Voilà, nous y étions enfin ! Qu’est ce que nous avons pu nous imaginer ce moment là. C’était pour nous un fantasme susurré sur l’oreiller, dans le lit conjugal, un soir de confidence. Dis sur le ton de la boutade, nous n’espérions pas un jour passer à l’action.
Le serveur nous installe comme nous l’avons demandé sur une banquette du restaurant avec une vue imprenable sur le boulevard.
La vie agitée parisienne commence peu à peu à s’apaiser en ce début de soirée. L’air est doux malgré une journée hivernale qui s’était voulue pluvieuse.
Nous avons passé une grande partie de notre après-midi à monter des scénarios puis à les défaire instantanément, à choisir des tenues, à rigoler, à faire l’amour avec passion comme s’il s’agissait de nos derniers instants ensemble. Cette histoire avait fait ressurgir puissance mille notre envie l’un de l’autre, cela avait décuplé nos sensations. Nous nous sommes montrés imaginatifs, insatiables, en quête de nouveaux besoins. Notre reflet dans la devanture nous renvoie l’aspect d’un couple heureux. Mon homme est vêtu avec un jean noir classique et une jolie chemise blanche, et j’ai opté pour une intemporelle robe noire avec un petit boléro à dentelle blanche et rose poudré du plus joli effet. Je porte en dessous une très belle guêpière rose et noire avec des bas magnifiques ainsi que des chaussures à talons lacées sur mes chevilles qui me font des jambes interminables.
Mon maquillage est léger et discret et mes cheveux sont ramenés en chignon avec de petites mèches qui glissent le long de mon cou.
Mes joues rosées laissent transparaitre mon excitation et je sens déjà mon entrecuisse perler. Je vais laisser des traces sur le siège : c’est sûr ! J’aurai mieux fait de choisir la chaise de mon homme. Mon chéri a quant à lui une petite barbe d’une semaine qui lui donne un air des plus virils. Nous sommes la veille du 14 février, cette importante fête des amoureux. Nous, on en rigole : comme s’il fallait s’aimer plus ce jour-là que les autres jours de l’année.
En ce samedi soir, le restaurant est pour l’instant à moitié vide. Les gens vont certainement fêter demain cette journée de l’amour.
Nous, nous avons voulu prendre de l’avance : cela sera notre soirée, notre nuit en amoureux… enfin presque !

Le serveur vient de nous apporter la carte mais je la survole, je n’arrive pas à me concentrer. Mes yeux restent rivés sur la porte d’entrée et sur l’horloge qui se trouve au-dessus. Bientôt 20h30, ils ne vont plus tarder à arriver à leur tour. Je m’interroge mais je préfère ne pas étaler mon stress devant mon homme : et si les photos envoyées étaient trompeuses ? Si nous les trouvions moches ? Ou pire encore, si nous n’étions pas à leur goût… Cela serait un scénario terrible, cela pourrirait totalement notre soirée, mettant à mal le chemin déjà parcouru par notre couple : ce nouveau piment qui embellissait si bien notre vie, qui venait remettre du peps dans notre vie de couple devenue trop casanière à notre goût. Il me sourit tout en faisant mine d’analyser le menu mais je lis dans son regard un peu d’inquiétude. Finalement, cela me rassure, nous sommes tous les deux dans la même situation et les deux autres protagonistes doivent se faire la même réflexion. La porte s’ouvre et je les aperçois en premier, ils sont superbes : bien plus beaux que sur les photos !

Elle a un visage pâle avec de longs cheveux roux flamboyants et des yeux verts magnifiques. Son petit ensemble rouge brique lui va à ravir. Cela met en avant sa silhouette qui semble sortir d’un dessin animé tant elle a la taille bien marquée, des fesses rebondies, et des longues jambes. Elle est splendide tout simplement. Son homme est plus grand qu’elle. Il a une allure sportive, une démarche décontractée, un sourire coquin faisant apparaître de belles petites ridules d’expression autour de ses yeux. Il porte lui aussi une barbe mal entretenue qui lui donne un petit look de baroudeur. Ils forment un bien joli couple. Ils posent un regard amusé vers notre table en nous faisant un clin d’œil et viennent prendre place sur la table d’à côté sans même que le serveur n’ait eu le temps de réagir. Nous nous dévisageons pendant de longues secondes avec un léger sourire entre gêne et fébrilité avec comme seul fond sonore le cliquetis des couverts.

