Dressée sur les rives du Guadalquivir, chaude et racée, Séville te prend, t’enlace et ne te quitte plus. L’Andalouse, terre nourricière, musicienne, cuisinière hors pair, ses talents se découvrent à chaque coin de rue. Femme d’expérience, ils sont nombreux à lui être passés dessus : les tartessiens, les romains, les maures… Egale à elle-même, la belle rayonne et tire profit de ses innombrables conquêtes, avec une précieuse élégance. Toujours solaire. Jamais mesquine. Elle ne cesse de fusionner avec les traditions, et n’en finit pas de renaître, telle la plus fantasmagorique des maîtresses…  


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En journée

Avant de me mettre à la recherche de son point G, je décide de m’attaquer à son cœur : le quartier de Santa Cruz ! Véritable berceau historique, il est couramment appelé « le vieux Séville ». On y croise des chanteurs de flamenco, des musiciens, des familles, des couples énamourés… Ici et dans toute la ville, les voitures sont très peu nombreuses, les réglementations sont strictes, les sévillans sont pour la plupart à pieds ou à vélo. Pour me mettre dans l’ambiance, je pars dénicher une taverne. Au détour de petites ruelles colorées, je tombe sur le bar Las Teresas. Plus de 100 ans d’âge au compteur, il est un des fameux repaires du coin. Je m’accoude au comptoir et commande une « cerveza », que je bois debout, en quelques gorgées, comme un homme ! Elle est fraîche et délicieuse ! Partout au plafond transpirent des cuisses de cochons suspendues. Je remarque que les tapas sont servis au beau milieu de l’après-midi. Je demande les horaires et on me répond que les Espagnols mangent à toutes les heures. Parfait ! Je me laisse tenter par le fameux « Jamon Iberico ». C’est pire que n’importe quelle drogue : en une bouchée je suis accro.

Las Teresas Sevilla

 

Je me perds au creux des courbes divines de la chaude Séville, quand soudain je l’aperçois : la Cathédrale. Elle pointe ses tétons vers le ciel, telle une déesse des temps anciens. Je la contourne, la caresse des yeux, et me laisse envouter par ses secrets. Quelques mètres plus loin, j’ai rendez-vous avec mon amant, juste devant les jardins de l’Alcazar. Il arrive l’œil pétillant et l’humeur légère, un sourire carnassier au coin des lèvres. Voilà qui est de bon augure… Il me propose une visite « personnalisée » dans les jardins. Sans hésiter, je dis oui ! A peine passée la porte, tout n’est qu’enchantement. De délicieuses mosaïques ornent l’architecture détaillée de l’Alcazar, mais la véritable particularité du lieu vient de son labyrinthe ! Un vrai labyrinthe, fait de hauts buissons où il fait bon se perdre. Et pourquoi pas se faire prendre dans les branches ? Préliminaires sauvages et sensuels indispensable à mon goût. Je vous recommande chaudement ce providentiel maquis.

Pour les plus romantiques, vous pouvez, à cette heure de fin d’après-midi, vous laissez aller à une ballade en calèche. Quarante-cinq minutes de pure élévation amoureuse, pour une cinquantaine d’euros tout au plus. Perchés sur la banquette de votre carrosse, vos mains pourront se balader à l’envi, à l’abri des regards.

Las Teresas: Calle Sta Teresa, 2,  41004 Sevilla
Jardin de l’Alcazar: Patio de banderas s/N, 41004 Sevilla

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Commencer la soirée

Lorsque je quitte le cocher et ses chevaux, je suis toute émoustillée, et l’appétit commence à se faire entendre. Mon bellâtre me dit connaître une adresse dans le centre. A pieds nous longeons la majestueuse Avenue de la Constitution, et nous arrivons au restaurant Albarama. Retenez bien ce nom, c’est la promesse d’une orgie gastronomique ! Il y a plein d’autres restaurants dont je pourrais vous parler, mais celui-ci est mon coup de cœur. Une cuisine fusion, qui mélange les sonorités andalouses aux accents japonais. Une réussite totale ! Ici, la tendance est de donner à la tradition un coup de jeune, sans la trahir. Ainsi je me régale d’une queue de taureau (on ne se refait pas !), précédée de tapas de poulpes à la plancha (rien à redire), suivie d’une crème catalane onctueuse comme un nuage à l’orange (qui n’a rien à voir avec celles que nous avons en France). Une cuisine légère, qui reste en bouche longtemps… Un délice.

