Chapitre 1

Après quelques jours, je finis par recevoir un appel de Laure. Je ne voulais pas qu’elle me parle de ses vacances. Tout cela m’ennuyait en général. Les gens ont besoin de raconter leur vie comme pour justifier leur ennui, d’y mettre du piquant. Une belle plage ne m’a jamais fait rêvé, encore moins celle des autres. Je voulais qu’elle aille à l’essentiel, sans détour.

– Tu vas bien ? T’as une drôle de voix, me dit-elle.
– Oui, oui, rien de spécial, le boulot. Alors tu as fait des rencontres, demandai-je aussitôt.
– Pfff, y a que ça qui t’intéresse, le reste tu t’en fous ?
– Un peu oui. Et puis, on n’a pas beaucoup de temps. Alors, t’as trouvé un mec?
 Oui
– Et bah, tu n’as pas perdu de temps. Et tu as eu du plaisir ?
– Beaucoup.

J‘eus alors envie de la retrouver sur le champ, peut-être pour lui faire l’amour sans égard. Car qui sait, si au fond de cette curiosité masochiste, je n’espérais trouver sur son corps, les stigmates de ses aventures physiques.

– Ça te fait quoi, me demanda-t-elle comme étonnée.
– Je ne sais pas mais ça m’excite un peu. Tu m’appelles d’où là ?
– De chez Carla.
– Elle est au courant?
– Tu sais elle est très ouverte. Je lui ai dit que c’est toi qui m’avais poussé à avoir des aventures. Ça l’a beaucoup fait rire, elle m’a dit que c’était bien ton genre.
– Bien mon genre ? Tu n’es pas tombée amoureuse quand-même ?

Elle eut un soupir d’agacement et mit du temps à répondre.

– Je ne sais pas. Peu importe, je suis avec toi.
– A ce point ?
– Non, rien, mais que veux-tu ? Je ne suis pas une machine, il y a forcément des sentiments. Bon je te laisse, je me connecte dans un quart d’heure. 
– D’accord, mais tu m’inquiètes un peu dis-je, l’air soudain abattu. Ça va quand-même, tu as hâte de me retrouver ?
– Oui. Oui. Ça va.
 Tu n’as pas répondu à ma question, insistai-je.
Écoute, je ne sais pas, si tu veux la vérité, ça me fait du bien d’être sans toi. Bon, je raccroche, ça va lui coûter cher. Je me connecte vite OK ?
– Tu dois le retrouver ce soir ?
 Qui ça ?
– Le type en question…
– Mais de qui tu parles ?

Elle souffla encore dans le combiné.

– Arrête tout de suite, reprit-elle, tu ne sais rien. On en reparle, je te laisse. Je t’embrasse, ciao.

Elle raccrocha brusquement. 

– Allo, allo, t’es là ? Allo ? Merde, putain de garce.

J’attendis désespérément un signe toute la soirée devant l’ordinateur. Je tentai vainement de la joindre sur le téléphone de Carla. Je savais qu’elle avait reçu la consigne de ne pas répondre. J’étais seul, pris à mon propre piège, maître de rien. Un pervers raté, humilié. Elle prenait du plaisir sans moi et me jetait à la figure, en échange, son bonheur libertin, dans un silence coupable. Deux jours passèrent sans un mail, puis un soir, elle se connecta finalement sur skype. Je sautai sur l’occasion pour l’appeler.

Elle mit quelques temps à répondre, comme si elle était accaparée par d’autres personnes. 

– Allo c’est toi ?
– Oui, salut, répondit-elle sèchement.
– Tu vas bien ? Alors tu vois quand on cherche un peu, on trouve toujours une connexion internet.

Il y eut un court silence, puis :

– Pas tellement. Je réponds à ta première question.

A nouveau le silence.

– Excuse-moi pour l’autre soir, ajouta-t-elle soudain moins agressive.

Ces quelques mots me rassurèrent. Elle n’était donc pas si bien, loin de moi.

