– Baisse ton pantalon !

Il est au bas d’un escalier et regarde sa compagne plantée quelques marches au-dessus de lui. Il s’apprêtait à monter dans la chambre pour se changer, au retour de sa journée de travail. Il l’a à peine vu ou entendu surgir du pallier pour lui intimer cet ordre. Son intonation inhabituelle l’a inopinément sorti de sa rêvasserie.

Il tient la veste de son costume à la main et, levant brusquement la tête, il la découvre vêtue d’une combinaison de dentelle noire, moulante, laissant entrevoir tous ses atours, ses seins, ses hanches, sa toison. A la taille, elle porte un harnais et telle une reine manipulant un sceptre, elle brandit un phallus en plastique.

Il balbutie quelques mots.

Il est sans voix.

– Baisse ton pantalon ! reprend-elle, sur un ton plus ferme encore.

 Il comprend. Elle met son projet à exécution.

Quelques mois plus tôt, elle l’avait initié à un plaisir nouveau. Elle l’avait d’abord convaincu de la laisser lui prodiguer une feuille de rose, ce terme qu’il trouvait plus poétique qu’« anulingus ». Il avait d’abord été gêné quand il avait senti sa bouche partir en exploration de son intimité qu’il avait toujours soigneusement évité de montrer et plus encore d’ouvrir à ses précédentes partenaires. Elle l’avait mis en confiance et en même temps intrigué par ce plaisir qu’elle relatait souvent dans l’indolence de leurs ébats achevés.

Ce jour-là, il s’était allongé sur le ventre et il avait d’abord été surpris par son souffle tiède qui s’était déployé entre ses fesses. Il s’était ensuite abandonné, attendant ces sensations nouvelles dont il s’était toujours privé. Il l’avait senti déposer quelques baisers sur son orifice puis il avait apprécié la visite de sa langue, parfois douce et caressante, parfois ferme et pénétrante. Le désir de se faire fouiller de la sorte l’avait envahi et la surprise s’était muée en plaisir.

Il lui avait fallu plusieurs mois encore pour franchir d’autres étapes du plaisir anal. Il avait d’abord souhaité qu’elle pénétrât son anus avec un jouet de forme oblongue dédié à cet effet, avant de la laisser y aventurer un puis deux doigts. A chaque fois, il avait éprouvé de nouvelles sensations, un nouveau bien-être et un beau jour, ces doigts qui creusaient en lui, avaient exhumé un plaisir profond et intense, facilement prolongeable et renouvelable. Après avoir ébranlé les remparts de ses réticences, ceux-là mêmes qu’il croyait inexpugnables, elle avait conquis sa prostate. Il s’était laissé parcourir par une onde de soubresauts, cette douce sensation de chaleur partie du bas ventre vers le haut du corps, ces fourmillements qu’il éprouvait sous le menton. Il était resté ainsi plusieurs minutes à trembloter, son corps et son esprit en proie à des réactions contradictoires, grelottant de plaisir alors même qu’une chaleur interne s’installait en lui, se délectant de ce plaisir qu’il avait jusqu’alors cru déviant.

Quelques semaines plus tard, ils avaient ensemble consulté un magazine qui vantait les mérites du « pegging ». Inverser les rôles, devenir celui qu’elle prendrait, qu’elle saisirait par la taille, qu’elle pénétrerait, qu’elle sodomiserait et plus sûrement qu’elle enculerait quand le plaisir des mots crus s’ajouterait au plaisir cérébral de la situation.

Devenir l’objet. L’objet qu’elle utiliserait par plaisir ou par fantasme.

Il l’avait observée quand elle s’était harnachée d’une ceinture prolongée d’un pénis de silicone. Il avait été pris d’un sentiment étrange d’excitation et peut-être de soumission quand elle l’avait lubrifié avant de pousser son mentule de plastique profondément en lui.

Dans ces jeux, elle avait rapidement compris qu’il s’abandonnait à elle et au plaisir qu’elle lui procurait. Ses coups de reins faisaient coulisser un membre viril en lui et il avait joui quand elle l’avait pris par les hanches, quand elle avait ajouté le verbal au cérébral :

– Tu es une petite salope ! lui avait-elle dit.

Ce mot n’avait aucune connotation humiliante entre eux. C’était leur façon d’extérioriser et de qualifier leur gourmandise réciproque. Loin de se fermer, gisant sur le ventre, totalement offert, il avait demandé qu’elle le reprît encore et encore avant que la fatigue ne lui fît demander grâce.

– Tu aimes la bite ! avait-elle poursuivi.

– Tu avais l’air d’une petite sainte nitouche quand je t’ai connu mais à présent, ton petit cul est un vrai hall de gare ! Et peut-être qu’un jour, quand tu rentreras du travail, tu me verras avec un gode-ceinture, je baisserai ton pantalon et je t’enculerai.

Sur ces mots, il s’était senti catapulté dans le plaisir.

– Tu vas baisser ton pantalon et tu vas te pencher en avant sur cette table !

Cette phrase résonne dans sa tête.

Il comprend que le jour est venu.

Il se tourne et aperçoit une table sur tréteaux sur laquelle elle a posé un flacon de lubrifiant et étendu une couverture épaisse. Elle a tout préparé.

Il ressent un sentiment étrange, mêlé de soumission, d’excitation et de désir.

Il déboucle sa ceinture et baisse légèrement le pantalon de son costume. Elle s’approche, l’étreint et entreprend de déboutonner sa chemise. Il reste interloqué.

La chemise jetée sur une chaise, elle le guide vers la table, le retourne, appuie sur sa nuque pour qu’il se penche.

Elle saisit alors son boxer et le descend d’un geste brusque sur ses talons.

Il sent un doigt contourner son orifice, l’enduisant de lubrifiant.

Elle lui écarte les fesses et de son pénis en silicone elle se fraie un chemin en lui, l’enfonçant d’abord doucement puis avec plus de ferveur.

– Je vais défoncer ton petit cul ! Te ramoner le conduit …

Il sent les va-et-vient, les coups de bassin qu’elle lui assène. Il se sent pris par les hanches, dominé, soumis. Il se laisse porter par un courant de plaisir. Il n’a aucun autre choix.

L’excitation le pousse à passer la main droite entre ses jambes à elle. De ses doigts il cherche l’ouverture que sa combinaison de dentelles laisse au niveau du sexe. Au toucher, il localise son sillon, doux comme un petit abricot.

Il y enfonce son majeur et — Ô surprise ! — il l’en ressort tout mouillé. Elle est humide d’excitation, trempée du plaisir qu’elle lui donne.

Cette découverte le transporte. Sa compagne partage son plaisir. Cette pensée crée en lui une tornade d’excitation.

Il s’essouffle sous ses gémissements de jouissance.

Alors qu’il exulte, elle se penche sur lui et lui glisse à l’oreille :

– Un jour – tu m’entends ? – ce n’est pas moi que tu trouveras prête à t’enculer en rentrant du boulot mais un homme avec le sexe érigé !

Il s’abandonne, lâche prise.  Les mots lui tournent la tête.

Il jouit…

Par Fabulice

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