Le séjour approche de son terme, dernière nuit avant le vol retour. Là se parcourt le trajet menant au dernier campement. Camille, notre héroïne, assise au dernier rang de ce bus safari, porte son regard sur ses camarades de ce voyage en Namibie, ces six hommes et ces trois autres femmes, tous dans la tranche d’âge 27-37 ans, elle en a 31. Certains somnolent, d’autres visionnent leurs photos. Elle se remémore ces derniers jours riches en émotions et en belles images figées en son esprit, ces animaux sauvages, ces paysages sublimes et variés, son saut en parachute, mais aussi son mec qu’elle vient de plaquer, trop casanier pour elle et infidèle sous le prétexte que, bien que physiquement très attirante, elle lui était sexuellement trop banale. La nostalgie s’incruste. Elle décide de se plonger dans la lecture, une façon de s’occuper l’esprit pour stopper cette pensée des vacances s’achevant. Ce livre n’est pas si anodin, La vie sexuelle de Catherine M., l’autobiographie de la sexualité libérée et à fortiori peu banale de Catherine Millet qu’elle lit d’une traite. Cette femme a raison se dit-elle. Pourquoi opprimer ses désirs ? Oserai-je les acter ?

Le bus arrive à destination. La tente, qu’elle partage avec Marion, montée, se ressent l’envie d’une douche pour se détendre de ce long trajet. Celles-ci quelque peu éparpillées se fondent discrètement dans la nature associant la roche brute à la main de l’homme leur donnant le confort nécessaire.

Camille s’approchant de la douche choisie aperçoit Sayane qui s’apprête à y entrer. Gentleman, et surtout peu innocemment aux petits soins d’elle pendant tout le séjour, il lui propose de prendre sa douche après elle. Laissant parler son instinct, suite à sa lecture et à l’aura sensuelle que dégage cet homme, elle lui répond : « Et si nous la prenions ensemble ? ». Pétillement dans les yeux de Sayane, il s’agissait mots pour mots de ce qu’il fantasmait entendre d’elle. « Après toi » furent ses mots, puis il l’accompagna et ferma la porte derrière eux.

Dos à lui, elle ressent ses mains sur ses épaules, massées, quelque peu, avec soin et délicatesse par-dessus son t-shirt. Elle sait alors intérieurement qu’elle ne regrettera pas son idée. Les mains descendent frôlant les bras, laissés sur toute leur longueur. Ce toucher est frissonnant, tout son être est sensibilisé, ses tétons s’expriment sous son soutien-gorge. Ces mains effleurent son ventre, qui s’anime de désir ; bouillonnant lorsque, d’une juste fermeté, elles pressent ce soutien-gorge et ce qu’il dissimule. Cette légère poitrine aux tétons joliment affirmés n’est plus dissimulée bien longtemps sous l’habileté et le désir de Sayane à en retirer ses vêtements. Elle est pleinement choyée. Il sait à merveille s’adapter aux réactions de Camille, son pincement des tétons est au plus juste de son affection et de sa sensibilité.

Le temps est de la mettre entièrement à nue. Camille est portée sur la roche plate servant de support à la vasque du lavabo, celle-ci est large et semble suffisamment confortable pour ne pas malmener l’évasion charnelle qui l’attend. Short en jean, lingerie, sandales retirés avec délicatesse par cet homme attentionné, qui lui positionne ensuite une serviette sous la tête. Allongée, nue devant lui, elle se sent à la fois apaisée et ivre de désir, une ivresse croissant au gré de baisers sur son pubis, prémices à la découverte de son intimité. Les lèvres de Sayane s’y posent. Un baiser gourmet et sa langue caresse ce clitoris gonflé d’excitation. Sayane est terriblement doué : variations de rythme, d’intensité, de sens en osmose avec la progression du plaisir de Camille. Elle en jouit, des spasmes se propagent dans tout son corps, ces muscles se contractent, sa respiration se suspend quelques secondes, elle plane, puis reprend ses esprits, moment où Sayane la pénètre avec passion. Qu’elle aime être ainsi pénétrée tendrement en cette phase de détente post-orgasmique, la position de ses jambes variant entre les épaules, le torse et les flancs de son amant. Elle se laisse bercée ainsi dans ce doux plaisir pendant quelques minutes avant de lui glisser : « Je veux que tu jouisses en ma bouche. »

Décidément, Camille lit en lui en cette fin de journée. Elle s’accroupit, lui offrant sa bouche, tout en se caressant le clitoris, alliant ainsi plaisir charnel à celui cérébral de l’attente de ces jets, très proches à en croire la perte de contrôle de ses mots. Effectivement ceux-ci s’y exprimèrent pleinement, surprenant quelque peu Camille de leur abondance, elle n’en est pas écœurée, au contraire, cela accroit son excitation, lui donnant l’envie d’un ébat où elle s’offrirait pleinement. Elle en a son idée pour réaliser cela. Là est le temps de retrouver la sensualité de deux corps s’enlaçant sous la douche. Le toucher de Sayane est angélique. Le toucher en retour est aussi exquis, son corps est sculpté et harmonieux, sa peau est douce.

Camille qui souhaite profiter une dernière fois d’un coucher de soleil en ces sublimes paysages namibiens met fin à ce moment complice, s’habille de ses vêtements pour le soir, embrasse brièvement son partenaire de douche et lui susurre :« On reste discret sur cet épisode. Il me fut tellement agréable que j’escompte bien que nous renouvellerons des instants de ce type en France, entre Franciliens cela devrait être assez facile ». Obtenant le consentement de Sayane, elle sort avec le sourire et file déposer ses affaires dans sa tente.

