A l’étranger, ce qui est sympa, c’est qu’on est plus désinhibé, on se permet des choses qu’on ne ferait pas chez soi. Sur cet excellent prétexte, Emmanuelle Julien s’est immergée dans les nuits berlinoises.

C’est la saison idéale pour découvrir la jeune capitale allemande libérée, branchée et petit budget. L’été, le climat continental offre un temps doux, sec et ensoleillé. Ici tout est spacieux. Berlin fait sept fois Paris. On n’est pas les uns sur les autres, sauf si on le souhaite. Les distances sont grandes mais les taxis ne sont pas chers et les embouteillages rares. Beaucoup de vélos aussi (possibilité de location) car la ville est plate. Les prix sont 20 à 30% plus bas qu’en France. Et rien que ça, c’est relaxant.

Par contre, prévoyez du liquide, il y a moins d’appareils à carte et de distributeurs qu’en France.

Dans les quartiers est de Prenzlauer Berg et du très hype Friedrichshain à l’atmosphère « peace and love », je tombe sur des restos bons, sympas et pas trop chers avec de grandes terrasses. Pour un dîner plus raffiné, je réserve chez Maxwell dans le centre, à Mitte (menu entre 20 et 40€).

Une fois repue, passons aux choses sérieuses. Direction l’Insomnia, le plus beau club berlinois. Le taxi longe l’ancien aéroport de Tempelhof qui ravitaillait Berlin-Ouest au temps du mur. Des terrains à perte de vue peu à peu réhabilités. Quand je sonne à la porte, c’est l’impressionnante et plantureuse Maîtresse des lieux qui me reçoit. J’avais croisé Dominique  au Porn Film Festival il y a quelques années.

Maîtresse Dominique - Insomnia - Berlin

Maîtresse Dominique – Insomnia – Berlin

Cette figure de la scène fetish locale était venue présenter sa dernière œuvre. Elle y campait une dominatrice vengeresse et sadique. Dominique y défonçait la bouche d’un jeune con bodybuildé avec une kalachnikov dont le canon était un sextoy animé. Le mec semblait prendre cher !

Par ailleurs, Dominique est une adepte du Cap d’Agde.

Pour elle, « le sens de la vie est de goûter aux plaisirs. Alors soyez libidineux ! »

A son image, les lieux sont immenses et élégants dans une déco rouge dorée aux finitions soignées. Sous le très haut plafond, fétichistes, échangistes et noctambules se déhanchent sur la piste. Toutes les orientations sont respectées. Il n’y pas vraiment de coin baise. Tout est autorisé un peu partout sur la musique très électro des DJ vedettes de la scène berlinoise. Ne vous attendez pas à Madonna ou à du zouk.

Insomnia 10830740_10152471751921377_7854281428655107222_o

Sur une spacieuse mezzanine, de grands matelas permettent les travaux pratiques. Plus à l’abri des regards, une série d’alcôves au matériel design inspire aux jeux BDSM. Pendant qu’une soumise se fait gang-banguer, une dominatrice me tend une laisse au bout de laquelle se trémousse un monsieur aux yeux bandés. Qu’est ce que je vais bien pouvoir en faire de celui-là ? Ok ! Bon bah, j’en fais ce que je veux, donc, c’est ça ? J’ai pas d’idée là. Ah si, je sais, un glaçon dans le cul. J’en pêche un dans mon verre. Je demande au mec de m’offrir ses fesses. Mais le glaçon m’échappe et glisse direct dans le slip. Le froid sur son corps en sueur le fait sursauter comme un cabri. Berlinoises et berlinois sont connus pour leur attitude décomplexée vis-à-vis de la nudité et du sexe. Ici, ce sont les femmes qui draguent généralement. C’est le côté féministe sympa des prussiennes !

Pour terminer, je me suis régalée à prendre un bon jacuzzi puis à me faire masser par un jeune brun très doux pour 5 €. En tout bien tout honneur, bien sûr !

Côté hygiène, nos voisins ne dérogent pas à leur réputation de champions de la propreté. Chaque soir, une thématique différente (échangiste, bondage, maître et esclave…). Dominique est à cheval sur les dresscodes propres à chaque soirée y compris pour les hommes.

INSOMNIA Erotic Nightclub – Alt Tempelhof 17-19Entrée 40 € pour les couples, 90 € homme seul et gratuit pour les dames.

On continue ?

Je me change discrétos dans le tacos, ni vu ni connu. Je quitte ma combi en vinyle noir de Catwoman pour revêtir une nuisette blanche. Je n’ai plus qu’à enfiler des ailes d’ange de déguisement et j’suis mûre pour le Kitkatclub, « Kitty » de son petit nom.

Cette institution des nuits berlinoises (en général, les taxis connaissent) située dans le quartier jeune et festif de Kreuzberg, a été fondé il y a 20 ans, par le producteur de porno Simon Thaur et sa compagne Kirsten Krüger. Leur utopie d’une civilisation hédoniste, explique leur concept unique au monde.

Tolérance maximum, exit les frontières sexuelles ou sociales : libertins, hétéros, homos, bis, fétichistes, travestis, trans, riches, pauvres, beaux, laids, chômeurs et artistes, tout ce beau monde se côtoie, se mélange ou discute ensemble tout simplement.

Ce club illustre parfaitement le Berlin cosmopolite et libertaire.

de-kitkatclub KitKatClub CarneBall Bizarre - 2008-05-18 05-03-49

Kit Kat Club - Berlin

Kit Kat Club – Berlin

 

o KitKatClub CarneBall Bizarre - 2008-05-18 03-11-26 Das-Fraeulein-Fuchs-Kit-Kat-Club-berlin-foto-oliver-rath-P1120883clbn

Je laisse ma morale au vestiaire je bascule dans une joyeuse apocalypse ! La déco arty underground représente des fresques fantastiques ou transgressives dont La Cène autour de Jésus, version porn. Meublés de balançoire, lit à barreaux et canapés, deux dancefloors décrassent les oreilles et mettent les corps en transe (beaucoup de filles splendides) sur des sons hypnotiques et psychédéliques.  Qu’on aime ou pas, les DJ sont des pointures et les décibels n’agressent pas les oreilles.

