Mademoiselle A et son mentor de mari, c’est Fifty Shades en vrai !

Partir en quête de sa sexualité, c’est partir à la recherche de soi-même et de sa liberté. Dans Mon Gainsbourg à Moi, Mademoiselle A, raconte son voyage initiatique en s’appuyant sur une interprétation glamour et personnelle des chansons de Serge Gainsbourg qu’elle interprète en live. Le récit est inspiré de la vraie vie d’Alice, la jolie chanteuse et comédienne. Ce qui est assez courageux vu la teneur transgressive de ce spectacle musical. La jeune femme enchaîne les aventures, les hommes, les femmes avant de rencontrer l’amour : Cyrille, désormais son mari depuis 11 ans. Celui qui deviendra son pygmalion, lui fera découvrir les joies du lâcher-prise et de la soumission. Pour Mademoiselle A, cet abandon total va la libérer de ses angoisses et l’ouvrir à un plaisir et une jouissance inégalés. Même si cette histoire lui est propre, l’idylle n’est pas sans rappeler Histoire d’O et 50 Nuances de Grey dont la suite 50 Nuances plus sombres, est sorti au cinéma début février.
Chanteuse à voix talentueuse, Mademoiselle A / Alice est la fille d’Edith Charlton, mannequin des années 70 qui fut aussi l’ancienne compagne de Michel Polnareff. Son père est un intellectuel argentin révolutionnaire qui a connu la répression.

Après être passée par l’école du cabaret, Mademoiselle A a été choisie par les héritiers Gainsbourg pour devenir la nouvelle icône gainsbourienne. Elle a obtenu les droits pour réaliser un album de reprises d’une quinzaine de titres. Le premier single vient de sortir Poupée de Cire, Poupée de son, enfin, chez Mademoiselle A, comprenez « Poupée de Cyr (diminutif de Cyrille), Poupée qui fait du son. »
Lors d’un shooting sexy chic pour Wyylde, le couple nous a livré souvenirs et anecdotes sur leurs jeux les plus fous, témoignages de leur amour sans faille.

Mademoiselle A : Le désir de soumission s’est manifesté chez moi en découvrant auteurs et artistes qui l’évoque dans leurs œuvres. Chez Roman Polanski, le sm est très présent, et évidemment chez Gainsbourg mais j’en reparlerai plus précisément. J’ai parlé de mes fantasmes à Cyrille dès le début de notre histoire. Il les a accepté. Nous avons alors construit notre univers pierre par pierre. De l’extérieur, les gens s’imaginent que c’est Cyrille qui m’oblige à faire les choses mais tout vient de moi. C’est moi qui lui ai demandé de porter un collier, signe de mon appartenance, et de graver ce tatouage sur mon bras « je suis la poupée de Cyr. » Je me sens très épanouie dans ce jeu où tout est consenti. La soumission m’a autorisé à me laisser aller et à créer.
Cyrille : La domination, contrairement à ce que pensent la plupart des gens, n’est pas selon moi une façon d’asseoir son pouvoir sur une femme. C’est plutôt donner un prétexte à sa soumise pour réaliser tous ses fantasmes. A condition de la connaître parfaitement, on peut lui imposer des choses qu’elles souhaitent secrètement mais qu’elle ne peut assumer. La déresponsabiliser, permet donc d’ouvrir toutes les portes, même les plus taboues. Elle pourra toujours dire après avoir pris du plaisir: « je n’y suis pour rien, ce n’est pas de ma faute… c’est toi qui m’a obligé »

Mademoiselle A : Je ne suis pas masochiste mais j’aime les fessées, plus pour le symbole, la punition que la douleur. Par ce geste, je me sens appartenir à Cyrille. Le BDSM m’a permis d’exorciser des angoisses liées à mon enfance. Je me suis confrontée à mes peurs. Maintenant, soyons clair : tous les gens de ce milieu n’ont pas forcément eu de traumatisme dans leur jeunesse. Nous rejetons ce qui est de l’ordre de la destruction. Pour nous, ce n’est pas du BDSM. Ces pratiques doivent être un jeu qui cimente le couple.
Cyrille : La presse a souvent comparé notre histoire à Fifty Shades. C’est vrai qu’il y a des points communs, j’ai un poste à responsabilité (rires). Je ne dis pas que c’est de la grande littérature mais ce livre a démocratisé les pratiques, et surtout il a autorisé les femmes à assumer leur fantasme de soumission.

Mademoiselle A : Cette scène est inspirée d’une célèbre photo de Serge Gainsbourg et Jane Birkin. J’ai choisi de reprendre ses chansons parce que je me suis sentie en adéquation avec lui. Dans son rapport aux femmes, il était dominant. Alors, c’est vrai, il était très misogyne, il aimait les faire souffrir. Par exemple, les chansons qu’il a écrites pour ses égéries sont très difficiles à interpréter. Et en même temps, il en était fou, une sorte d’attirance-répulsion. Le SM est très subtilement instillé dans son œuvre. Par exemple, dans « L’eau à la bouche » : « je te prendrai doucement et sans contrainte, de quoi as tu peur, n’aie nulle crainte. Je t’en prie ne soit pas farouche, quand me vient l’eau à la bouche. » Ca veut dire qu’habituellement, il aime contraindre peut-être ? » Il y a aussi « Je pense queue » : « Je pense que, je pense que, j’adore les cadors, les petites chiennes en calor ». Et bien d’autres chansons encore…

