La chanteuse pop rock puissante et charnelle Julia Palombe partage avec nous ses expériences de la vie et de la nuit. Ce soir elle nous embarque dans les lieux cachés et branchés de Paris. 

Lire ces précédentes aventures : La nuit dernière avec Julia Palombe #1 & #2

16H55 : La soirée commence tôt. J’ai rendez-vous à 17H avec le célèbre sculpteur new-yorkais Skye Ferrante, dans son appartement parisien. Je vais poser nue pour lui, pendant qu’il tortillera son fil de fer jusqu’à obtenir une de ses œuvres d’arts magiques dont il a le secret. La séance dure 4 heures. Je suis pile à l’heure, je monte les quelques étages en courant et je m’empresse de sonner à sa porte. Il m’ouvre avec un regard franc et me prend chaleureusement dans ses bras (je remarque sa tenue gracieuse d’ancien danseur de ballet qui se repère à des kilomètres à la ronde !). La pièce est remplie d’un air de Thelonious Monk. J’adore !

1 Sculpture 4 ScuptureDans le salon j’aperçois un canapé, une bouteille de vin rosé, et une petite table de travail. Nous échangeons quelques mots dans un ‘franglais’ exotique, puis très vite nous nous mettons à l’œuvre. Je me déshabille dans la salle de bain comme il me l’a gentiment proposé, et à mon retour Skye commence à me mettre en scène tel un tableau vivant : il positionne mon bras, mon regard. Il me touche à peine et pourtant je sens qu’il m’effleure avec détermination, c’est intense. Je le laisse faire et me plie à ses désirs. Sans préméditation, nos âmes de danseurs se rencontrent. Ainsi, quand je suspends mon élan dans un mouvement aérien d’inspiration néo-classique, il chope le détail au vol, et m’ordonne de me figer. Je ne respire plus. Je n’ose plus bouger un cil. Il croque mon image en quelques secondes sur une grande feuille de papier blanc. « C’est pour m’en souvenir et que tu ne sois pas obligée de garder la pause pendant 4 heures » me dit-il. J’éclate de rire, cela n’aurait pas été possible anyway… S’en suit plusieurs heures de doux échanges. Moi nue immobile, lui assis face à moi. Il fait plier le fer sous ses doigts. Je suis fascinée par sa concentration. Son regard sur mon corps est perçant. Je le dévisage en retour, de la même façon. Je lui demande de but en blanc s’il couche avec ses modèles ? Il me livre une anecdote fabuleuse sur « la pipe à 10 000 dollars » ! Il projette d’écrire un livre qu’il faudra acheter pour connaître le fin mot de cette histoire de fellation… Comme dans toute œuvre d’art, ce sont les dernières minutes qui sont les plus difficiles. Il fait un effort pour rester appliqué. Moi aussi. Soudain le dernier coup de pince est donné ! Le résultat est saisissant de beauté. Je me reconnais immédiatement dans la sculpture et je m’exclame : « Wahoo, it’s me ! It’s me ! Yeah ! ». Skye sourit, s’assoit et me dit : « Je suis vidé. Tu m’as tout pris. » Je prends le compliment. Et je disparais.

2 Sculpture

21H 35 : Dehors, la nuit est tombée dans les rues de Paris. J’appelle un taxi et je file Au bonheur du jour pour le vernissage Dur Labeur de Marc Martin. Le chauffeur me dépose à l’angle de la rue, et je prends le temps d’observer les mâles agglutinés devant l’entrée avant de m’avancer. Ils forment une grappe d’hommes, tous aussi beaux les uns que les autres. Mon intuition me dit que je vais bien m’amuser…6 Dur Labeur

Les éphèbes se tournent vers moi avec douceur et je sens immédiatement que je suis la bienvenue. Un jeune blond habillé d’un bleu de travail m’entrouvre la porte. Je pénètre dans la galerie confiante et émoustillée. Les clichés superbes défilent sur les murs, et j’aperçois un passage secret au fond d’un couloir. J’imagine un backroom ou une salle de bain baroque ? Je n’ose m’y aventurer tout de suite. J’observe autour de moi, je suis la seule femme. C’est incroyable ! J’ai envie d’appeler mes copines et de les inviter à me rejoindre… Mais sans prévenir l’un des jules s’est approché de moi : « Vous avez les yeux qui brillent, et c’est le plus beau cadeau que je puisse recevoir ». Je souris. Ainsi nous engageons une conversation, délicate et fiévreuse. Plus tard, j’apprendrai qu’il s’agit bien évidemment de Marc Martin, le photographe et auteur du livre Dur Labeur. Il me présente Arthur Gillet, son modèle fétiche. Je lâche sans réfléchir : « Il est canon ! ».

