6h00
Merde, le réveil….
6h15
Put***, le rappel….
Pas facile après la journée d’hier. Partir au travail après une journée de repos. De repos ? Mouais, je n’ai cessé de penser à cette visite chez le médecin. Je me demande même s’il ne s’agissait pas d’un rêve… Mais à en croire cette marque dans le cou… Oui, il s’est bien passé quelque chose de complètement invraisemblable…
C’est vrai que tout au long de la journée d’hier, je me suis posé beaucoup de questions. Des moments un peu fous, barrés où tout dérape, j’en ai connu quelques-uns plus jeune. Mais trouver une raison à celui-ci n’est pas évident. Alors certes, ce docteur O. était séduisante et complètement à mon goût ; mais rien n’explique le fait qu’elle fût réceptive à mon geste déplacé. Je ne suis pas un Apollon mais je pense avoir un certain charme. Mais quand même… Qu’est-ce qui a bien pu piquer cette jeune femme à réagir ainsi et à risquer sa carrière ? Voilà exactement ce qui a animé ma journée d’hier. Tourner en rond et chercher des réponses qui ne viennent pas. Repenser et revivre ces instants fugaces et délicieux. Je ne cache pas qu’hier soir, tard dans mon lit, ces pensées érotiques ont eu quelques effets sur mon afflux sanguin et que j’ai bien dû me masturber en visualisant le corps nu du docteur O. Quel plaisir… Quelle douceur… Je n’ai pas le souvenir d’avoir ressenti de telles émotions depuis très longtemps. Ma période de célibat me pèserait-elle ? Certainement pas. Entre telle ou telle fille dans mon répertoire, il me serait facile de passer quelques moments charnels. Et mon dernier rapport sexuel hormis celui d’hier ne remonte pas au mois dernier.

Je ne comprends pas pourquoi cette fille m’obsède. Oui, elle est mignonne. Oui, elle est coquine. Pourtant, j’en ai connu ainsi… Alors quoi ? La situation ? Peut-être. L’interdit ? Certainement. Je n’aime pas tergiverser. C’est du temps de perdu. Je devais en avoir le cœur net et revoir cette femme. Docteur O. Même pas un prénom. Même pas une adresse. Ah, si seulement elle avait pris le temps de me faire une ordonnance…. Et hors de question de remettre les pieds au cabinet cette semaine. J’aurais trop honte de croiser la secrétaire et pas le cran de caler à nouveau un rdv… Je ne vois qu’une solution. La retrouver. Mais pas dans son cadre professionnel. Je ne voudrais pas la mettre mal à l’aise… C’est décidé. Après le taf, je prendrai le taureau par les cornes et je mettrai les choses au clair.

17h30, l’heure de quitter le bureau.
Pas fâcher de laisser derrière moi cette longue journée de travail. En plus, ce fichu docteur O. a bien dû me donner une ou deux érections dans la journée à force de penser à elle… S’il n’y avait pas mon patron qui lorgnait toutes les dix secondes sur ce que l’on fait, ma main aurait certainement glissé dans mon boxer. Il faut que je me hâte. Je ne sais pas du tout à quelle heure termine le médecin mais si je veux avoir la chance de la croiser en sortant de son cabinet, je dois me dépêcher.