Un mec grand et mince me sourit béatement en se balançant en rythme sur un cheval à bascule équipé d’un gode. Être mis sur la sellette n’a jamais semblé aussi confortable !

Il y a un côté carnaval. Du coup, les hommes hétéros osent des tenues extravagantes : tenues de gladiateurs, maquillages, kilts…

Là aussi, pas de backrooms à proprement parler. Les actes sexuels sont autorisés partout, ce qui donne un grand sentiment de liberté. Dans des espaces plus calmes, je m’allonge dans un sofa en plein air autour d’une piscine (mais baignade « verboten »). Une dame énorme chevauche un turc fluet. Un handicapé en fauteuil roulant propose un peu de body-painting phosphorescent. Dans le donjon, en sous-sol, je tombe sur une scène d’anthologie. Une dominatrice rigolarde attache son soumis à une chaise de gynéco. J’ai su ensuite que ce couple de quinquas, originaire de Francfort était venu s’encanailler pour le week-end. Bref, les quatre fers en l’air, le type sapé en soubrette, se fait sucer par un travesti blond et fatigué. Et c’est pas fini ! Visiblement, une seconde maîtresse tente vainement de l’enculer au gode ceinture. Figure de style toujours hasardeuse à une heure très tardive…

kit kat

Dresscode à la fois strict et cool : sexy, fetish, travestis, créations personnelles y compris pour les hommes. En gros, osez tout. En revanche, les tenues de ville, même chics, sont refusées sans appel. Dans ce cas, mettez-vous simplement en slip et ça devrait passer.

Les soirées à thème sont annoncées sur leur site un brin bordélique en anglais et allemand. A noter que l’after du dimanche matin est légendaire.

KITKATCLUBKöpenickerstr. 76 10179 Berlin-Mitte (entrée par Brückenstrasses)

Entrée 20 €, prix des consos raisonnables, fruits frais à dispo.

Les infatigables peuvent prolonger la nuit à l’after du Berghain, temple de l’électro puriste. C’est la musique qui prime même si quelques ébats sont possibles dans des backrooms post-industriels et assez inconfortables.

BERGHAIN – Am Wriezener Bahnhof  quartier de Friedrichshain

Où finir la nuit ?

Pour encore halluciner : Propeller Island City Lodge. Dans cet « hôtel galerie d’art », chaque chambre a été laissée à la folie créatrice d’artistes.  Mention spéciale à la 23 avec les meubles au plafond pour se mettre cul par dessus tête !

article-2672072-1F09538B00000578-195_964x600 article-2672072-1F09544B00000578-788_964x620 article-2672072-1F09545F00000578-883_964x589 article-2672072-1F09547100000578-386_964x574 article-2672072-1F09548300000578-835_964x625 (1) article-2672072-1F09549800000578-698_964x612

Seul point faible, il se trouve dans le quartier de Charlottenburg, quartier huppé mais pas branché de l’ouest. En tout cas, y a de quoi susciter quelques fantasmes… Bon par contre, ne mettez pas les lieux à sac ! Chaque chambre est une œuvre d’art.

PROPELLER ISLAND CITY LODGEAlbrecht Achilles Str. 5869 à 190 € la nuit

Et aussi …

Pour se laisser bercer par la Spree, le fleuve qui traverse la ville : le Eastern Comfort. Très bien situé pour les sorties, cet « hôtel flottant », offre de charmantes cabines 1ère classe. Réservez la plus grande, la « suite n°1 ». Agréable terrasse et ambiance jeune.

entry_2136-5703-Me2QczrG9StNrYS

EASTERN CONFORTMühlenstrasse 73 dans le quartier de Friedrichshain – 78 € la nuit

Sinon, pour goûter le calme d’un appartement berlinois, le Airbnb est très intéressant.

Que faire la journée ?

À la piscine du complexe Arena, un bassin découvert encastré dans la Spree. En bordure, une plage de sable fin permet de se remettre de sa folle nuit ou de se prélasser en sirotant des cocktails, en attendant la suite…

Que faire pendant la journée à Berlin ? Piscine extérieure Arena Badeschiff

Pour chiller à Berlin – Piscine extérieure Arena Badeschiff

BADESCHIFF-Blick-von-der-Escobar-031

Arena Berlin Betriebs Gmbh – Eichenstraße 4, dans le quartier de TreptowEntrée 5 €

Berlin compte de nombreux musées (musée juif et celui de la RDA notamment). L’histoire est partout. La ville a été rasée pendant la seconde guerre mondiale puis en 1961, Berlin a subi le mur de la honte. Il enclavait un morceau de RFA (capitaliste) en pleine RDA (vitrine du communisme). En 1989, la réunification a exigé de vastes chantiers comme une greffe à ciel ouvert. Attendez-vous à une l’architecture moderne mêlée harmonieusement à l’ancienne avec beaucoup d’espaces verts.

Mon plan anti-galère : la visite du Reichstag, incontournable ! La coupole en verre et le toit-terrasse offrent une vue époustouflante. L’astuce est de réserver au Reichstag Building, le resto panoramique. Ne prenez qu’un plat.

Le repas est un prétexte pour éviter les files d’attente généralement longues. On vient quand même pas à Berlin pour se taper des queues !

 

Vols de 60 à 160 € (aller-retour)

Une réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.