Dans le même genre, vous pouvez allez les yeux fermés au Mamaracha (goutez le risotto au maïs et à la truffe) ou à l’Ovejas Negras (dégustez leur exquise Céviche).

Albarama: Pl. de San Francisco, 5, 41004 Sevilla
Mamarracha: Calle Hernando Colòn, 1-3, 41004 Sevilla
Ovejas Negras : Calle Hernando Colòn, 8, 41004 Sevilla

Continuer la soirée

La nuit est tombée et je suis bien décidée à descendre plus profondément dans le bas ventre de Dame Séville. Aussi nous déambulons dans les avenues, la main de mon cavalier sur mes fesses. Parfois nous ne pouvons résister, et nous nous plaquons l’un contre l’autre à l’ombre d’une église… Que « l’esprit sein » soit avec nous ! Pour commencer les festivités, nous décidons de nous en mettre plein la vue au Showroom du Museo del Baile Flamenco. L’âme gitane envahit ce lieu, tout de rouge vêtu, où les musiques andalouses raisonnent du matin au soir (plusieurs spectacles sont donnés, à 15H, à 17H, à 21H, et à 23H). Une danseuse entre sur scène, tournoie et frappe le sol, telle une tornade d’amour. Le guitariste l’accompagne, il caresse merveilleusement sa guitare, et parfois il la fouette aussi ! La chanteuse offre sa gorge ouverte, comme le livre de son histoire qui est aussi la notre. Quand soudain un jeune danseur prend tout l’espace, et en quelques minutes il nous soulève de sa fougue. Le voyage est intense. Les soixante minutes passent aussi vite que l’éclair.

Showroom Museo Flamenco : Calle Manuel Rojas Marcos, 3, 41004 Sevilla

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Nous avions plusieurs adresses de bars libertins dénichés sur Internet, mais à notre grande surprise, elles n’existent plus… Si j’ai un conseil à vous donner : ne suivez surtout pas les indications du net, et fiez-vous à votre instinct.

Nous sommes sur la banquette arrière du taxi et en bonne parisienne je râle de ne trouver aucun lieu de débauche ouvert ! C’est à ce moment-là que le chauffeur pile, se retourne et me lance : « Sevilla liberal ? Intercambio ? ». Moi : « Et bien, oui ! Si ! Séville libertine !? ». Par le plus grand des hasards, notre malandrin est libertin ! Bingo ! Le gars sort son Iphone et via une application de traduction instantanée, nous lui livrons nos envies. Les mots « échangisme », « jacuzzi », « partouze » fusent dans la voiture. Il est sûr de lui, il veut nous emmener dans un club « estupendo, muy bueno ! » à quelques kilomètres de là. Il dit que c’est LE lieu qu’il nous faut. Nous nous questionnons du regard quelques instants avec mon amant, puis nous acceptons son offre. Le club se trouve dans la campagne sévillane. Le trajet est épique, mon chéri et moi nous caressons franchement à l’arrière, tandis que le chauffeur continue de nous parler en espagnol, nous tendant d’une main son téléphone traducteur multi-fonctions. A ce stade je ne comprends plus rien, mais je dis : « Si, si ».

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L’entrée du club se fait par un grand portail, qui fait penser à une villa privée. Sevilla Liberal, nous voilà ! 30euros l’entrée pour 1 couple, avec deux consos chacun. A la porte, nous sommes accueillis par la propriétaire du club, et nous déboulons dans une sorte de salon, à l’ambiance sexy conviviale (tout le monde se prend dans les bras chaleureusement pour se dire bonjour). Nous ne remarquons pas tout de suite l’étrangeté du lieu : en effet des hommes franchement pas habillés pour sortir – limite bleu de travail -,  sont accoudés au comptoir et boivent des bières en matant les couples qui se pressent à l’entrée.  Je vois la boss qui leur fait un signe, et ils disparaissent aussitôt avec elle par la porte du fond… Devant nous trône un billard au milieu de la pièce, soigneusement recouvert d’une bâche en plastique rouge. Il est 1 heure du matin. Nous commandons deux Martinis et nous nous installons sur l’un des canapés.