Quelques dizaines de minutes plus tard, je me retrouve face au cabinet, bien assis au volant de ma voiture, jetant un œil à cette porte qui ne serait tarder de s’ouvrir sur une jolie jeune femme. J’attends. Bêtement, j’attends. Je dois avoir l’air d’un flic en planque ou pire, d’un prédateur guettant sa proie… Mais au fur et à mesure que le temps passe, une dose d’excitation monte en moi. Et d’appréhension. Que vais-je lui dire ? Comment vais-je l’aborder ? Quelle sera sa réaction ? Autant de questions qui cessèrent à l’instant où la lourde porte du cabinet s’entrouvrit. Une longue chevelure, une tenue jupe-tailleur, une paire de lunettes de soleil vissée sur le nez. C’est elle ! Mon sang ne fait qu’un tour. Il faut agir vite pour ne pas la perdre et laisser échapper peut-être la seule occasion de clarifier la situation. Sans réfléchir, je quitte mon véhicule et commence à me diriger vers elle d’un pas rapide. C’est qu’elle prend de l’avance avec son allure vive et certaine. Je me hâte. Mais au fur et à mesure que les mètres qui nous séparent se réduisent comme peau de chagrin, une certaine angoisse me prend. Je tends le bras pour la retenir. Ma main s’approche de son épaule. Une boule au ventre, terrible. Elle va se retourner, me dévisager….me refouler. J’en suis sûr. Mes doigts ne sont plus qu’à quelques centimètres d’elle…. Je peux sentir son parfum. J’imagine déjà sa chevelure m’effleurer dans un mouvement rapide. Non, je ne peux vraiment pas… La peur est trop forte… La tentation aussi… Je suis fébrile, complètement. Je sens le tissu de son tailleur sur le bout de mes doigts. Flash violent de l’instant où mes mains l’ont déshabillée. Ne pas aller plus loin. Faire demi-tour. M’arrêter. Le temps s’arrête. Ma main sur elle. Je stoppe sa marche. La jeune femme, surprise, se retourne. L’instant est interminable, difficilement supportable. Dis quelque chose. Dis-moi quelque chose…
« Bonjour. »
Je n’ai rien trouvé de plus bête à lui dire…
« Bonjour. me répond-elle. Vous m’avez presque fait peur Monsieur T. »
Je retrouve ce sourire qui avait égayé ma matinée d’hier et hanté ma nuit. Je sens mon cœur qui bat à pleine vitesse. Vite, trouve quelque chose à dire sinon tu auras vraiment l’air con.
« Bonjour… »
Imbécile, tu viens de le dire…
« Excusez-moi, …je ne voulais pas vous surprendre docteur. Je…
– Oui ?
– Je passais dans le quartier et je vous ai vu quitter votre cabinet. J’ai hésité à vous interpeller mais je ne voulais pas vous déranger ou pire vous gêner. »
Elle rigole. Son rire est plein de vie. Mais son rire me déstabilise encore plus. Je dois devenir rouge écarlate. Mais pourquoi j’ai décidé de l’aborder comme cela…
« Je m’excuse d’engager la conversation ainsi. » Je prends mon courage à deux mains. « Je dois vous avouer que je ne passais pas vraiment par hasard ici. Je voulais vous revoir en fait…
– …Me revoir ?
– Oui. Comment dire. C’est plutôt embarrassant comme situation. Après ce qui s’est passé hier. Je ne sais pas trop quoi en penser et je voulais….
– …Il n’y a rien à penser Monsieur T. Je crois que nous nous sommes égarés entre adultes. C’était un acte consentent que nous n’aurions pas dû faire. Agréable mais irresponsable. »
Ses mots me cinglent comme une gifle. En seulement quelques secondes je me retrouve désarçonné avant même d’avoir pu nous expliquer. Comment rebondir sur ce que je pourrais assimiler à une porte qui me claque au nez…
«  Je suis d’accord avec vous Madame. Je voulais simplement échanger avec vous sur ce que nous avions fait. Non pas que je voudrais recommencer mais…. »
Tu t’égares mec. Je dirais même plus que tu fonces droit dans le mur avec ces paroles…
«… je m’exprime mal docteur. Vous me perturbez… »
Continue comme çà et tu recevras ta première gifle depuis longtemps….
«  …Je ne suis pas à l’aise avec ce que nous avons fait. Je ne sais pourquoi j’ai réagi de la sorte et encore moins pourquoi vous m’avez suivi. Je cherche juste à comprendre. Sans vous offusquer. Je suis conscient des risques que nous avons pris et tout d’abord je devrais peut-être m’excuser.
– Oui, vous devriez…. »
Ça y est, tu peux dire au revoir à toute explication et encore plus à tout espoir de la revoir…
«  Mais je ne vous le demanderai pas Monsieur. Effectivement, je dois vous avouer que j’ai honte de ce que j’ai fait. Et faire cela avec un patient dans le cadre professionnel me porte à de graves préjudices éthiques et moraux. Mais… »
Le Docteur O. marque un temps d’arrêt comme si elle voulait mesurer ses propos.
« …Mais je crois être dans le même cas que le vôtre. Je m’en veux d’avoir fauté de la sorte. Je vous assure que d’habitude je n’agis pas comme cela bien heureusement… »
Bien heureusement ! Cette remarque pertinente a le mérite de nous faire rire et de casser un peu la glace entre nous.
« Je me suis posé beaucoup de questions depuis cette consultation. » avoue-t- elle.
