La chanteuse pop rock puissante et charnelle Julia Palombe partage avec nous ses expériences de la vie et de la nuit. Ce soir elle nous embarque dans les lieux cachés et branchés de Paris. 

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Caves 3

18H30 : Dans les caves de « Chez Joséphine », je suis surprise par la beauté chic des salons. Des alcools d’exception ornent les murs, et accoudée au comptoir, je ne tarde pas à repérer ma chère amie Amélie. Celle-ci s’exclame dès qu’elle m’aperçoit et, de but en blanc, elle me demande si je porte une culotte ! Ma réputation n’est plus à faire en la matière… Je soulève ma jupe et montre mon cul, telle une vraie anarchiste rebelle que je suis ! En sirotant un de mes vins préférés « Les Cerises », nous discutons Art de la performance et Art chorégraphique. Quand soudain une charmante jeune femme, co-initiatrice des soirées « Les apéros de La Culture », nous annonce le début du premier set, par le classique « Duo Gallis ». Violon et violoncelle nous entraînent dans les origines de la culture populaire. Entre deux morceaux, les deux musiciens se livrent à nous: « Les compositeurs classiques d’antan jouaient leurs pièces ainsi, comme ce soir, dans les bars ». Cela prend tout son sens ! Le doigté est tantôt tonique, tantôt caressant, l’émotion est saisissante du début à la fin de leur prestation. Dans le public, les corps se rapprochent les uns contre les autres au fil des morceaux. Un beau brun ténébreux me fait de l’œil. Les artistes terminent par un tango qui m’évoque des fantasmes ardents… Quelle délicieuse idée de raviver ces mélodies oubliées ! La richesse des compositions alliée au jeu sublime des deux interprètes, m’offre des sensations merveilleusement sensuelles. J’embrasse mes amis, et file dans les rues de Paris.

 Caves 5

Chez Joséphine :http://www.cafejosephine.fr/

Les Apéros de La culture : http://toutelaculture.com/

Duo Gallis : http://duogallis.wix.com/altocello

Mies Julie 2

A 20H30 se joue le très charnel « Mies Julie » au Théâtre des Bouffes du Nord. Il est rare que le théâtre soit aussi sensuel. Ce lieu est un de mes endroits préférés au monde. J’adore son odeur, son acoustique, ses murs. Je suis persuadée que l’âme fantomatique de certains artistes traine encore dans les couloirs…. Je m’y réfugie à chaque fois que je le peux. J’aime y venir seule et faire des rencontres sur place. Souvent au bar, après le spectacle, on retrouve cette magie qui règne dans les lieux d’art et qui magnifie les rapports humains. Les langues se délient, les affinités se créent. Sur la photo qui annonce la pièce, on voit deux interprètes aux corps ciselés, dans une atmosphère que l’on devine passionnelle. Je fantasme sur cette image qui laisse entrevoir le dos nus de l’artiste féminine, en attendant  l’excitation des feux. De la première à la dernière minute du spectacle, je resterai en alerte, le corps vibrant au moindre soubresaut des deux amants. Je vis, j’aime et je meurs avec cette grandiose Mies Julie. La mise en scène de Yeal Farber est à la fois moderne et traditionnelle. Les artistes me confieront une fois sortis de scène, leur attachement à un théâtre corporel, qui transpire, qui danse, qui n’a pas peur de se jeter par terre, de se jeter les uns contre les autres… un moment de grâce et de passion qui me plongea dans une profonde joie.

Les Bouffes du Nord : http://www.bouffesdunord.com/

Yael Farber : http://www.yfarber.com/

Mies Julie 3

22H30 : J’ai rendez-vous dans le fameux restaurant gastronomique japonais montmartrois, « Guilo Guilo ». Sur les hauteurs de la butte, je découvre un lieu caché derrière le quartier des Abesses. D’une sobre élégance vu de l’extérieur, mais qui a les pouvoirs de vous transporter à des milliers de kilomètres, à peine vous aurez passé la porte… Mes amis m’attendent au comptoir, une coupe de saké pétillant à la main (j’adore cette boisson à bulles qui fait doucement chavirer le coeur). Ici, on ne choisit pas son plat, le menu se compose de 6 ou 7 services qui arrivent les uns à la suite des autres, présentés ce soir par le chef en personne. Cuisine ouverte, service parfait, fusion des goûts, émerveillement des sens, je suis au paradis ! Du coin de l’œil je mate le serveur français. Il est jeune et fier, et il m’excite… Je savoure mon dessert, servi dans une peau de mandarine grillée, tout en me pourléchant les babines allègrement, les seins rivés vers ma proie. Je voudrai que cela ne s’arrête jamais. C’est sûr, je reviendrai…

Guilo Guilo : http://www.guiloguilo.com/

GUILO 3

Manko 5

GUILO 2

Minuit, l’heure de Manko !

