Chaque année, en plein désert de Black Rock au Nevada (USA), le festival du Burning man (en anglais « homme qui brûle ») a lieu. Il rassemble plus de 70 000 personnes qui viennent s’y retrouver pour célébrer la création artistique de la dernière semaine d’août jusqu’au premier lundi du mois de septembre. Le couple Deuxdenous a fait le voyage dans la ville éphémère et nous raconte leur expérience dans ce reportage.

Nous sommes Cécile et Miha, alias Deuxdenous. Nous avons participé au Burning man cet été et allons vous raconter notre incroyable voyage en détail.
A l’occasion de notre voyage de noces, nous avons décidé de le fêter au Burning man (USA). Nous avons atterri à Los Angeles, puis avons loué une voiture, et avant de prendre la route, nous avons fait les courses pour toute la semaine : nous avons acheté tout le matériel de camping, la nourriture et surtout l’eau pour toute la semaine. Et nous avons lentement entamé un road trip à travers les parcs nationaux, pour remonter dans le Nevada. Le trajet a duré 2 jours. Le Burning Man se déroule dans le désert de Black Rock (c’est magnifique).

Nous avons été chanceux car entre le moment où nous sommes arrivés à l’entrée du Burning Man, et le moment où nous sommes arrivés à l’endroit où nous devions poser notre campement, il ne s’est déroulé que 3h. Certains ont dû attendre entre 9h et 12h.

Une fois que vous arrivez dans les « rues » de la « ville » de 70.000 habitants, vous êtes livrés à vous-même. Personne ne vous indique où vous diriger. Nous sommes arrivés en pleine tempête de sable. On savait juste que les zones avec les drapeaux au sol, c’était des zones réservées pour les camps. Alors après avoir demandé à 2-3 personnes, on a finalement trouvé la zone en campement libre. On s’est rendu compte qu’on était plutôt bien placé. Là-bas, les avenues sont désignées comme le cadran d’une montre, de 2h00 à 10h00, et les rues nommées de A à K. Nous, nous étions placés à 5h15 I (Iron). Au centre il y a « LA PLAYA » et autour il y avait les campements (la ville).

Nous avons commencé par faire connaissances avec nos voisins. Ils venaient essentiellement des États-Unis, nous avons aussi rencontré un couple de françaiset c’était aussi leur première expérience au Burning Man. Il y a vraiment tous les âges mais tous des fêtards et volontaires à la création de l’événement. C’est différent des festivals que l’on connait, où tu profites de l’ambiance, ici, tu participes en offrant de ta personne : tu peux décider de travailler volontairement, ça peut-être quelques heures mais certains travaillent toute la semaine.

La première journée était la pire de la semaine -au niveau du temps- il y avait une tempête de sable toute la journée, c’était difficile d’avancer avec nos vélos, tellement le vent était puissant. Parfois même, la visibilité était réduite à voir seulement la roue de notre vélo, on a compris l’utilité de nos masques de ski et nos masques pour le nez ! Mais c’était cool, car on ne connaît pas ça en France, et ça donnait une ambiance mystérieuse. C’est comme si nous étions projetés sur une autre planète.

Les deux premiers jours, nous voulions tout voir et faire un maximum de choses. Nous avons commencé à explorer les rues avec tous les différents camps qui se présentaient devant nous, puis nous sommes allé à « la playa », c’est l’endroit où il y a toutes les œuvres d’art qui sont exposées. C’est la qu’on s’est rendu compte que l’imagination n’a aucune limite. On a pu voir une méduse géante, un avion à la verticale, un bateau pirate, une brochette kebab de voitures, un arc-en-ciel, un ours polaire géant, un boing 747-400 cabriolet, découpé avec la boite de nuit sur la terrasse.

