Le bondage est sans doute la pratique érotique BDSM la plus célèbre et la plus pratiquée par les dilettantes – bien avant le « phénomène 50 shades », nous avons tous joué aux cowboys et aux indiens, au gendarme et au voleur, frémi devant Gwendoline ligotée à son poteau ou Wonder Woman brandissant son lasso… Notre imaginaire est empli d’émois de proie ou de chasseuse, de prisonnier ou de justicier, et les deux rôles séduisent autant les femmes que les hommes. On parlera ici de bondeur et de bondé, sans distinction de genre, mais les bondeuses sont de plus en plus nombreuses, et les corps masculins bondagés émergent enfin dans toute leur sexytude !
Si vous êtes plutôt vanille mais que vous désirez épicer vos ébats, voici quelques conseils de base pour débuter en toute sécurité…

Les jeux de pouvoir excitent l’esprit mais l’aspect strictement physique justifie aussi son succès: le bondage permet d’immobiliser dans des positions inhabituelles, la contraction de certains muscles sollicite les zones érogènes d’une manière unique…
Bondage, hors contexte sexuel, se traduit par « servitude », mais sa racine « bond » signifie lien, obligation, contrainte : sa pratique englobe donc tous les accessoires de contrainte, des menottes au corset en passant par les baillons et bien sur les cordes. On parle maintenant plus volontiers de Shibari pour désigner l’art de l’encordage, la plus célèbre et célébrée des formes de bondage.

Il va sans dire que le bondage se pratique entre adultes consentants, et que des règles de sécurité sont indispensables. La séquestration est sévèrement punie par la loi, de même que tout acte sexuel sans consentement : assurez-vous des limites de votre partenaire avant. Le bondeur est le maitre de cérémonie, investi de toute puissance quand le bondé s’abandonne : cela signifie que le bondeur est responsable du bondé.

La première règle incontournable : le Safe Word, ou mot de sécurité.
MAYDAY est un des plus courants, mais un simple STOP convient. Toujours dans l’esprit code de la route, certaines apprécient les couleurs : vert (encore), orange (ralentir) et rouge (stop immédiat).

La seule chose importante est qu’il ne puisse être confondu avec les suppliques et protestations théâtrales qui font partie du jeu (arrête, non, je t’en supplie, assez, pitié…)
Si vous utilisez des baillons, ballgag ou simple foulard, le mot ne suffit pas : il faut alors convenir d’un geste simple et repérable. La main peut s’ouvrir, doigts écartés, ou au contraire s’ouvrir et se refermer en poing pour signifier le malaise.
Vous pouvez inclure le geste de sécurité au jeu érotique, en obligeant le bondé à tenir un objet dans une main : s’il le laisse tomber c’est la fin du jeu. Une balle multicolore en latex, un trousseau de clés, une coupe de champagne, n’importe quoi qui colle à votre imagerie…

La deuxième règle d’or : éviter les zones dangereuses
Trois zones sont à proscrire : le cou, l’aine, les aisselles.
Si la nuque peut servir à l’élaboration de superbes motifs, en niveau avancé, il ne faut jamais risquer l’étranglement en passant une corde sur l’avant de la gorge.
L’aine et les aisselles abritent des artères indispensables à l’irrigation du cœur. Pour les mêmes raisons, les poignets, chevilles, le pli des coudes et des genoux peuvent être ligotés, mais vous devez pouvoir passer un doigt entre la corde et la peau.
Surveillez la couleur et la température des membres de votre prisonnier : un défaut de circulation sanguine prolongé peut provoquer des dommages irréversibles.

Troisième règle d’or : la vigilance
Il ne faut jamais laisser le bondé seul – même si vous trouvez très excitant de le punir en le laissant tout seul au coin, le risque de chute, de panique, de malaise imprévu est réel. Tournez-le plutôt contre le mur en le surveillant.
Soyez prêt à libérer le captif très rapidement en cas de malaise (littéral ou figuré). Enlevez toujours le bâillon ou le bandeau des yeux éventuels avant les liens.
Prévoyez des ciseaux pour pouvoir couper les cordes très rapidement et sans danger : des ciseaux de pharmacie à bout rond sont un must, mais de gros ciseaux (cuisine, volaille..) conviennent. Evitez les lames dangereuses (cutters à proscrire), peu fiables dans un moment d’urgence voire de panique.

Instruments de torture « secure » :
Beaucoup commencent innocemment les jeux de ligotage avec ce qui leur tombe sous la main : une cravate, un bas, un foulard… S’il s’agit de lier les mains ou les chevilles avec ces tissus inoffensifs, le risque d’accident est faible. Attacher votre partenaire aux barreaux du lit ou sur une simple chaise peut déjà provoquer des sensations exaltantes… Si vous utilisez un mobilier en support, vérifiez sa solidité et sa stabilité avant.

Pour passer un premier cap dans l’accessoire érotique, les bracelets de poignet ou de cheville, équipés d’anneaux ou de mousquetons, offrent toute une gamme de jeux absolument sécurisés. Il est possible de les relier par n’importe quelle corde, chaine, ou barre d’écartement : l’écartement, souvent négligé par les novices, est la contrainte qui offre les sensations sexuelles les plus surprenantes.

 

Pour un avant gout de l’art délicat du ligotage, osez la bondage tape. Il s’agit d’un rouleau de bande auto adhésive, en vinyle très large et brillant, qui permet de réaliser de nombreuses figures sans aucun risque. Le contact sur la peau est très doux, mais sa solidité surprendra votre proie… Cette merveilleuse (entrée en) matière permet de reproduire les figures basiques du shibari sans aucune connaissance en nœuds, dans une esthétique fetish très sexy.

Le summum de l’art, ou shibari, est plus exigeant. Equipez vous de préférence de cordes en chanvre, en jute, ou encore en coton. Les cordes synthétiques brulent facilement la peau… Choisissez-les les plus épaisses possible : plus la corde est fine, plus elle risque de couper la circulation ou de pincer des nerfs. Les cordes larges sont aussi beaucoup plus esthétiques et solides.
Attachez plutôt lâche : il sera toujours plus aisé de resserrer que de desserrer un lien, surtout si vous prévoyez plusieurs passages de corde ou des entrelacs.
Prêt pour votre premier karada ? Vous trouverez de nombreuses idées de ligotage dans les ouvrages ou sur les sites spécialisés : les figures classiques plébiscitées sont testées et approuvées par des pratiquants confirmés. N’ayez pas peur des sentiers battus, une expérience de bondage éveille des émotions si profondes qu’elle sera toujours unique. L’apprentissage des nœuds est la partie la plus laborieuse : si vous n’avez pas envie de vous entrainer sur une chaise ou une poupée, pensez aux ateliers d’initiation (dont beaucoup sont désexualisés, comme Place des Cordes) ou aux soirées libertines spécialisées…Vous y trouverez conseils, inspiration et même camarades de jeux si vous le souhaitez.
Quels que soient vos choix, n’en doutez pas : le bondage est un fantastique moyen de renforcer le lien dans un couple.

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