Mon chauffeur privé est un homme bavard d’une trentaine d’année. Quand il passe prendre une autre cliente vers la place de Clichy, la discussion s’installe rapidement. Elle le chauffe sur l’attitude désinvolte et machiste des hommes d’aujourd’hui, tandis qu’il négocie un à un ses arguments avec une foi très relative… Ils sont drôles, j’ai presque envie de sortir mon Iphone pour les enregistrer. Bref, j’arrive déjà au Manko. C’est superbe, on se croirait dans le film « Gatsby » ! La faune est sur son 31 ! Avant de rentrer dans le cabaret, je décide de boire un verre au bar du restaurant. Les cocktails sont tous aussi attirants les uns que les autres. Après explications détaillées du barman, je me laisse tenter par un « Secret de Pachacamac » incluant, entre autres, du porto, de l’agave fumée, du cacao pur, de la figue confite… Exquis breuvage ! Je trottine sur mes talons de 12cm jusqu’à l’entrée du show case. Petites tables, champagne, lumières tamisées, créatures extraordinaires (mention spéciale à la délicieuse Isadora Gamberetti !). Ma chère amie Chica Délice m’attend au comptoir avec une coupe ! Les créateurs de cette folle soirée, Marc Zaffuto et son acolyte, m’accueillent bras ouverts… je sens que je vais me plaire ici. Le spectacle commence par un tableau dynamique qui met en scène tous les personnages. Minuscules, immenses, pulpeuses, trans, ces artistes là sont tout sauf dans la norme, et c’est bien pour ça que je tombe amoureuse d’eux au premier regard. C’est alors que la lumière se fait sombre et reste seule sur scène l’artiste Jolie Demon, assise sur un fauteuil roulant. Avouez qu’un numéro de tétraplégique contorsionniste à moitié nue, il fallait oser ! L’interprète est sensationnelle, elle me prend le cœur en quelques minutes. Et ce sera à nouveau le cas dans son deuxième passage, où elle suspendra l’assistance avec un acte de haute voltige et cerceau. Attention Talent ! Les créateurs de cette revue originale ne nous ont pas menti : ce soir nous verrons des choses que nous n’avons jamais vu ! La danseuse Coraly Corazon semble tout droit sortie d’un film d’Almodovar ! Dans son personnage accro à la poudre blanche elle est terrible ! Et en mini miss qui s’agrafe des billets de banque sur son corps nu, elle est impressionnante ! Plus tard en backstage, elle me confiera qu’elle est la seule artiste en France à avaler des sabres ! Je pense que bientôt c’est en tournée mondiale qu’il faudra que j’aille l’applaudir… Mon amant m’a rejoint et nous nous embrassons comme des ados sous les stroboscopes. En alternance avec le show, le DJ chevauche des disques et nous fait danser jusqu’à la transe. J’ai sympathisé avec un couple londonien branché. La fille s’appelle Julia aussi, ça me rappelle mon premier plan à trois… En bonne parisienne, je propose de leur faire découvrir un lieu caché et sulfureux pour poursuivre la nuit. Direction Le Taken.

Manko : http://www.manko-paris.com/fr/home/

Jolie Demon sur facebbok : Ju Demon

Coraly Corazon sur facebook : Coraly Corazon

Isadora Gamberetti sur facebook : Isadora Gamberetti 

Manko 2

Manko 3Jolie Demon

2H30 : A l’abri du vacarme de la ville, le Taken se situe sur la très chic île saint louis. Nous longeons la Seine et arrivons quai d’Orléans. C’est le Paris des amoureux, celui des cartes postales et d’une certaine élite bourgeoise. En arrivant je salue le patron, Alain, qui nous fait entrer, non sans observer avec attention les détails de tenue de mes nouveaux amis. Alain est très à cheval sur la clientèle (si je puis dire…). Il travaille dans le milieu libertin depuis 20 ans, et il tient à avoir un public élégant, respectueux et responsable. Il a conçu son lieu comme un grand appart : « sans ornements ni film porno, ici les seuls tableaux sont des répliques de Modigliani ». Mes amis sont immédiatement séduits par la beauté du lieu. Nous picorons quelques fruits et bonbons disposés sur le buffet. Alain poursuit : « Chaque jour de la semaine à sa clientèle. En semaine ce sont des libertins purs, le Samedi ce sont des soirées très raffinées, avec beaucoup de monde et plus de jeunes. ». Il m’explique les règles : « Ici il n’y a pas d’homme seul, tout doit se faire en couple. Sur la piste de danse, il n’y a pas de sexe. Pour faire la chose, il faut s’enfoncer un peu plus profondément dans les entrailles du club». Je ne me fais pas prier. Direction les salons, j’entraine mes acolytes pour une petite visite… Grand lit, petits coins câlins, croix de Saint André, alcôves, canapés. Il faut croire que nos deux petits lapins britanniques sont chauds comme la braise, au détour d’une porte nous les laissons s’ébattre en toute sensualité, pour le plaisir des voyeurs, visages serrés contre les hublots … Echauffé à son tour, mon favori me prend par la main et m’entraîne dans les couloir à destination de « la pièce à vue ». Nos « compagnons horizontaux » s’en souviennent encore…

Décidément, Le Taken est un des plus beaux clubs de la Capitale !

Le Taken : http://taken-club.fr/

TAKEN 2

TAKEN 3

Toutes les photos sont de Julia Palombe

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