Par Julia Palombe

Paolo est un créateur qui travaille essentiellement avec des cuirs tannés à base d’écorces d’arbres. C’est ce qu’on appelle le « tannage végétal » (je t’en foutrai moi des tannées…)

Le cuir ainsi traité garde toutes ses propriétés de solidité et de souplesse (pour notre plus grand plaisir vous l’aurez bien compris). De plus, c’est un procédé écologique qui bannit tous les produits chimiques… Vive le naturel ! Avec Paolo, tout est fait main, cela devrait vous plaire les canailles : la teinture est effectuée sans solvant, les motifs sont réalisés par l’artiste lui-même à base de martelage (non ce n’est pas une nouvelle tendance BDSM), les finitions (il fait le travail jusqu’au bout le maître) sont appliquées à la cire d’abeille. Viens là que je te patine et que je te lustre….  

Après 30 ans dans le milieu de l’imprimerie, Paolo bascule (de son plein gré) dans le milieu BDSM. Passionné de cuir et d’encordage, il réalise des pièces d’abord pour son propre plaisir, avant de les proposer progressivement à ses amis, puis à un public plus large. Des bijoux de cuir sur mesure, qu’il maîtrise à la perfection : de l’épaisseur de la matière à sa couleur, suivant la fonction auquel l’accessoire est promis, Paolo s’adapte à son client. Car comme il me l’explique, le vrai milieu SM ce n’est pas des clous et des chaînes (ça c’est la façade), le vrai milieu SM c’est plus une relation avec l’autre où certains objets vont être des ‘artefact’. Car il n’est pas question d’imposer quoi que ce soit à l’autre. D’ailleurs Paolo me confirme que le vrai dominant c’est en réalité le soumis, car c’est à son service que le jeu se fait : « En vérité, l’esclave c’est le dominant ! ».  Le dominé gère l’affaire et les objets ont une place importante dans l’histoire, car ils sont des vecteurs de partage. Ils ne doivent pas être anodins. Les colliers, cravaches et autres martinets révèlent quelque chose de particulier dans la relation soumis-dominé. Il est donc important que ces objets soient uniques, adaptés aux désirs du couple.

 

C’est pourquoi Paolo passe du temps à discuter avec ses clients pour définir aux mieux leur projet et faire l’accessoire le plus juste pour eux. L’artisan insiste sur la notion de « partage » qui est au coeur de son travail. Un de ses plus grands plaisirs, c’est d’animer des soirées libertines, avec ce qu’il a appelé des « ateliers récréatifs ». Ce sont des expérimentations ‘verticales’ (pour les non-initiés il s’agit de pratiques non sexuelles) à base de cordes (une autre de ses passions), martinets, fouets et bougies…  Ainsi entre deux cessions horizontales, les gens peuvent venir s’expérimenter et découvrir d’autres facettes de plaisirs. La chose la plus importante dans le cuir c’est qu’il s’agit d’une peau qui touche l’autre. On est dans le corps à corps. L’objet est le prolongement de la main et de la personne.

L’AVIS DU CREATEUR : De l’importance de l’intention

« Lorsque le cuir est travaillé à la main, on peut y mettre l’intention.  Cette intention doit correspondre à la volonté de la personne. Par exemple, un joli collier avec un petit galon tissé ou une dentelle, que dans ma collection j’avais réalisé avec un cuir épais de 2mm et demi, j’ai du le crée pour une jeune débutante, j’ai changé le cuir. Je suis passé sur un cuir plus souple. Le collier est le même mais à porter on est pas dans la résistance, on n’est pas dans la confrontation. On est dans un produit doux. Et ainsi l’entrée en matière dans le milieu par cette débutante, sera plus doux. C’est aussi simple que ça. »

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