Par Eve de Candaulie 

« Dis chéri, on est combien à baiser ce soir ? » Je vous rassure, tout le monde ne dit pas cette phrase de façon anodine, mais il m’est arrivé de la prononcer… après des va-et-viens entre des duos, des trios, des soirées à quatre et à bien plus si affinités.

Dans un couple, la question des configurations libertines se pose souvent au moment où l’on se demande à demi-mot : « De quoi tu as envie toi ? » Et pour les personnes seules « Tiens, qu’est-ce que je pourrais faire ? ».

Le terme « libertinage » renvoie à l’idée d’une non-exclusivité sexuelle, mais une fois que l’on a dit ça, on ne connaît toujours pas le programme.

Donc, revenons-en un instant aux nombres :

EN SOLO : On peut tout à fait être libertin tout seul, se mater un film excitant, se faire une webcam, jouer avec un ou plusieurs sextoys, explorer son corps, se masturber. Pour tout cela que l’on soit en couple, trouple, polyamoureux, ou célibataire : c’est possible ! (et même vivement recommandable, « connais-toi toi-même » disait le philosophe grec). Ou alors, vous êtes voyeur.se ou exhib et bien que seul.e vous y trouvez votre bonheur.

A DEUX : Que ce soit en couple uni à la ville ou à la campagne, en relation extra-conjugale, en rencontre entre célibataires, la relation amant-amante est un peu la base du libertinage, toutes orientations sexuelles confondues. Toute connexion humaine se réalise entre deux personnes (par exemple dans un trio il y a 3 relations/connexions humaines entre 2 personnes).

A TROIS: Le fameux trio ! Celui qui fait fantasmer, qui réchauffe, qui brûle. Ce tout petit mot de 4 lettres regroupe plein de possibilités.

Plan n°1, on peut être un couple homo/lesbien/hétéro et kiffer sur un homme qui vous rejoint pour quelques heures de plaisir intense. Et en termes de mecs disponibles pour un trio, on a souvent l’embarras du choix. On a même tendance à faire sa liste au père noël, alors que la puissance du trio c’est le degré de complicité créé entre les partenaires (je sais de quoi je parle, ça me rappelle une chambre d’hôtel un dimanche matin, une heure avant le brunch, du temps où Paris comptait encore un Hilton. Bref, je m’égare). Parfois c’est bon de faire un trio avec quelqu’un avec qui on est déjà en totale confiance.

Plan n°2, on peut être un couple et chercher désespérément une femme seule… et fantasmer longtemps… ou avoir une chance de… C’est compliqué. En fait, les femmes seules cherchant des trios existent, mais elles sont les perles rares du libertinage. Et elles ont l’embarras du choix en terme de couples.

Plan n°3, personne n’a de vie commune avec personne mais tout le monde s’amuse follement. Une femme seule rencontre deux hommes seules et l’alchimie se fait. Ça arrive. Et l’inverse aussi un homme seul et deux femmes seules. Les hasards font donc parfois bien les choses, mais ce plan-là peut aussi moins relever du libertinage assumé, s’il s’agit d’un dérapage improvisé de fin de soirée, parfois plus ou moins consenti (notamment si on a trop bu : non, on est pas libertin.e parce qu’un jour on a fait un plan à 3… mais ça peut faire réfléchir).

A QUATRE : J’adore le chiffre 4 parce qu’ici, tout se complique.

Plan n° 1, Il y a trente ans de ça, en parlant de libertinage, on pensait échangisme. L’amalgame est d’ailleurs encore fait dans les médias. 4 personnes appartenant à 2 couples s’échangent leur partenaire. L’initiative peut venir de la femme de l’un et de l’homme de l’autre, des deux hommes, des deux femmes : un grand classique des clubs libertins. Le point fort de l’échangisme et son point faible : garder le couple comme unité de base du libertinage. C’est contraignant dans la mesure où il faut que 4 personnes se plaisent. Mais c’est rassurant, parce qu’on pense que les partenaires du deuxième couple ne vont pas être dans la séduction outre mesure et que tout le monde rentrera sagement à la maison. Ça se discute. En tous cas, ça pourrait bien vite tourner en trio si les forces du désir sont déséquilibrées.

Plan n°2, le mélangisme consiste pour 2 couples à des jeux érotiques, des caresses, des baisers et des rapports buccaux : pas de pénétration (ni anale, ni vaginale). Il faut le savoir, en club, ne présupposez pas qu’un couple est échangiste.

Plan n°3, le côte-à-côtisme, où 2 couples font des trucs (tout ce qu’ils veulent) mais côte à côte. C’est un faux antonyme du mélangisme, puisque dans le côte-à-côtisme, on ne se mélange pas. Pour autant, ce qui compte comme toujours c’est l’intensité de la connexion que l’on en retire (et ça peut être très très excitant).

Plan n°4, une femme ou un homme (seul.e ou en couple) et 3 autres partenaires… c’est le début de la catégorie bien connue des sites pornos : le « gang bangs ». C’est assez vivifiant en général. Et je vous laisse lire ma réponse à la question : Peut-on être féministe et aimer les gang bangs ?

A CINQ ET + : Étrangement, ça redevient plus facile à comprendre à partir de 5 parce qu’on retombe sur les configurations précédentes combinées entre elles. Ou alors sur un gang bang de grande échelle.

orgie vintage

Ce qui est amusant, c’est que l’on pourrait s’imaginer qu’une orgie, c’est un certain nombre de personnes qui font l’amour simultanément, comme on peut le voir sur certaines gravures du 19ème siècle, où un groupe de personnes s’emboitent verticalement et horizontalement. Mais il n’en est rien. Ce serait trop impersonnel et complexe, donc dans la réalité, dans une partouze on voit surtout des solos, des couples, des trouples, des quatuors qui se forment et s’associent, au gré de l’excitation qui monte à des moments différents pour chacun.e.

Pour tout vous avouer, moi, ma configuration préférée (et cela n’engage que moi), c’est « 10 couples et 5 hommes seuls » (mon mari vous dirait qu’il faut au moins avoir la moitié du nombre de personnes en couples qui soient des hommes seuls pour une soirée… mémorable). Ce n’est qu’une question de goût.

Voilà, voilà, c’est quand même relativement vaste le domaine des configurations libertines et encore, je ne vous ai pas parlé des préférences de chacun.e en termes de dominant.e/soumis.e, actif.ve/passif.ve, pénétrant.e/pénétré.é, ni du lieu qui influe beaucoup sur le plan, ni de la non exclusivité sentimentale… mais ça c’est un autre sujet (gros clin d’œil pour les fans du livre L’infidélité promise).

Surtout, faites-moi signe si j’ai oublié une configuration, toutes les  combinatoires sont possibles !

A vous de jouer !

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