« J’ai bien tenté de me repasser le fil de l’histoire, je ne comprends pas qu’elle fut la raison de cet égarement.
– Effectivement, je peux vous assurer docteur que ce ne sont pas dans mes habitudes de dévier de la sorte lors de mes visites chez le médecin. Pour tout vous dire, le Docteur Martin n’est pas mon genre… »

Elle part en fou rire. Je marque des points. La discussion reprend, entremêlées d’excuses mutuelles et de sourires brefs. Le stress a cédé sa place à quelques picotements au ventre. La discussion bien mal engagée est désormais sur un fil tendu entre respect cordial sans suite et douce envie de se retrouver. Nous évoquons des banalités, laissant de côté l’épisode érotique d’hier. Mais elle ne coupe pas court à la discussion. Elle semble même intéressée par ma personne et réponds facilement à mes questions.
« Ophélie, je m’appelle Ophélie. Ce sera plus agréable que Docteur vous en conviendrez.
Cela lui va bien. Bizarrement je ne m’attendais pas à autre chose. Une douce sonorité qui résonne dans ma tête.
« Thomas, vous pouvez m’appelez Thomas. C’est mon prénom… »
Réponse vraiment bête… Ça y est, elle doit me prendre pour l’imbécile de service. Je réagis toujours ainsi lorsque je suis intimidé. Intimidé, oui c’est bien le cas. Mine de rien, ce médecin, Ophélie, est séduisante à souhait. Ces petites manières de remettre ses cheveux en place à chaque fois qu’elle me répond, ce sourire récurrent, ce regard pétillant, tout me charme. Elle me dit qu’elle doit filer pour ne pas louper son bus. Madame ne conduit pas ? Je compte la laisser partir, mais je n’ose lui proposer une seconde visite, non médicale celle-ci et plus cordiale… C’est elle qui prend les devants. Demain ? Fin d’après-midi ? C’est parfait pour moi. Nous nous retrouverons au même endroit…

Le lendemain, milieu d’après-midi, au bureau… Les heures passent et se ressemblent toutes. Même tâches, même paperasse. Toujours le même ennui. Pas facile. Heureusement que j’ai le meilleur des remèdes pour passer le temps. Ophélie. Ce simple prénom est mon leitmotiv pour traverser cette longue journée avec pour point d’orgue, ce rendez-vous. A peine le temps de repasser à la maison, prendre une douche, sortir ma plus belle chemise, un pantalon qui me met bien en évidence. Bref, mettre toutes les chances de mon côté. J’ai l’impression de retourner quinze ans en arrière sur les bancs du lycée où le moindre flirt me mettait en émoi. Où chaque rendez-vous avec une fille était l’occasion du siècle de perdre sa virginité. Quinze ans plus tard, je remets le couvert et éprouve la même sensation d’appréhension. Un stress positif. Plus que quelques dizaines de minutes et je pourrai quitter ces locaux infâmes où la seule échappatoire est une merveilleuse jeune femme pleine de mystère. Je ne saurais la saisir, la comprendre. Tantôt elle m’a laissé voir une femme libre et décomplexée, tantôt j’ai ressenti une personne sur la réserve, timide voire même gênée. J’espère que ce rendez-vous, quel qu’en soit l’issue, me permettra de mieux l’appréhender. Et secrètement, j’espère que nous concrétiserons à nouveau. Mais il sera compliqué d’avoir une situation plus excitante que la dernière fois. On verra… Je ne préfère pas planifier et vraiment laisser libre cours au feeling. Si feeling, il y aura…. Docteur Ophélie m’a l’air d’être une femme tout à fait imprévisible. Je pars. Je m’échappe au volant, direction chez moi. Je fais dérouler ma meilleure playlist musicale. J’adore me perdre dans mes pensées en conduisant sur des musiques qui me laisse songeur. Faire attention quand même. Ce serait vraiment dommage de louper une telle occasion pour  une erreur de conduite…

Me voilà rentré, changé, tout beau, tout frais. Prêt à en découdre avec le prix Nobel de médecine sexuelle. Nouvelle thérapie expérimentale dont j’ai été l’heureux cobaye. De nouveau sur la route. Mes pensées se font plus précises. Du souvenir érotique j’alterne avec l’envie d’elle à nouveau. Céder sous ses caresses, toucher sa sensibilité, sentir l’excitant parfum de son sexe. L’humide saveur de sa bouche revient en moi telle une sensation fantôme qui me tarde vraiment de retrouver. Me voilà de nouveau en érection… Pauvre de moi, il ne faudrait pas que je me présente face à elle ainsi… Gardons l’esprit clair. Voilà la place du cabinet médical. Je ne l’aperçois pas encore. Comment sera-t- elle habillée ? Parmi les quelques passants présents, aucune silhouette ne me rappelle celle d’Ophélie. Je me gare non loin du cabinet. Je me dirige vers l’un des bancs jouxtant le parking. La place n’est pas très bondée. Quelques lycéens traînent à la sortie des cours. Plusieurs femmes passent, pressées. Mais toujours pas d’Ophélie. Posé sur mon banc, je me mets à patienter. Quelques minutes de retard, pas de quoi s’inquiéter. Mon regard flâne à droite, à gauche. Je ne veux pas paraître impatient et être celui qui scrute de tous les côtés. Voilà presque dix minutes que la belle aurait dû se montrer. Aurait-elle changé d’avis ? C’est plausible. Je me fixe encore dix minutes de plus avant d’être résigner. Je suis dans mes pensées lorsque j’entends des bruits de talon juste derrière moi. Je n’ai même pas le temps de me retourner que j’entends une voix familière qui me ramène à la réalité.