Le serveur nous sort de notre torpeur en nous demandant nos choix : nous commandons prestement pour rompre ce silence gênant. Je sens un désir fou m’envahir, j’ai chaud, j’ai l’impression que mes envies se lisent sur mon visage ce qui a le don de me faire devenir écarlate.

Alors que nous finissons notre cocktail je m’excuse auprès de mon homme et je file aux toilettes. J’ai une vie irrépressible de me toucher, de plonger mes doigts au plus profond de mon sexe afin de libérer cette tension. Les toilettes sont situées au fond du restaurant sous l’escalier. Elles sont immenses, avec une décoration raffinée : une belle glace entourée de cuivre, des lavabos en marbre travaillé. Je suis tellement énervée que j’arrive à me faire jouir en quelques secondes. Je me regarde dans le miroir mes yeux sont pétillants, je sens le cul à des kilomètres. Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas vue dans un tel état. Alors que je sors des toilettes je me retrouve face à ma voisine de table. Qu’est-ce qu’elle est grande avec ses talons, elle me dépasse quasiment d’une tête. Sans un mot elle m’attrape par la main et me pousse d’où je viens en prenant soin de refermer la porte derrière elle. Bien loin de me sentir piégée la situation m’émoustille terriblement.

Elle prend les choses en main et me colle sur le mur en m’embrassant le cou. Ses mains s’insinuent sous ma robe, pelotent mes fesses. Je ne sais comment me comporter : c’est la première fois que je me fais aborder par une fille et je constate que j’adore ça, cela m’enthousiasme énormément.

Même si elle est très décidée, elle fait cela tout doucement, guettant le moindre signe de désapprobation, mais je suis si consentante, j’en veux plus encore… Elle effleure mes lèvres, puis commence à m’embrasser à pleine bouche, une douce chaleur envahit mon entre jambe. Son parfum est enivrant, je ne touche plus terre tellement ce moment est bon. Ses doigts sont maintenant bien calés au plus profond de moi à la recherche du point G. Elle fait des va et vient et ne me laisse pas un moment de répit.
Me voilà maintenant les deux mains agrippées au lavabo, je me mords les lèvres pour ne pas hurler, elle vient de s’agenouiller devant moi et me lèche avec ferveur. Rapidement j’inonde son visage de cyprine et je jouis avec force. Elle se relève, son visage est radieux. Elle se nettoie rapidement, enlève le peu de rouge à lèvre qui lui reste et sans un mot ressort.
Je suis sonnée, KO ! Cette première expérience avec une femme me laisse toute pantelante. Je regagne avec difficulté ma place et mon homme m’observe avec un air interrogatif. En un seul regard, il lit la plénitude sur mon visage ce qui lui arrache un petit sourire de victoire.

Nous continuons notre repas comme si de rien n’était. Nos voisins ne se soucient plus de nous et semblent engagés dans une discussion passionnante. Nous rions, nous parlons de nos fantasmes, nous buvons  pas mal de vin, cela nous désinhibe. Mon homme est follement excité à l’évocation de l’épisode des toilettes, je sens qu’il ne faudrait pas grand-chose pour qu’il m’y invite à son tour. Puis nous nous levons en même temps que nos voisins de table pour payer, c’était le scénario souhaité. Coincés devant le comptoir nos mains se font baladeuses. Je n’en reviens pas de pouvoir toucher sans vergogne un autre homme que le mien. Au second geste plus appuyé de ma part, je sens un sexe bien dur sous la toile de son pantalon. Il plonge ses yeux dans les miens et j’y lis un désir fulgurant : un instant cela me déstabilise : un autre homme a envie de moi.

Furtivement je cherche le regard approbateur de mon homme mais celui-ci est bien trop occupé à se coller à cette belle fille. Je suis surprise : je ne suis absolument pas jalouse, je le regarde en souriant, il me tarde de le voir sur elle, j’en meurs d’envie en fait. J’ai envie de nos corps qui s’entremêlent. Tour à tour nous sortons du restaurant, notre appartement n’est qu’à quelques rues de là. Nous décidons de parcourir la route à pied en nous serrant les uns contre les autres. Nous n’échangeons que quelques phrases courtes. Pour les passants que nous croisons nous devons former un bien étrange convoi. Je passe tour à tour de mon homme à l’autre homme ou alors je me pends aux lèvres de sa femme. Je suis sur un petit nuage. Si je pouvais, je les déshabillerais tous là maintenant en plein milieu de ce carrefour.