Mais ce n’est pas tout, il y a également des engins qui se déplacent, les « ART-CAR » et là on a pu voir également de drôles de créatures, un poisson géant venu tout droit des abysses de l’océan, un requin, une voiture cerveau, un dragon, le pont de San Francisco…

Les moyens de déplacement des gens étaient également fous, planche à voile, engins électriques non identifiés, un poulet qui nous a foncé dessus, des chaussures Aladin et AllStar, des licornes, des canapés à moteur, des lits à moteur, des vélos géants, les voitures de Mad Max… C’est juste incroyable, il faut y être pour pouvoir comprendre le sens de tout ça.

Les camps liés : chaque camps a un thème et tout est listé, vous pouvez trouver tout ce dont vous cherchez : en terme de développement personnel, nouvelles découvertes , tantra, BDSM, SM, coins trans/et autres genres friendly. Pour les couples, trouples et plus.

Il y a des camps pour suivre des conférences, d’autres organisent des événements, certains donnent des cours… tout ça sur différents sujets :
– Comment donner les bonnes fessées, fellations, prendre plus de plaisir…
– Certains camps sont ouverts uniquement aux gays, trans…
– Des cours pour apprendre comment intensifier l’orgasme
– Beaucoup de camps autours du bondage et des initiations au shibari
– Le sexe connecté
– Des chasseurs de cul (BOOTY HUNTER)
– Un bus à orgie
– Des soirées polycouples
– Les femmes fontaines, des techniques pour le squirt (ça, on connaît déjà)
– Livre leur tes pensées les plus « vilaines » et coquine pour obtenir un Martini frais
– Nous nous sommes arrêtés dans le camp « GENITAL PORTRAIT STUDIO » : Là-bas, on a pu faire la carte d’identité de nos parties intimes, c’était assez drôle, le couple après nous, on fait leur ID card en pleine action,

Nous roulions en vélo en moyenne 20 km par jour, parfois moins parfois plus. Nous ne pouvions donc pas tout faire ni tout voir. Nous avons discuté avec nos voisins américains, qui nous on parlé de « leur » libertinage. Corrine est une femme hétéro et Jimmy est un homme bi, mais ils ne sont pas prêts à échanger. Ils nous ont expliqué qu’ils réalisent leurs fantasmes au Burning Man principalement. Et ont parlé de leur souhait d’aller essayer le camp « ORGY DOME », c’est le meilleur camp du Burning Man, si l’on souhaite coquiner en toute tranquillité. Selon ce que nos voisins nous ont décrit, le libertinage aux USA n’est pas aussi « développé » qu’en France. L’ego de l’homme américain est trop grand, pour pouvoir assumer le libertinage. On a décidé d’aller ensemble tester cet Orgy Dôme.

Après le vérification de nos CNI (il faut avoir 18 ans) à l’entrée, une personne de ce camp très sympa nous explique les règles. Une des règles clés est de venir avec autant de personnes que l’on souhaite mais jamais seul. Le port de la serviette est obligatoire, les téléphones et caméras sont interdits. Ensuite, ils vous écrit sur votre bracelet un numéro, c’est votre numéro de passage dans l’espace câlin. Après ça, vous passez dans un endroit (une pièce) ou vous attendez « votre tour pour y accéder. Votre numéro s’affiche sur un écran, et vous rentrez dans un vestiaire ou vous devez laisser vos affaires personnelles, vous avez des lingettes, du lubrifiant et depuis cette année les capotes Wyylde à disposition. Le dôme est divisé en deux parties : une où les couples ne se mélangent pas (côte-à-côtisme), et une partie où les gens sont ouverts aux échanges entre les couples (trouples) déjà présents. Les coins câlins sont propres pour un endroit éphémère et n’oublions pas qu’il n’y a pas la climatisation…

Ce qui nous a le plus marqué c’est la liberté (au sens propre du mot) de chaque personne que nous avons rencontrée. Le Burning Man en général, qui inspire, qui répond à des questions sur ta personnalité, ton être, il t’apprend à relativiser sur beaucoup de choses.