« Thomas ? Bonsoir…. »
C’est bien Ophélie. Je retrouve ma quiétude et me lève pour aller à sa rencontre. Très élégante dans sa petite veste cintrée, ouverte sur un chemisier colorée, elle porte également une petite jupe. Aujourd’hui sans lunettes, son sourire radieux illumine son visage. Ses petits yeux pétillants aiguisent toujours mon attention.
« Bonsoir Ophélie, comment allez-vous ? » lui demandant tout en posant ma main sur l’épaule pour lui faire la bise.
« Bien, merci. Excusez-moi pour ce léger retard. J’espère que je ne vous ai pas trop fait attendre. Et vous, comment allez-vous ? Mieux que lors de votre visite ? » me glisse-t- elle avec une pointe d’humour. Cette petite pique ironique me fait sourire. Décidément, cette femme ne manque pas d’aplomb. Après quelques échanges d’usage, je lui propose d’aller boire un verre dans un café lounge et cosy situé non loin d’ici. Nous marchons côte à côte en discutant brièvement de notre journée. Elle m’explique que sa mission de remplacement s’est achevée aujourd’hui. Dès demain, elle part prendre le poste d’un médecin en congé maternité dans une autre ville. J’imagine que c’est donc la dernière occasion pour passer du temps avec elle. Elle me confie avoir particulièrement apprécié le séjour ici. Serais-ce en lien avec notre petite aventure ? Nous arrivons. L’après-midi touche à sa fin et le soleil commence déjà à décliner derrière les immeubles. Nous poussons la porte et repérons de suite une table vide entourée de banquettes confortables. Les lumières tamisées et l’ambiance art déco du lieu lui plaisent beaucoup. J’apprécie également cet endroit pour son côté discret et chaleureux. Nous nous asseyons face à face. Mojito sans alcool pour madame, pinacolada pour moi. La taille petite de la table rend notre discussion intimiste. Nos visages ne sont pas si éloignés que çà. Quand nous ne tenons pas nos cocktails, nos mains posées pourraient presque s’effleurer… La discussion est très agréable, légère mais intéressante. Ophélie me semble être une personne cultivée et passionnée. Deux points pour elle. Je me prends à soutenir son regard. J’avoue que ce n’est pas évident car elle aussi semble vouloir jouer le jeu. J’adore jouer… Nous ne revenons pas sur ce qui s’est passé entre nous l’avant-veille mais nous ne l’ignorons pas. Ce souvenir mutuel, presque tabou, a le mérite d’alimenter secrètement notre désir l’un envers l’autre. Du moins de mon côté. Je peux me tromper, mais Ophélie ne me paraît pas indifférente à cette situation excitante, où rien ne se dit mais tout se pense. Au fil de la conversation, certaines de mes pensées se font plus grivoises, plus coquines… Je me risque même à égarer mon regard en direction de son décolleté. Le début de sa poitrine se laisse facilement apercevoir. Ses bons seins si sensibles…

Voilà un souvenir qui me plait… Cette image amène d’autres souvenirs tout aussi indiscrets sur son anatomie. Anatomie des plus agréables par ailleurs… Je me surprends à lui sourire de plus en plus souvent. Sourires auxquelles elle répond par quelques manières de fille intimidée… Ah oui ? Je l’intimide… Intéressant. Voyons voir ce qui pourrait davantage la perturber. Nous sommes à présent clairement dans le jeu de la séduction. Sinon pourquoi avoir proposée ce rendez-vous. Sa main posée sur la table, j’en profite pour poser la mienne tout près d’elle. D’abord une caresse, timide, du bout des doigts sur le dos de sa main… Elle sourit… Elle rougit… Mais ne retire pas sa main. Ma douce caresse effleure ses doigts… Nous nous taisons… Les yeux dans les yeux, sourires respectifs… Ophélie me surprend en retournant sa main et prenant part à cette étreinte manuelle. Ce contact à fleur de peau déclenche en moi un frisson que j’ai déjà connu en sa présence. Nos regards ne tombent pas. Je ne veux pas perdre. Elle