Retrouvant le reste du groupe, qui profite d’une piscine taillée dans la roche et chauffée au soleil, les plus courageux dans l’eau, les autres sur le bord, temps du premier apéritif, symbole de l’arrivée au camp, elle est intimement satisfaite de n’y trouver Clément. Il est probablement temporairement isolé à profiter en toute quiétude du coucher de soleil comme régulièrement au cours de ce séjour et elle pourrait donc aussi mener à bien le désir que l’abondante semence de Sayane en sa bouche à inspirer. Clément est par sa prestance un homme envers qui elle pourrait se livrer pleinement sans artifices. Effectivement, le groupe lui confirme que Clément est fidèle à cette habitude et lui précise vers où il est allé. Elle leur précise qu’elle va le rejoindre pour profiter aussi calmement de ce dernier coucher de soleil, surprenant quelque peu le groupe, hormis Marion, unique personne à être dans la confidence d’un commérage sous la tente où elle lui avait précisé que Clément était physiquement pleinement à son goût et qu’elle pensait avec certitude qu’il était adepte de mœurs assez libres et variés.

Elle le retrouve au bout de quelques minutes sur le versant d’une colline non perceptible de la piscine. Sur le trajet, elle s’était projeté les différentes approches qu’elle pourrait avoir et avait décidé d’oser être directe. Une projection qui d’emblée la fit couler de désir. Elle osa donc et à son niveau, lui dit : « J’ai envie de toi là pour rendre ce coucher de soleil encore plus mémorable ». Ces mots sont accompagnés de sa main agrippant l’entrejambe de son nouvel amant. L’effet de surprise vite estompé, Clément bande durement. Après l’ébat plutôt sensuel, elle veut celui-ci bien plus bestial. « Je veux que tu me baises comme jamais je ne l’ai été ». Elle se rapproche d’un rocher relativement plat, retire le bouton de son jean, mettant divinement en valeur son joli fessier. Il en devient envoûtant. Pantalon et lingerie sont baissés aux chevilles. S’agenouillant sur ce rocher, elle se cambre et aguiche Clément d’ondulations de son bassin joueusement maîtrisées, son intimité s’offrant en levrette.

Clément n’en reste pas insensible et identifie pleinement son attente. Ses mains agrippant fermement ces fesses offertes, son sexe turgescent d’excitation s’en approche, son gland frottant contre ces lèvres intimes s’y insère d’emblée. Leurs sexes parlent pour eux, ils se désirent fortement et cela dans un ébat vif et dynamique. Clément accélère rapidement le rythme de son bassin. Il se sent si bien en elle. Sa virilité satisfait pleinement Camille, qui en jouit, une première fois. Libérant sa main gauche de sa fesse, marquée, Clément empoigne la soignée chevelure noire de Camille, orientant son visage, légèrement sur la droite, face au soleil se couchant. Elle apprécie cette attention, même si le rythme percutant et endiablé de cet amant, l’empêche de s’y concentrer, il est joueur et ainsi talentueux, elle enchaîne les jouissances en une transe orgasmique. Il s’évade et éjacule sur ces fesses cambrées délicieusement galbées sans déborder sur sa chemise verte d’aventurière. Une fessée de remerciement, ils se rhabillent. Lui n’a qu’à replacer son sexe dans son boxer et fermer la braguette de son bermuda, elle retire sa lingerie, l’utilise pour s’essuyer de cette semence et la dissimule dans une des poches de son jean qu’elle renfile. Il reste là quelques minutes, elle rejoint les autres pour le second apéritif précurseur du dîner.

Soirée longue, festive et arrosée, mais la fatigue et le froid s’installant les protagonistes rejoignent leurs tentes respectives.

Chacune enveloppée dans son sac de couchage, Marion ose avouer à sa partenaire de tente, l’avoir surprise dans son ébat avec Clément. Elle en avait été captivée et n’avait pu s’empêcher d’en détourner le regard : « Cela était tellement excitant de vous regarder. Mais ce n’est pas tant vous voir baiser qui m’a excitée, mais plus ton corps se mouvant avec parcimonie, tes fesses indéniablement ainsi irrésistibles. Que je désirais les caresser, les embrasser, puis m’enlacer à toi ». Des mots tant appréciés par Camille qui lui répond : « Tes mains sont les bienvenues sur mon corps » avant de se rapprocher de Marion pour l’embrasser.

De la passion émane de ce premier et long baiser fougueux qui les mena à sortir de leurs sacs de couchage pour s’enlacer, l’une vêtue d’un débardeur et d’un shorty, l’autre d’une nuisette et d’un tanga. Vint l’hésitation de la suite à donner, toutes deux s’initiant là à leur première expérience saphique. Cette expérience en restera, cette nuit, à de tendres et passionnés baisers, à des caresses, certaines très intimes, livrant à chacune les zones érogènes de l’autre, Marion étant notamment en ce sens très réceptive des oreilles. L’heure est maintenant de se laisser aller rejoindre Morphée. Elles s’endorment, l’une contre l’autre, leurs sacs de couchage, par chance de même marque, associés ; cela juste après que Camille ait susurré à son attirante amie : « Je me dois aussi t’admettre que lorsque je t’ai vu, à Opuwo, dans cette piscine à débordement, ton bikini sobrement raffiné parfait allié de ton physique affiné, cette teinte du coucher de soleil sur ton corps descendant petit à petit dans l’eau, cela m’avait émoustillée : je ne pouvais que m’avouer avoir envie de toi ».

Toutes deux de Paris, une indéfectible complicité affective et charnelle se développera entre elles, Sayane en aura l’occasion de le découvrir. Le lendemain, les regards se croisent au petit déjeuner, les sourires s’échangent entre les amants de la veille, mais tout est tu. Il est l’heure du départ vers l’aéroport…

Par Ronan K. alias Koncupiscent,

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