Nous grimpons deux à deux les marches jusqu’à notre nid douillet. J’avais déjà prévu des bougies que j’allume, un petit feu crépite dans notre poêle.
Je déplie notre BZ, pose une douce couverture en polaire blanche et nous nous allongeons. Aucune envie de les connaitre davantage, aucune envie de rompre ce charme qui s’est installé depuis le départ de cette brasserie. Nous nous contentons de gestes lents pour nous déshabiller, de nos bouches pour explorer, de nos mains pour caresser.


J’ose explorer le sexe de ma partenaire, d’abord doucement en la caressant du bout des doigts puis de façon plus insistante avec le bout de ma langue. C’est exquis ce petit goût sucré, je m’en délecte, je prends mon temps pour savourer cette première fois. Je fais tournoyer ma langue sur son clitoris lui arrachant des petits soupirs de satisfaction. Mon homme, collé derrière elle, n’en perd pas une miette tout en lui pelotant avec ferveur les seins. Puis nous nous mettons à sucer avec fébrilité nos maris, nous nous les échangeons en cours de route avec un regard complice.

D’un geste gauche je vois mon homme enfiler un préservatif. Mon partenaire plus habitué vient de me pénétrer avec vigueur m’arrachant un petit cri : son sexe est bien plus large que celui de mon homme même s’il est un peu plus court. Cela fait bien longtemps que je n’ai plus baisé avec un autre…quelle sensation étrange ! J’en suis toute retournée. Il fait des vas et viens lents puis de plus en plus rapides : qu’est-ce que c’est bon ! Il me retourne afin que je fasse face à sa femme que mon homme prend en levrette. Il semble si heureux de m’observer. Nos regards s’ancrent l’un dans l’autre : sensation étrange … C’est la première fois que je l’observe aussi intensément pendant l’acte et j’ai l’impression qu’il me baise alors qu’il en fait jouir une autre. Nous haletons tous, nous sommes sur le fil, nous enchainons les positions, nous permettant ainsi de tous nous toucher, de ne pas perdre le contact de cette étreinte à plusieurs.

Nos bouches ne cessent de se croiser, nos mains ne cessent de s’activer sur nos corps brulants. Puis dans un dernier tableau, nos hommes se branlent sur nos seins avant de nous inonder de leur semence. Éreintés par cette belle séance de cul, nous prenons une bonne douche puis nous savourons une bonne coupe de champagne frais en échangeant quelques banalités. C’est fou j’ai envie maintenant qu’ils sortent de chez nous, de retrouver notre couple, notre intimité. Ils doivent comprendre car ils prennent congés rapidement.

Sitôt la porte refermée mon homme se jette sur moi, il me saisit les poignets, me plaque sur le canapé et me murmure un «  salope, tu as aimé te faire baiser par lui, tu vas voir ce que je vais te mettre » ce qui me met immédiatement en transe. Malgré mon caractère assez soumise lors de nos ébats, c’est la première fois que je le vois se prêter avec autant de ferveur à ce jeu de domination. Il se penche sous le canapé pour rattraper sa ceinture et me lie fermement les mains. Puis me saisissant par les cheveux il me fait m’agenouiller pour le sucer. Son sexe durcit très vite et il le plonge de plus en plus profond dans ma gorge m’obligeant à hoqueter pour reprendre mon souffle.

Violemment il me retourne, il me pousse, puis me fait écarter les jambes tout en me faisant basculer sur la table de notre salle à manger.
Il me pénètre avec vigueur en appuyant ma tête sur la table, il me fait jouir comme jamais, les mots crus s’enchainent et bien loin de me dégouter cela me transporte. J’ai décollé et je ne veux plus atterrir tellement c’est bon. Il me claque le cul avec ses mains, cela me pique, me chauffe et m’excite encore plus. J’en perds mon souffle, lui aussi d’ailleurs et dans un dernier râle nous jouissons en même temps. Il nous faut un bon moment pour changer de position …nous nous affalons tous les deux sur notre plaid face à la chaleur du foyer. Serrés l’un contre l’autre nous profitons de l’instant présent : nos cerveaux encore plein d’images, de sensations de ce que nous venons de vivre. Le réveil affiche 2h du matin, nous venons de fêter dignement une Saint valentin qui restera, c’est sûr, à jamais gravée dans nos mémoires.

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