Pierre a 35 ans, il travaille depuis 10 ans pour la plus grosse usine à cul de France (coucou Marc) en tant que responsable de production et d’achat de contenus. Comme à chaque fois qu’il dit ce qu’il fait à des inconnus, ça excite immanquablement leur curiosité, on a décidé de l’interviewer pour qu’il nous raconte un peu le derrière du décor. 

Comment devient-on acheteur de contenu pour la plus grosse usine à cul de France ?

Tout simplement par une annonce en ligne. J’avais 25 ans, je travaillais déjà dans le milieu du cinéma, et ils cherchaient un responsable post-production. Là, c’est l’aspect technique qui m’a intéressé, mais je connaissais déjà bien évidemment le monsieur et ses productions.

Comment s’est passé l’entretien d’embauche ?

J’avoue, j’étais un peu impressionné quand même ! D’autant plus que c’est Dolly Golden, ancienne hardeuse star à l’époque, qui m’a ouvert la porte. Je la “connaissais” bien, donc ça m’a fait marrer de tomber sur elle. Disons que ça m’a mis direct en condition. Mais après, l’entretien en lui-même s’est déroulé de manière tout à fait classique.

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Dolly Golden

Etais-tu en couple au moment où tu as trouvé ce job ?

Non, mais j’ai rencontré ma copine de l’époque 3 semaines après avoir été embauché.

Est-ce que ça a été délicat par rapport à elle ?

Pas du tout. En général, j’ai des réactions plutôt positives. C’est un sujet fun, et on a plus tendance à en rire qu’autre chose finalement.

Décris-moi une journée type ?

C’est très simple, j’arrive, j’enlève mes vêtements, ensuite je me fais sucer aux alentours de 10h. (Rires) Non évidemment, JE PLAISANTE !
Je parlerais plutôt d’une semaine type. A l’année nous avons un certains nombre de productions à faire, il y a un planning de sortie avec, entre autres, 2 films phares labellisés MD par mois. Il faut donc prévoir en amont les thématiques à aborder, le casting à envisager. A partir de là, tu travailles sur les scénarios, les atmosphères etc…

Comment on travaille sur les thématiques dans l’univers du cul ?

Il y a des classiques qui reviennent toujours ! T’as les grands blockbusters, avec les thématiques fantasmes classiques comme l’infirmière, la secrétaire et la femme de chambre…

… Mais la soubrette fonctionne encore en 2015 ??

Ahh la soubrette, c’est une valeur sûre ! Il y a des choses comme ça, qui restent immuables ! Après tu as l’avocate qui fait une belle percée. La femme d’affaires de manière générale commence à être dans le top five des métiers à fantasme.

Pour revenir à l’organisation de mon job, pour ces deux grosses productions, tu dois décider du réalisateur à faire tourner, de l’actrice, de l’acteur, du type de décor à mettre en place par exemple.
A côté de ces deux prod mensuelles, il y a toutes les mini productions qui gravitent autour et qui permettent d’alimenter et de rassasier le désir de nos clients !
Pour se faire, tu vas aller dans des thématiques beaucoup plus vastes. On va taper dans l’amateur ou les parodies par exemple. Les parodies, ça marche très fort mine de rien ! Tu récupères les Experts, et tu fais les Sexperts.
Ensuite tu as l’aspect distribution. Comme je travaille dans une boîte qui a un impact mondial, on récupère à l’étranger les prod qui nous intéressent pour les distribuer en France.
Il y a un vrai travail de sourcing pour chercher ce qui se fait de nouveau. Trouver de nouveaux studios, voir quelles sont leurs atmosphères, leurs styles, mais aussi la diversité des pratiques. Et oui, parce que de l’anal tout le temps par exemple, bah c’est chiant (Rires) !

Une bonne partie de ton boulot consiste donc à regarder des films de cul tout le temps alors ?

Pas en entier, mais oui quand même !

Quels sont tes critères de sélection pour les films ? La lumière ?

L'équipe Dorcel en plein tournage ©Marc Dorcel

L’équipe Dorcel en plein tournage ©Marc Dorcel

Bien sûr ! (Rires)
Blague mise à part, l’esthétique compte évidemment. Il peut y avoir des scènes très travaillées, avec un côté classe, chic. Il y a un vrai public pour les choses chiadées. Après tu peux aussi avoir de l’amateur, parce qu’il en faut pour tous les goûts. Finalement, pour moi c’est comme dans le cinéma tradi, tu as les gens qui vont voir les films d’auteurs mais qui parfois sont tout à fait ok pour se faire un bon blockbuster bien dégueulasse. Histoire de laisser son cerveau à la maison. Là c’est pareil !
Les critères ça va être aussi, l’actrice ou l’acteur du moment, il faut voir qui est à la mode.
Il y a des sites aux US où on trouve des tops 10 quotidiens, ce sont de vrais baromètres de tendances. Je checke aussi les blogs, pour voir ce qui se fait ou va se faire et pour être les 1ers sur le coup.

Est-ce quand on bosse dans le porno, c’est “no zob in job” ?

Comme dans toutes sociétés, tu passes beaucoup de temps au travail, et donc dans ce cadre-là, des rencontres peuvent se faire….

Est-ce que tu regardes du porno pour te faire plaisir ou tu ne parles pas travail à la maison ?

Bien sûr que je regarde du porno pour me faire plaisir ! Au contraire ça élargit mon champ de découverte. Cela dit, je tiens à préciser que je ne suis pas constamment au contact des scènes porno, contrairement aux retoucheurs ou aux monteurs. Je pense par exemple à un monteur que je connais, qui est hétéro, on lui a fait monter pas mal de bandes annonces gay à une période, et ça l’a bloqué. Il m’a raconté que ça l’avait complétement dégouté et que pendant un temps il avait rien pu faire avec sa nana à cause de ça.
Si j’avais tout le temps les images sous les yeux, comme c’est quelque chose d’assez agressif au final, je pense que ça m’aurait perturbé. Là, avec le poste que j’occupe, je n’ai pas ce problème du tout.
Donc je consomme autant qu’avant voire plus, mais surtout je consomme mieux !

Est-ce que du coup tu flippes ou tu trouves ça hyper rebelle une chatte à poils ?

Alors, c’est une question de goût, mais perso, les poils c’est pas trop ma came. Bien que j’éprouve une vraie nostalgie pour le porno des années 70/80, il y avait de vrais scénarios, c’était tourné en 35 mm, avec une vraie préparation, une équipe technique etc… Ca se rapprochait beaucoup du cinéma traditionnel. Aujourd’hui avec les moyens à disposition versus la demande, il est impossible de travailler comme ça. Une grosse prod pour nous, c’est 5 jours de tournage grand grand maximum. En cinq jours tu ne fais même pas un court métrage “tradi”, nous on fait 90 à 120 min de film. C’est aussi pour ça que le porno est victime de ses propres clichés, c’est par économie d’échelle !

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Mais du coup les gens regardent un porno en entier pendant 90 min ?

Il y en a très peu. En majorité c’est 10/12 minutes…

Le temps de ?

Le temps de, oui ! Et on a une règle… Suite de l’itw #Part2

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