prend dans les bras. J’essaye de le repousser mais je sanglote légèrement et ne peut me résoudre à me soustraire à sa chaleur qui me rassure tant.

Je ne sais pas pourquoi j’ai tant de mal à avoir une relation simple, pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manque mais je ne peux pas, j’ai peur. Quelques minutes passent et je me ressaisis, j’essuie mes larmes qui ne semblent pas avoir fait trop de dégâts et le regarde. Ces yeux sont d’un gris soutenus et le halo est présent, bien plus large que la dernière fois.

Il me caresse la joue d’une main et j’appuie son geste, je ferme les yeux et apprécie cette douceur. Quand je rouvre les yeux il me regarde avec tendresse et me dit tout bas :

Je comprends que tu ne veuille pas me révéler certaines choses et je ne veux pas t’obliger à te livrer si cela doit te faire pleurer.

Après une phrase aussi spontanée, j’esquisse un sourire. Nos visages se rapprochent et nous ne nous lâchons pas du regard. Ses yeux m’ordonnent presque de goûter à sa bouche et tout ce qui va avec. Nos lèvres se frôlent avant d’entreprendre une danse digne d’un grand ballet. Sa langue est aussi savoureuse qu’un fruit. Je le laisse conquérir mon espace vital volontiers et succombe à ce doux baiser. Nos lèvres se détachent après leur ascension vers la nouveauté et la découverte de l’autre. Nous restons encore un moment assis à discuter et à savourer ce moment intime. Pour moi cela me paraît le bout du monde.

J’allume mon ordinateur pour réviser quelques cours et revoir quelques notes que je voudrais approfondir. L’application de l’iPod s’ouvre automatiquement mais je la mets de côté pour me concentrer. Une fois tout terminé et bien organisé je me repenche sur la question « musique ».

Je cherche ce qui pourrais ou mettre fin à cette comédie ou le faire sortir de sa cachette et le pousser à dévoiler son identité. Il faut que je dégote une chanson qui me représentera réellement et si vraiment il me veut, il se montrera.

Je fouille sur internet et tombe sur le morceau de Stine Bramsen – The day you leave me. Si on écoute bien les paroles de cette chanson on est saisi par une réalité. Pris par un sentiment de tristesse né d’un amour incertain et d’une insécurité face à ses sentiments. Elle est douloureuse et reflète parfaitement ce que mon cœur a subit.

Nous verrons bien sa réaction. Je la télécharge et m’affaire à d’autres occupations. Je prends un de mes livres et bouquine un moment mais je n’arrive pas à comprendre ce que je lis. Mes pensées sont occupées à ressasser ce moment avec Stephen. Cette sensation que j’ai ressenti avec lui jamais je ne l’ai eu avant et cela me perturbe d’autant plus que cette fois-ci je ne maîtrise pas totalement la situation. J’ai peur de me laisser submerger par mes sentiments et de ne plus pouvoir réfléchir avec ma tête. Je ne dis pas que ce n’est pas bien de penser avec son cœur, mais c’est un jeu dangereux auquel j’évite de m’adonner.

Mon téléphone sonne, c’est Amber qui me prévient qu’elle révise à la bibliothèque et qu’elle rentrera tard. Tant pis je resterai seule ce soir. Je récupère mon ordinateur pour surfer sur internet, l’application est toujours ouverte et j’espère intérieurement qu’une nouvelle musique va apparaître. Après que j’ai lu un article sur un nouveau laboratoire qui vient d’ouvrir pour de nouvelles recherches sur les produits stupéfiant, une fenêtre s’ouvre toute seule devant ma page internet :
« Très belle musique mais triste au fond»

Je suis surprise par cette intrusion sur mon PC. On croit être protégé avec des antivirus et un tas de choses dont on ne connaît pas l’utilité et on voit arriver ça sur son ordinateur. Je décide de lui répondre.
« Certes mais c’est la réalité »
« Pourquoi es-tu aussi fermée à la discussion, ne pourrait-on pas avoir un échange simple de belles musiques ? »
« Non je ne pense pas, de plus tu sais qui je suis et ce n’est pas mon cas. Nous ne jouons pas de façon équitable, je te l’ai déjà dit ! »
« Si je te révélais mon identité, serais-tu plus apte à me parler de toi ? »

Pourquoi tiennent-ils tous à me connaître ? Et là une énorme ampoule s’allume au-dessus de ma tête. Mais pourquoi je n’y ai pas pensé avant, je suis sûre que c’est Stephen. Il est totalement obsédé par le fait que je ne lui parle pas et que je me refuse à lui livrer certains détails de ma vie. Je réponds :
« C’est toi Stephen ? »
« Je ne sais pas qui est ce Stephen, désolé »

J’ai un gros doute sur cette dernière réponse. J’enchaîne malgré tout comme si de rien n’était.
« Qu’est-ce que tu souhaites savoir ? »
« Je voudrais te découvrir, connaître les détails importants de ta vie »
« A quoi cela t’avancerai, je ne comprends pas vraiment bien »
« J’y gagne que je pourrais combler tes vides et panser ta tristesse »

Il m’a atteint, je ne sais plus quoi dire. Personne ne m’a jamais parlé comme ça ni ne s’est intéressé à moi de cette manière. Il me bouleverse totalement et je me demande ce que je pourrais répondre à ça.
« Je ne sais pas qui tu es mais je ne suis pas celle qu’il te faut, désolée »
« Ce n’est pas à toi de décider pour moi »
« Peut-être mais en attendant je ne te connais pas »
« Tu le sauras bien assez vite mais sache que je suis bien un homme »
« Je ne suis pas quelqu’un pour toi, trouve-toi une autre fille »

J’éteins mon ordinateur et le range. Pourquoi je me compliquerai la vie pour ensuite être déçue A quoi ça sert de tomber amoureuse d’une personne si c’est pour qu’elle vous fasse du mal. Ces quelques musiques me révèlent que c’est un homme tendre certes mais après… Il y a Stephen aussi que je commence à apprécier. En espérant que ça ne soit pas la même personne. Quoi que j’hésite, ça ne me dérangerait pas au fond.

La frontière entre l’amour et la haine est si fine.

Je m’endors dans le noir avec mes soupçons et totalement perdue dans un rejet absolu des sentiments que ces deux hommes font naître au plus profond de moi.         

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