non plus… Je découvre Ophélie très joueuse. Ce n’est vraiment pas pour me déplaire. Je tombe de plus en plus sous le charme de cette femme que je ne connais à peine pourtant. Elle en joue. Nouveau frisson… Je sens son pied qui touche ma jambe. Elle a ôté sa chaussure. Ses orteils glissent sur mon jean jusqu’à mes chevilles…Puis remontent au-delà du genou. Bien au-delà… Et viennent s’arrêter à quelques échancrures de mes parties. Ses caresses sont appuyées sur l’intérieur de mes cuisses… Je suis complètement déstabilisé. Je ne m’y attendais pas le moins du monde. Vraiment surprenante. Alors que je la sentais sur la réserve c’est elle qui prend les devants. Notre échange verbal est devenu gestuel. Nous ne nous sommes pas quittés du regard depuis quelques secondes, depuis quelques minutes. De nouveau avec elle je perds la notion du temps. Tout semble s’arrêter pour nous laisser profiter de l’instant présent. Je lui envoie un signe clair. Mes doigts passent dans le creux de sa main, signe que je la désire… Elle sourit. Je prends cette manifestation pour une réponse positive. J’ai très envie de l’embrasser, là, maintenant, à pleine bouche et aux yeux de tout le monde. Je me penche alors vers elle par-dessus la table, tenant sa main. Toujours en la fixant du regard, elle comprend que je veux l’embrasser. Mes lèvres se rapprochent des siennes. Elle ne recule pas. Mais…Mais je suis joueur, et je désire attiser en elle une envie qu’elle ne pourrait pas contrôler. Alors je vais la chercher, la provoquer….
A l’instant où ma bouche va à la rencontre de la sienne, je m’arrête. Mes doigts griffent légèrement son avant-bras. Elle frémit. Je viens frôler sa lèvre inférieure comme si j’allais la dévorer. Puis non. Je me recule toujours en lui souriant droit dans les yeux… Un nouveau sourire se manifeste. L’effet fonctionne. Maintenant, c’est elle qui est perturbée. Je ne veux pas en rester là. J’aime cet instant où l’emprise de l’un sur l’autre bascule. Je reprends l’ascendant sur elle bien qu’elle aussi exerce sur moi un pouvoir que je ne saurais décrire. Dans cette situation, finalement, seul le désir est maître à bord. Un désir inexplicable… et inexorable. Identique à celui éprouvé quelques jours plutôt dans ce cabinet médical. Je commence à comprendre les raisons de nos égarements. Simplement, nous sommes attirés l’un envers l’autre. De manière électrique, viscérale. Sans aucune mesure des conventions morales. Nous ne nous connaissons pas mais nos corps sont des aimants. Inflexibles. Nos regards en disent plus que nos paroles. Je veux l’emmener très loin sur le chemin du désir. Je veux attiser le feu qui doit brûler en elle… Je décide de franchir un pas vers l’excitation hors de contrôle… Je me lève de la banquette et viens lui chuchoter dans l’oreille : « Suis-moi » Je la prends par la main et elle se lève à ma suite. Je me dirige en direction des toilettes. Un petit corridor nous y mène à l’abri des regards de la salle principale. Sans accéder à la pièce réservée aux dames, je stoppe notre marche et me retourne vers elle. J’imagine qu’elle se demande ce qui va lui arriver… Toujours tenant sa main, je la plaque en douceur contre le mur du couloir, mes mains tenant à présent les siennes dans son dos… J’avance de manière décidée mon visage contre le sien et sans qu’elle ne s’y attende, je glisse ma langue dans sa bouche. Ophélie est surprise de cette soudaine entremise chaude et délicieuse. Mon corps est collé contre le sien. Les mains liées dans le dos, elle ne peut se dégager de mon étreinte. Mais Ophélie n’en a pas envie. Elle se prête à cet échange voluptueux en tournant sa langue autour de la mienne. J’aimerais que quelqu’un nous surprenne dans ce petit espace qui nous relie au monde réel… Sentir un regard sur notre baiser. Sentir Ophélie gênée… ou encore plus excitée.

