Les experts sont à 99% sûrs que le modèle ayant posé pour « L’Origine du monde » était la danseuse Constance Queniaux.

L’origine du monde, Gustave Courbet (1866) Musée d’Orsay

L’un des plus grands mystères de l’histoire de l’art semble avoir été résolu.
L’identité du modèle qui a posé pour le célèbre nu,
L’Origine du monde de Gustave Courbet (1819-1877), a finalement été révélée.
Les experts semblent être sûrs à 99% que la peinture représente la danseuse parisienne Constance Queniaux.

Constance Queniaux photographiée par Disdéri, semble être le modèle de Gustave Courbet pour « L’Origine du monde »

Longtemps les historiens de l’art ont été convaincus que la peinture représentait l’amante de Courbet, la mannequin irlandaise Joanna Hiffernan. Mais les doutes persistaient car les poils pubiens sombres sur la peinture ne correspondaient pas à la crinière rouge de Hiffernan, tandis que Queniaux arborait des sourcils noirs très marqués.

Jo, La Belle Irlandaise, Gustave Courbet (1866) Nationalmuseum (Suède)

Aujourd’hui, des preuves ont été découvertes dans la correspondance entre les écrivains français Alexandre Dumas fils – le fils de l’auteur des Trois Mousquetaires – et George Sand, qui pointe sur l’ancienne danseuse à l’Opéra de Paris.

La correspondance révèle que Consatance Queniaux âgée de 34 ans à l’époque, était une maîtresse du diplomate ottoman Halil iferif Pasha lorsque le tableau a été peint l’été 1866. Halil avait commandé le tableau à Courbet pour sa collection personnelle d’érotisme, il possédait entre autres des œuvres de Delacroix et d’Ingres.

L’historien français Claude Schopp  – Goncourt de la biographie en 2017 –  est à l’origine de la découverte de cette fameuse correspondance, qui résout l’énigme vieille de 152 ans. Le secret sur l’identité du modèle était connu à l’époque, mais Constance Queniaux, s’est assagit et est devenue une femme respectable. L’information s’est donc perdue au fil du temps.

Autre fait, à sa mort en 1908, Constance Queniaux a laissé dans son testament une peinture de camélias de Courbet au centre de laquelle se trouve une fleur rouge à la pulpe ouverte. Or les camélias n’étaient associés qu’aux courtisanes depuis la parution du roman de Dumas, La Dame aux camélias.

Constance Quéniaux, photographiée par Disdéri. /BnF/Département des estampes et de la photographie.

« L’Origine du monde, vie du modèle », Claude Schopp, éditions Phébus, 160 pages, 15 euros. A paraître le 4 octobre.

 

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