8 Dur Labeur

On rit ! Marc aussi a remarqué que les parisiennes ne sont pas au rendez-vous. Je lui fais part de mon incompréhension, je lui dis avoir lu l’article d’Agnès Giard au sujet de son travail, et y avoir ressenti une invitation autant féminine que masculine. Il ponctue avec humour : « Paris, c’est très pédé ». Arthur a les tétons qui dépassent de son débardeur. Je mate. Marc me voit. Tous les deux m’entraînent dans le fameux corridor… qui n’est autre que la poursuite de l’exposition.

5 Dur LabeurDécidément mon imagination me joue des tours ! Arthur se livre volontiers à moi : « Je suis sorti il y a 5 ans des beaux arts, et j’ai toujours été fasciné par le questionnement sur l’identité personnelle. Pour moi le désir est une fonction essentielle de l’existence, c’est même ce qui fait vivre. La liberté d’expression -artistique ou sexuelle- vient de la confiance. Les photos avec Marc ne sont pas une mascarade, on est dans un partage fort ». J’aurais volontiers discuté avec lui toute la nuit, mais je suis attendue à dîner, il faut que j’y aille. Je les embrasse tous généreusement et m’engouffre dans un Uber.
Tiens, j’ai oublié de demander à Marc si cela lui arrivait de photographier des femmes ? Faudra que je lui envoie un SMS à ce sujet…

23H14 : Le restaurant Ma Cocotte se trouve à Saint-Ouen. Autant vous dire que pour une Parisienne telle que moi, la banlieue c’est le voyage à l’étranger ! Mais cette fois-ci le détour en vaut la chandelle. C’est Starck qui s’est chargé de la déco, et ça se sent : les chaises sont confortables et les lumières tamisées, les livres jonchent de petites bibliothèques entre les tables… Je vous conseille de filer direct dans la salle de bains, et si possible accompagné(e) : c’est grand, c’est blanc, c’est sexy ! Je ne résiste pas à un petit plaisir en solitaire… Je parlais d’un selfie bande de vicieux !

10 Cocotte 12 Cocotte 13 Cocotte
Lorsque je reviens à ma table, mon cavalier m’a rejointe. Il a même commandé une bouteille de Languedoc (il sait comment me prendre). Je déguste un fish and chips de grande qualité, tout en faisant du pied à mon mâle dominant, bercée par la chanteuse de jazz qui joue ce soir-là, Virginie Cote. Un couple nous rejoint pour le dessert. Quelle charmante initiative ! À coup de tartelettes à la fraise, on s’en met partout. Il va falloir repasser par la case « salle d’eau »… Oh !

2H28 : J’arrive au La Mano, rue Papillon dans le 9ème, où mon amie Canelle Doublekick fête son anniversaire. Ambiance ballons & confettis, dress code « Disco » (j’ai enfilé ma combi dorée sur la banquette arrière de la merco…). Je suis heureuse de croiser ma rousse préférée, la comédienne Marie Clotilde Ibanez. Nous dansons comme de petites folles sur les rythmes endiablés des DJ qui se succèdent aux platines (Sacha, El Fuego). Surprise : le beau Igor nous fait un show… La chaleur monte. Nous sommes en transe. La boîte est pleine à craquer. On boit des cocktails maison, et on se met la fièvre…

20 NO 17 LA MANO 16 LA MANO 15 LA MANO

5H47 : Je quitte les lieux, la peau moite et la tête dans les étoiles. Accompagnée d’un petit groupe d’amis, on décide de faire un crochet au No Comment. A l’étage on peut grignoter, je commande une laitue citronnée et un foie gras chutney aux fraises. Pendant que je mange, nous élaborons une nouvelle théorie : le voyeurisme gastronomique. Les verres remplis de Pouilly fumé, nous nous dirigeons dans les ténèbres du club, au-sous-sol… No comment !

8h30 : Je m’écroule sur l’oreiller d’un hôtel parisien…

21 Fin

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