Les secondes s’égrènent. Nos langues jouant l’une avec l’autre. Notre salive se mélangeant. Elle doit sentir là, tout bas, contre son ventre, mon excitation gonflée par l’excitation de ce baiser inattendu et fougueux. Je relâche la pression sur elle. Alors que ma bouche quitte la sienne, elle pose un regard sur moi qui en dit long. Je vois dans ses yeux qu’elle m’est toute dévouée. A nouveau, cette barrière cordiale entre deux personnes a été franchie et le retour en arrière est impossible, interdit… Au contraire, elle souhaiterait aller plus loin. Son désir pour moi, réciproque, la dévore. Elle en veut encore, elle en veut plus. Mais non. Je veux jouer avec Ophélie jusqu’au bout. Je veux qu’elle devienne incontrôlable. Je veux qu’elle se jette sur moi. Après avoir réglé la note, nous nous dirigeons vers la sortie du café, main dans la main. Dehors, le soleil d’été a laissé la place à une pénombre seulement ravivée par l’éclairage public. Il fait doux. Nous ne sommes encore que début juin mais la douceur printanière nous envahit. Sensation de bien-être qui nous englobe, nous submerge. Plus très sûr que la température extérieure soit pour quelque incidence dans ce sentiment agréable… Nous marchons dans les rues du centre-ville sans vraiment savoir où nous diriger. Peu importe, l’instant est plaisant. Nous profitons. Ophélie est serrée contre moi, ne lâchant pas ma main. J’aime cette tendresse adolescente. Mon cœur bat fort… De temps à autres, elle bascule sa tête sur mon épaule. Son parfum délicat envoûte mon esprit. L’instant est magique. Nous progressons sans mots dire. Je n’en oublie pas pourtant mon plan. Rendre Ophélie si désireuse qu’elle ne serait se contenir vis-à- vis de moi… Les passants se font moins nombreux. J’ai passé mon bras autour de sa taille. Ma main vagabonde sur sa chute de rein. Mes doigts s’égarant parfois au-delà de la naissance de ses fesses. Je les caresse en les malaxant. Je repère à quelques mètres une porte cochère. Un renfoncement juste assez prononcé pour ce que j’ai en tête. Alors que nous passons devant cet endroit, je la dirige dans la pénombre de la porte. Tout comme à l’intérieur du café, mes lèvres viennent à sa rencontre. Mon corps collé contre le sien, cette nouvelle étreinte se veut davantage… caliente. Elle se laisse faire. Cette fois, j’agrippe à pleine main l’une de ses fesses. Mon autre main remonte le long de ses côtes pour s’échouer aux portes de sa poitrine. Notre baiser est véritablement fougueux. Ophélie semble aimer ce vif instant de virilité.

