Par Racinecarree

Il lui avait promis une soirée qu’elle garderait longtemps en mémoire. Alors elle avait accepté cette invitation chez lui avec empressement.

Mais quand il posa le bandeau sur ses yeux doux, elle se demanda si elle avait bien fait d’accepter.

Bien sûr, elle lui fait confiance. Bien sûr, elle sait qu’il ne fera rien qui lui déplaise. Mais elle sait aussi qu’il a une imagination parfois débordante. Perverse diraient certains. Alors qu’il serrait le bandeau autour de sa tête en faisant attention de ne pas lui tirer les cheveux, elle se dit qu’elle avait bien fait de venir malgré l’appréhension

Il la fit s’asseoir sur le fauteuil. Les bras sur les accoudoirs, elle l’entendit sortir du salon. Il se passa quelques minutes avant qu’elle l’entende revenir. Elle sentit son parfum lorsqu’il s’approcha d’elle pour lui dire qu’il allait s’occuper d’elle comme jamais.

Dans sa nudité elle frémit à ses mots. Ils avaient un pouvoir quasi hypnotique sur elle. Elle le sait. Et il le sait aussi.

Alors qu’il lui chuchote des mots à la fois tendres et excitants à l’oreille, elle sent ses mains se plaquer sur elle. Huilées, chaudes, caressantes. Elle l’imagine souriant. Elle s’abandonne rapidement aux caresses. Le bandeau qu’elle a sur les yeux ne la gêne plus. Elle aurait fermé les yeux de toute façon pour profiter encore plus de ces mains agiles qui la parcourent.

Elle se sent happée par le désir. Désir de ses doigts, de sa bouche de sa peau. Elle réclame. Alors il lui rappelle que ce soir c’est lui qui décide quand et comment.

Elle soupire d’aisance, de bien-être.

Il se tait.

Les caresses reprennent à l’intérieur des cuisses qui s’écartent lentement dans un mouvement autonome. Elle tend son bassin vers l’avant du fauteuil offrant son intimité de façon indécente. Elle a maintenant très envie. Elle sait qu’elle ne maîtrise plus son envie. Elle ne maîtrise pas non plus la façon dont il la caresse. Elle se laisse faire. Elle sent l’ivresse du plaisir remonter de son ventre jusque sur ses joues. Elle a chaud.

Elle sent enfin la langue qu’elle attendait. Juste là, à l’intérieur de la cuisse. Cette langue qui remonte lentement, très lentement, presque trop lentement. Elle tremble de désir quand enfin ses lèvres humides délivrent leur nectar dans la bouche salvatrice. Elle écarte les cuisses encore un peu plus, se retenant aux accoudoirs pour ne pas basculer complètement. Elle gémit tandis que cette bouche s’applique à lui procurer un plaisir comme elle l’a rarement fait. Si elle avait pu encore réfléchir, elle aurait compris qu’il n’avait pas exagéré en lui promettant une soirée différente. Mais elle ne réfléchissait plus. Emportée par le désir, elle n’était plus que plaisir.

Son sexe gonflé et ouvert fut à nouveau libre. L’air ambiant lui sembla froid tellement son corps était chaud, tellement le plaisir était grand. Il lui murmura à l’oreille de se lever, de se retourner, de poser ses mains sur les accoudoirs et de se pencher en avant. Elle s’exécuta, tremblante. Elle avait envie qu’il la prenne. Elle se sentait ruisselante. Elle avait rarement eu envie comme ça. L’effet du bandeau sans doute.

Quand il jugea la position satisfaisante, il arrêta de lui caresser la nuque et se déplaça. Elle attendait. Elle l’imaginait, la regardant totalement offerte, ouverte. Elle aurait aimé le voir, sa virilité fièrement dressée, la reluquant, l’œil quelque peu lubrique. Elle aimait cette lueur de lubricité dans son regard. Ce regard qui lui disait « J’ai terriblement envie de toi ». Mais ce soir, elle ne le voyait pas.

Quand elle sentit les mains se poser à nouveau sur ses hanches, elle fut parcourue d’un frisson. Juste après les mains, elle retrouva le contact de la bouche qui l’avait tant excitée. La langue furtive et curieuse se faufilait partout, laissant des traces de plaisir sur son passage.

Les doigts se mirent de la partie. Elle avait les jambes qui tremblaient. Elle voulait lui crier « Baise moi » mais elle se rappela qui dirigeait ce soir.

L’effet des doigts, conjugué à celui de la langue, eut raison de sa volonté de faire durer le plaisir.  Dans un râle, elle jouit avec une intensité qu’elle avait rarement connue. Sous l’effet du plaisir, ses genoux fléchirent. Elle s’effondra dans le fauteuil en tremblant, emportée par un tourbillon de plaisir.

Reprenant son souffle, elle l’entendit dire:

« Merci Monsieur l’inconnu. Vous avez été parfait. »

Arrachant son bandeau, elle eut juste le temps d’apercevoir le dos de l’homme qui se faisait raccompagner. Souriante, elle se dit qu’en effet, elle se souviendrait longtemps de cette soirée.

 

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