Le Point G fait toujours débat, au moins parmi celles et ceux qui ne l’ont pas (encore) trouvé. Complot phallocrate pour rendre le pénis indispensable au plaisir féminin pour certains, unique explication du plaisir vaginal pour d’autres, il est surtout connu en tant que source de l’éjaculation féminine.

Au delà des polémiques et des spéculations, quelques certitudes : ce « point » existe, même s’il s’agit davantage d’une zone. Il provoque des sensations tout à fait spécifiques, différentes des autres zones érogènes. Et nul besoin de pénis pour le stimuler : un doigt suffit… bien que deux soient recommandés.

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Attention : le Point G est souvent présenté comme le Graal du plaisir féminin moderne, et très surévalué par la sexologie mainstream. La sensation pré-orgasmique ressemble, pour un cerveau innocent, à une violente envie d’uriner que certaines n’apprécient pas, ou trouvent d’abord douloureuse. Au point de « bloquer » cet orgasme inconnu, qui ne ressemble ni à l’orgasme vaginal (lame de fond profonde), ni au clitoridien (décharge électrique) : il est d’intensité intermédiaire entre ces deux là, mais avec cette sensation d’expulsion-soulagement, comparable à l’orgasme éjaculatoire du mâle.

 

Le point G est justement l’équivalent féminin du point P masculin : chez l’homme, la stimulation de la prostate provoque aussi un genre d’orgasme différent. Et (souvent) sans éjaculation, alors que le point G permet (souvent) à la femme d’éjaculer.

Techniquement, le point G se situe sur la face antérieure du vagin, à quelques centimètres de son entrée – on parle de 2 à 5 centimètres, comptez une ou deux phalanges. La texture de la paroi vaginale, plus granuleuse, la rend assez facile à situer au toucher.

Il ne s’agit pas d’un point (encore moins un point sur lequel il suffirait d’appuyer pour provoquer un orgasme) mais d’une zone comparable à un œuf ou une grappe. Une zone particulièrement sensible du tissu spongieux péri-urétral, un amas de glandes équivalentes à la prostate – ne soyez pas dégoutés, c’est toujours une zone de muqueuse chaude, humide et gorgée de sang, qui palpitera sous vos doigts.

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La stimulation du point G peut provoquer l’éjaculation féminine – en général au moment de l’orgasme, mais il est possible de déclencher une éjaculation mécanique (comme un homme peut éjaculer sans orgasme). L’éjaculation féminine est sécrétée par les glandes de Skene de la zone G. Ce liquide est très proche du liquide séminal, il ne s’agit donc ni d’urine, ni de cyprine, mais d’un liquide translucide produit par la prostate féminine. Ne soyez pas dégoutés : le très spirituel Tao sexuel parle de cette « Troisième Eau » et la considère comme un élixir de jouvence.

Sauf dans les cas de femme fontaine, très médiatisés, la quantité est en général assez faible – l’équivalent d’un ou deux jets de sperme masculin en moyenne, quand elle est remarquée.

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On le stimule le plus aisément par une pénétration des doigts – plutôt deux voire trois car un seul peut devenir douloureux : la caresse doit être vigoureuse. Le mouvement idéal est concentrique, ou imite le geste « viens ici ».

Sa stimulation à froid peut être douloureuse, comme toutes les zones érogènes – les sensations du Point G sont particulièrement aiguës, et pour découvrir ces nouveaux horizons, mieux vaut être dans un état d’excitation maximale, et proche d’un autre orgasme si possible.

 

N’hésitez pas à explorer la zone lors d’un cunnilingus ou à abuser de son sextoy préféré. Mesdames, si vous décidez d’explorer la zone en solo, n’hésitez pas à vous masturber fort et longtemps, ou à utiliser votre jouet le plus vibrant. La stimulation clitoridienne est le moyen le plus efficace pour que votre point G révèle tous ses secrets enfouis.

En vérité, sans ces caresses digitales ciblées, vous avez fort peu de chances de découvrir cet orgasme, et surtout son corolaire : l’éjaculation féminine. Mais une fois déverrouillé, il peut survenir lors de n’importe quelle pratique, par une stimulation indirecte, voire une simple pression sur le Mont de Venus pendant un cunnilingus…. Les sextoys spécial point G ne seront pas d’une grande utilité pour débuter : ils priveront l’explorateur ou l’exploratrice du toucher indispensable, de la subtilité des pressions et caresses concentriques, de la transformation de la paroi qui deviendra de plus en plus rugueuse…

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Et surtout, ne soyez pas obsédés par l’orgasme, même du point G : c’est toujours le meilleur moyen de ne pas y parvenir. Concentrez-vous sur l’œuvre, pas le fruit de l’œuvre. Délectez-vous des sensations nouvelles, des plaisirs inexplorés, d’autant que même sans orgasme, la simple stimulation du point G transforme et décuple les plaisirs des autres zones érogènes sollicitées…

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