A tout instant une personne peut arriver du coin de la ruelle et tomber sur nous. La promiscuité de cette porte cochère et la pénombre urbaine laissent deviner cependant deux personnes très proches s’adonnant à quelques câlins non dissimulés. La peur ou plutôt le risque de se faire surprendre rajoute à notre dose d’excitation. Nos langues glissent plus loin dans nos bouches respectives. Mes doigts pénètrent plus profondément dans sa chair. Son sein est enveloppé par mes doigts à travers le tissu de son chemisier. Ma bouche quitte sa langue pour se diriger dans le creux de son cou. Mes lèvres aspirent voluptueusement sa peau afin de lui laisser la trace de mon désir. Ophélie est perturbée… complètement perturbée… Je le ressens à ses légers mouvements de bassin qu’elle exerce contre mon entrejambe… Son souffle s’accélère. Je croirais presque sentir son cœur battre contre la paume de ma main. Je veux investiguer plus et augmenter encore son excitation. Ma main qui était auparavant sur ses fesses contourne sa taille et disparait sous sa jupe. Sous mes doigts, je distingue un petit bout de tissu plein de dentelle. Intéressant… Mes doigts agiles détournent cette barrière, humide, et touchent alors ses lèvres… Pas de signe de recul de la part d’Ophélie. La belle semble apprécier malgré le danger d’être vu… Je la doigte à présent. Une main sur son sein, ma langue de retour dans sa bouche, mon index l’a pénètre. Son sexe chaud et mouillé m’accueille avec plaisir et gémissements. Son vagin est très doux au toucher. Mes caresses intimes, d’abord tendres et bienveillantes, se font plus profondes et insistantes. Je recule mon visage pour mieux apprécier les réactions d’Ophélie. Celle-ci, les yeux fermés, se mordant les lèvres, gémit. J’imagine déjà la tête du voisin d’en face attiré par ces bruits curieux… Peut-être qu’il nous observe déjà par la fenêtre… Alors qu’Ophélie devient très humide sous le coup de mes doigts, je décide de me retirer. La frustrer ? Non. Simplement remettre à plus tard le grand feu d’artifice.

Ses yeux me dévorent. J’imagine le feu qui brûle en elle, là, au niveau de son sexe, partout dans son corps. Je l’attire. Ophélie est devenue une petite chatte qui convoite à se faire croquer… Ce sera le cas. Mais pas tout de suite… Mine de rien, nous avons bien marché et au final, nous nous retrouvons pas très loin de ma voiture. En bon gentleman, je me propose de la raccompagner chez elle. Proposition qu’elle accepte en me répondant d’un sourire dont elle a le secret. Son appartement se situe à quelques kilomètres de là. Ceintures bouclées, moteur démarré, je m’engage sur le boulevard. Je n’aime pas cette distance entre nous créée par la configuration du véhicule. J’aimerais la sentir contre moi. J’aimerais pouvoir la toucher. Maintenir son excitation. Ma main quitte innocemment le volant et vient caresser sa cuisse. Elle frissonne lorsque mes doigts griffent sa peau tout en remontant vers sa jupe. Ophélie est dans le même état que moi. Impatiente d’en découdre avec son patient, de nouveau. La jeune femme réservée que j’ai pu rencontrer est loin. Désormais, c’est bien une petite chatte brûlante, sortant ses griffes, et ne désirant qu’une chose, se frotter au vilain matou coquin que je suis… Mais que fait-elle ? Lit-elle dans mes pensées ? Décidément, elle sait me surprendre. D’une main experte elle déboutonne mon jean et sors ma verge coincée entre ses doigts. En un instant, elle se penche vers mon bas ventre et aussitôt une sensation chaude et humide entoure mon sexe … Ces petits coups de langue ne trompent pas. Ophélie a décidé de me gâter au volant. Je ne distingue pas son visage mais sa chevelure s’agite sous moi. Garde ton calme, reste concentré sur la route… Difficile quand une bouche exquise adresse mille attentions à votre sexe. Ces mouvements de langue font durcir mon pénis en un rien de temps. Mon érection est fulgurante. Ces petits va-et- vient sur mon gland me font gémir. Rester de marbre dans cette situation à laquelle je ne m’attendais pas n’est pas rien… Nous arrivons à un feu rouge et me place pour tourner sur la gauche direction quartier Monplaisir… Porte bien son nom celui-là ! Une voiture s’arrête à ma hauteur sur la voie de droite, un jeune couple au volant. Machinalement nos regards se croisent. Si seulement ils savaient ce qu’il se passe… La lumière diffuse du feu sur le dos d’Ophélie dans l’habitacle leur permet de distinguer ce qui se trame sur ma queue… L’homme fait signe à sa compagne de regarder. Je pense qu’ils ont compris à leurs sourires. Le mien est plutôt crispé… Il faut dire que ce diable de docteur a plus d’un talent caché. Sa petite gâterie est sacrément efficace. Je ne sais pas comment j’arrive à me contrôler pour ne pas jouir dans sa bouche… Feu vert… pas pour l’éjaculation bien sûr… Nous laissons nos petits voyeurs et nous nous engageons sur l’avenue adjacente.

Par Lesles71
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Nouvelle d’un libertin: Prescriptions sentimentales (Partie 1)

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