– Désolé aussi, je n’ai pas été gentil, dis-je en retour.
– Il faut que tu comprennes que je ne suis amoureuse de personne et que je pense à toi.
– Je t’aime tu sais.
– Merci, répondis-je touché par cette confession.
– Si je fais tout cela, c’est pour toi.
– Tu me prends un peu pour un con, non ?
– Pfff, arrête ou je me déconnecte.
– S’il te plait, c’est de l’humour.
– Tu m’accompagnes partout. Tu es bien là, ajouta-t-elle presque par dépit.
– Vas-y, raconte-moi, lui dis-je en me caressant légèrement.
– La première fois, c’était à Bogota, le soir où je suis arrivée, avec un collègue de Carla qui était venu dîner avec nous. Au début, je ne lui ai rien trouvé de spécial. C’était un mec pas mal, brun, assez grand, mais sans plus. On ne peut pas dire qu’il était très entreprenant non plus. Un type assez sain, tu vois, pas du genre à draguer la première venue. Mais j’ai quand-même senti pendant le repas, qu’il me regardait avec insistance. Au début, j’ai cru que c’était l’effet de l’alcool.
– Le mec te regardait ?
– Oui, de plus en plus intensément. J’avais mis le petit haut que tu m’as offert et qui me va pas mal je crois. Tu sais, le noir assez long, qui serre un peu mes seins devant, légèrement échancré dans le dos.
– Oui, je vois très bien.
– Et je portais mon pantalon serré noir. Malheureusement, quand je me baisse, on voit mon cul.
– Oui, il te va bien.
– J’avais mis un string couleur chair, avec des ficelles très fines. En fait, je m’étais habillée pour toi.
– Hum, vas-y continue…
– Un moment, il y a un autre copain de Carla qui est arrivé. Le mec était plus beau que le premier, mais je savais qu’elle voulait se le faire, alors je ne l’ai même pas regardé. Alberto, c’est comme ça qu’il s’appelait, s’est alors rapproché de moi et n’a plus arrêté de me parler. C’est là que j’ai compris qu’il allait se passer quelque chose. Carla a fini par emballer l’autre mec. On était passé à la Vodka, et j’ai senti que tout basculait. J’étais un peu gênée car les deux autres s’embrassaient devant nous. Tout cela était très adolescent. Et sans doute mal à l’aise, Alberto s’est mis à me parler de ses vacances en France et de ses expériences négatives sur les parisiens. C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je prenne les affaires en main car sinon, j’allais me retrouver toute la soirée à écouter ses poncifs. Je voyais bien qu’il lorgnait dans mon bustier, je sentais que je lui plaisais, je l’ai embrassé. C’était très sensuel. Ensuite, tout est allé très vite. Carla est partie dans sa chambre avec son mec, et Alberto a glissé une main dans mon petit haut. J’étais très excitée et je me suis mise à le masser simultanément sur son pantalon. Tu es toujours là ?
– Oui, je suis toujours là, continue, je t’écoute.
– Tu n’es pas jaloux ?
– Absolument pas, continue.
– J’ai touché son sexe et je me suis rendu compte qu’il n’était pas vraiment dans la moyenne.
– A ce point ?  Mais tu n’arrêtes pas de tomber sur des sauvages toi ?
– Arrête de te foutre de moi. Je n’y peux rien, je dois les attirer, et je ne l’ai pas mesurée, mais sa queue était longue et fine. J’étais d’autant plus surprise qu’il n’en avait pas le physique. Ça me faisait même un peu rire au fond de moi. Alors qu’il continuait à m’embrasser de manière extrêmement sensuelle, je me suis mise à le masturber très délicatement. Ça a duré plusieurs minutes. Il a ensuite pris mon visage entre ses mains pour me guider vers son sexe. Je me suis mise à le sucer. Il a passé une main dans mon pantalon pour glisser un doigt sous mon string.
– Tu pensais encore à moi ?
– J’avais ta petite gueule au dessus de moi. J’avais l’impression de le faire avec toi. J’étais trempée. Il a mis un préservatif et s’est faufilé doucement dans ma chatte. Un moment, le mec de Carla est rentré dans la pièce pour aller chercher un verre d’eau dans la cuisine. Il s’est excusé. Il a tout vu. Nos regards se sont croisés. J’avais presque envie qu’il nous rejoigne. Il nous a observé quelques secondes dans la pénombre, puis il est reparti dans la chambre en riant. C’est à ce moment, qu’Alberto m’a retourné pour me prendre en levrette sur le sofa. Lentement, très lentement, j’ai senti son membre en moi. Quand il est arrivé au bout, j’ai eu un premier orgasme, très court, très diffus.
– Tu était particulièrement excitée.
 C’était aussi le contexte. Puis, il m’a pénétré avec un doigt derrière, alors qu’il était toujours en moi. Et j’ai très rapidement senti un nouveau désir monter. J’avais de plus en plus envie de lui. Il s’est mis à aller de plus en plus vite en me perforant doucement devant. Ça a duré assez longtemps. Il paraissait infatigable. Au bout d’un moment, j’ai retiré son sexe pour le placer juste à l’entrée de mon cul. Il a fait glisser quelques temps sa verge entre mes fesses, tout en me stimulant devant, au niveau du clitoris. J’étais très chaude. Et, presque naturellement, il m’a pénétrée derrière. Il avait les deux mains plaquées sur mes hanches. J’ai senti son membre s’enfoncer tellement profondément en moi que j’ai eu l’impression d’être éjectée hors de mon propre corps. Au bout de quelques minutes, il s’est retiré pour me poser sur la table de la salle à manger. Il a poussé négligemment les assiettes, les verres, les couverts pour me prendre comme ça. Il a fini par jouir. Et cela a déclenché chez moi, simultanément, un orgasme très intense. Je ne ressentais plus mon corps. J’étais exténuée. Il a aussitôt retiré sa queue et m’a retournée pour pouvoir éjaculer un peu sur moi devant. J’ai senti les gouttes de spermes ruisseler sur mes seins. Voilà tu sais tout. Allo, tu ne dis plus rien, ça va ? Tu as joui ?
– Oui, j’ai joui, excuse-moi.

Elle se déconnecta aussitôt, brutalement, sans un au revoir. Je restai plusieurs secondes abasourdi, à nouveau humilié, le sexe dans la main, seul.

Par Henry Valentine

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