D’ailleurs les 10 principes de Burning Man :
-Ouverture à tous
-Immédiateté
-Participation
-Expression personnelle radicale
-Civisme
-Ne laisser aucune trace
-Non commercial
-Don
-Effort commun

On a adoré survoler le Burning Man en petit avion de voltige. Mais notre meilleur souvenir est notre mariage dans « l’église d’Elvis ». Nous avons travaillé volontairement sur l’aéroport temporaire du Burning Man, et nous y avions croisé des « célébrités », tous incognitos, avec qui tu peux parler librement et sans préjugés…

Notre voisin avait un Mini Bar, qu’il portait toujours sur lui, c’était dans une valise. D’autres voisins eux avaient un stand de crèmes solaires. Encore un autre voisin lui, réparait les vélos. Le but du Burning man est l’échange, ça peut-être aussi : offrir des boissons, alcoolisés ou pas, offrir des petits déjeuners chaque matin dans un créneau horaire, des autocollants, des colliers, des bracelets, un tour d’avion, un moment de windsurf en plein désert…

Nous avons offert des bracelets, dessus c’était écrit « Cécile & Miha HoneyMoon Burning Man 2018 Dream Big and Be Humble », nous avons offert de votre part les strings, des capotes et surtout au camp « ORGY DOME ». De notre côté, nous avons reçu des verres, des bracelets, des colliers, des baumes à lèvre, beaucoup d’autocollants, des photos. Pleins de petits « grigris » (une vis et trois boulons) mais ça a beaucoup de valeur pour nous, car ça nous rappelle les belles rencontres, connaissances et la vision des gens sur différentes choses.

Pour manger et boire, c’est simple, sur place, la seule chose qu’on peut acheter, c’est la glace et le café. Pour manger et pour boire, nous avons tout dû acheter avant d’arriver au Burning Man, des sachets de nourriture déshydratée pour avoir des vrais repas, et nous avons acheté 130 litres d’eau, pour s’hydrater, et aussi pour la douche et l’eau pour la nourriture. Finalement, nous n’avons pas tout utilisé, nous n’avons pas vraiment pu nous doucher car nous n’avions pas de récupérateur d’eau au sol, on ne peut pas verser de produit chimique au sol (savon) et nous ne pouvions pas non plus faire couler beaucoup d’eau sur le sol, pour ne pas modifier la faune et la flore de ce désert (et oui il y a des petits crabes qui hibernent dans le sol jusqu’à la saison froide, et si on déverse trop d’eau au sol, ça peut les faire sortir précocement).

Notre dernier vrai grand moment, c’était le samedi soir quand le Man a brûlé. C’était un beau moment, mais nous étions déjà nostalgiques, car ça annonçait aussi la fin de l’événement. Mais malgré ça, pour profiter au maximum de notre dernière nuit, nous avons passé la nuit sur nos vélos, à déambuler partout, danser et s’émerveiller de la magie du Burning man.

Dimanche, nous avons décidé de partir avant que le temple ne chauffe, nous étions épuisés par la semaine, alors une fois le matériel de camping rangé dans la voiture, nous sommes partis. pour sortir de l’événement, il nous a fallu 4h30.

Nous prévoyons d’y retourner l’année prochaine. Une fois que vous goûtez au Burning Man, vous y retournez encore et encore. Nous avons loué un box de stockage pour laisser tout le matériel de camping et les tenues qu’on avait achetés et ramenés, et qu’on ne peut pas faire rentrer dans nos valises au retour. Comme ça, tout est gardé jusqu’à la prochaine fois où nous allons retourner là-bas.

Pour conclure, c’est quelque chose qu’il faut vivre pour pouvoir le comprendre.

Oubliez le reportage de « J’irai dormi chez vous » car ça n’est pas la représentation exacte du Burning Man, c’est bien plus que ça et nettement mieux que ce qu’on s’imagine. Après avoir vécu le Burning Man, beaucoup de gens décident de tout plaquer pour changer de mode de vie. Pour notre part, on va essayer d’incorporer dans notre vie quotidienne, certains principes du Burning Man.

Pour en savoir plus sur l’évènement du Burning man, rendez-vous sur le site : burningman.org/

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