Près de moi un couple est assis. La femme a un sourire éclatant de joie. Quand son homme se lève, je perçois qu’il a un handicap physique et j’aime que personne n’y prête attention. Je bois quelques gorgées pendant que ma canaille de partenaire me caresse tendrement la nuque.

Ici, les codes ne sont pas les mêmes que dans les autres clubs européens : les femmes ont les jambes moulées dans des pantalons en skaï (ou en jean), et les hommes sont vêtus « casual sexy ». Une chose est sure, tous sont à l’aise avec leur corps, ainsi qu’avec leur choix de passer une nuit d’amour libre ici. Il y a beaucoup de monde déjà. Je me sens gourmande et impatiente…

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C’est alors que je croise le regard d’une jeune femme blonde, assez grande et drôlement jolie. Elle vient nous parler dans un anglais charmant. C’est une des rares filles ce soir qui porte un chemiser. Blanc, transparent et sans rien en dessous. 10/10! Elle nous propose de nous faire découvrir la propriété ! Nous acceptons direct. Alors que j’embrasse à pleine bouche mon beau mâle, lui caressant fermement le service trois pièces au passage, la jeune femme nous explique que le salon de l’entrée est un lieu où les actes charnels sont non autorisés (original pour un club libertin !). Et pour cause : derrière la sage façade, se trouvent en fait des dizaines de pièces toutes aussi délirantes les unes que les autres (où là, il est fortement conseillé de se déchaîner). Je me sens comme dans Alice au pays des merveilles version cul. La porte de derrière se pousse et les couloirs ainsi que les coins câlins s’enchaînent sans jamais se ressembler. Chambre noire, jacuzzi, « Luna room », « Glory hole », « Polvos magicos », ou encore la très glamour « Princess ».

©Basilio Silva

©Basilio Silva

Mais la plus incroyable des pièces, c’est le bagne! Nous avons perdu notre blonde dans les allées sombres, et nous sommes donc seuls face à une porte sur laquelle on peut lire PRISÓN. On entend des voix d’hommes qui appellent, mêlées à des chuchotements étouffés. J’ai le cœur qui bat fort et mon excitation est à son comble. J’ai plaqué l’oreille contre la porte et j’ose à peine respirer, sentant la main de mon favori qui cherche lui aussi à entrer, mais pas dans la même vallée… Tandis qu’il enfonce ses doigts dans ma grotte, je crie assez fort pour que les hommes m’entendent ! Ils rugissent, ce que je prends comme un signal d’approbation. D’un tour de poignet infaillible, je nous fais pénétrer au trou, mon homme et moi. Le spectacle est saisissant ! Des barreaux s’étendent devant nous, et derrière ceux-ci je reconnais les hommes du bar. C’était donc ça… Il fait sombre et la pièce est assez grande pour accueillir plusieurs couples. Les prisonniers sont au nombre de 6 ou 7 ce soir là. L’ambiance est très chaude. Ça sent le sexe et la poussière. Je longe la grille et une jeune espagnole en sous-vêtement me chuchote : « ils sont enfermés là dedans pour toute la nuit ! » puis elle éclate de rire et se jette entre leurs mains, le corps collé aux barreaux. Je vois la langue avide d’un condamné fouiller sa chatte.

5 heures, c’est l’heure du jacuzzi. Champagne, caresses et aqua room, Sevilla Liberal sait recevoir !  

Sevilla Liberal : carretera Santiponce Valencina km 2, 5 – 41907 Valencina de la Consepción, Sevilla
El Rey (club lesbien) : Antigua Ctra. Merida s/n (salida algaba) 41970 Antiponce- Sevilla

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Où finir la nuit ?

Au petit matin, le taxi nous ramène à bon port. Telle une femme bien baisée, Séville fume dans la brume. Nous rentrons à l’Hôtel Eme, quintessence du luxe andalou contemporain. Un style fusion, absolument irrésistible. Nous prenons l’ascenseur direct pour le 7ème ciel, café en terrasse sur les toits de la ville. Délectation absolue.

Après une petite sieste matinale, et à la merci d’une erreur de programmation, on se retrouve à 4 dans le SPA de l’hôtel. Ils sont jeunes, beaux, sexy, un couple de sévillans comme dans les films ! Sous la fontaine chaude du  bain, tous les coups sont permis…

Hôtel Eme : Calle Alemanes, 27, 41004 Sevilla
Aire (Hamman) : Calle Aire, 15, 41004 Sevilla

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