Mademoiselle A : Nous avons longtemps cheminés dans le milieu libertin avant de passer à l’échangisme. Nous regardions simplement les couples ou nous pratiquions le côte-à-côtisme et le mélangisme. Je n’osais pas coucher avec un autre homme même si Cyrille me le suggérait.
Cyrille : je pensais que ça pourrait l’aider à se lâcher, à davantage prendre du plaisir.
Mademoiselle A : sauf que j’avais peur qu’il m’en veuille ensuite. Mais un jour, ça s’est débloqué, la barrière est tombée ! Comme je suis modèle, un photographe m’a contacté via le net. Le mec était très beau, un pompier qui faisait de la photo par passion. Or, le pompier pour moi, c’est un fantasme. La séance s’est très bien passée. Quelques jours plus tard, en méditant pendant mon footing, là je comprends que c’est lui le bon ! J’avais envie de coucher avec lui. Le soir même, il est venu à la maison et nous avons passé tous les trois une nuit merveilleuse. Jusqu’à ce que le soleil se lève, nous avons fait l’amour, mais nous avons aussi discuté et rigolé.
Cyrille : je me suis bien entendu avec lui. Les moments de contemplation alternaient avec d’autres plus actifs. C’était un bel échange sensuel, un moment magique, glamour, drôle et surtout détaché de tout a priori.

Cyrille : Parfois, en club, nous aimons jouer à « on ne se connait pas ». Nous entrons dans l’établissement séparément, et nous nous mettons au bar. Je tente alors de la séduire comme au premier jour. Cela nous occupe tellement que nous ne faisons pas grand chose d’autre de la soirée. Une fois, nous étions en province et nous voilà en route vers un club du coin. Mais sur le chemin, voilà que notre voiture tombe en panne.
Mademoiselle A : J’étais habillée hyper osée, même un peu vulgaire, parfois ça me plait. Nous appelons une dépanneuse. Et bien, c’est lui qui nous a accompagné au club échangiste ! Je l’ai remercié par une gâterie… Quelques jours après, nous faisions la fête avec des amis non libertins. Et là, un copain assureur, nous raconte qu’un de ses dépanneurs, se vante de s’être fait sucer dans son camion par une jeune femme habillée très osée (rires). Excellent ! Nous n’avons rien dit. Avec Cyrille, nous nous sommes juste regardés, hyper complice !

Mademoiselle A : Il y a quelques mois, nous sommes allés faire la fête dans un magnifique loft à New-York. Des gens jouaient, d’autres baisaient, et au milieu de tout ça, il y avait une estrade et des chaises, comme à l’école. Deux femmes distribuaient des polycopiés. C’était un cour sur « comment faire mal à sa soumise ou soumis sans danger, comment jouer avec la limite en toute sécurité ». Ça faisait un drôle de contraste ! (rires) Dans le public une grand-mère black en jogging mangeait des popcorns en écoutant très sérieusement. Surréaliste !
Cyrille : Nous avons rencontrés un étudiant français, un très beau jeune homme. Mais il était surtout allé à New York pour devenir ce qu’il avait envie d’être, sans que personne ne le juge, à savoir un soumis. Et à travers lui, j’ai dominé ma femme. Je l’ai obligée à se faire masser et lécher les pieds.
Mademoiselle A : oui ! C’était la première fois, et j’ai compris que mes pieds étaient des zones érogènes. Dans notre société, nous sommes obsédés par l’acte sexuel en lui même, le coït. Nous oublions tous les plaisirs autour et c’est dommage.

Je suis l’égérie du styliste fetish Patrice Catanzaro. C’est lui qui a dessiné certaines tenues du spectacle, notamment la tenue d’infirmière. Avec Patrice, nous sommes tout de suite devenus très complices, on se ressemble énormément au niveau du caractère. Un jour, il s’amusait à me donner des coups de martinet lors d’une soirée après un défilé… pour amuser la galerie. Il s’est approché de mon oreille et m’a susurré: « ce que j’adore chez toi, c’est ton visage d’ange qui masque en fait un caractère de grosse coquine. On te donnerait le bon dieu sans confession, mais moi je sais que tu es dangereuse ! »

Mademoiselle A : Parfois, j’ai envie de trucs un peu fous. Cyrille m’a proposé que nous cherchions un homme complètement différent de lui en passant par le site Wyylde où notre fiche est Nuances de A. Nous avons rencontrés un éphèbe noir bien musclé. J’ai adoré le moment où Cyrille et moi, nous nous sommes préparés.
Cyrille : oui, j’aime lui suggérer de mettre tel sous-vêtement ou tels escarpins qui lui vont particulièrement bien. C’est finalement aussi jouissif que le rendez-vous en lui même.
Mademoiselle A : Mon mari, mon mec, mon maître devenait ma copine en fait ! Ça fait partie de l’excitation quand je m’apprête pour celui à qui il va me prêter. Pour lui, c’est une jalousie excitante alors que Cyrille lui, ne couche pas avec d’autres femmes, il n’en a pas le désir et moi, je ne le supporterais pas, je suis très jalouse.

Mademoiselle A : Je me souviens d’une fois, nous étions au club parisien Le Mask. J’avais repéré une dame d’une cinquantaine d’années très belle, très classe, très mystérieuse, qui ressemblait un peu à la chanteuse Barbara. Je vais la voir, elle me dit qu’elle est sur le point de partir. Dommage ! Je lui donne mon numéro. Quelques temps après, elle m’appelle. J’apprends qu’elle travaille dans une maison de haute couture. Quand nous avons su que nous allions la revoir, nous étions tout excités. Nous l’avons invité à dîner dans un très bon restaurant. Ensuite, j’ai fait l’amour avec elle. Comme je l’explique dans mon spectacle, j’ai aussi couché avec des femmes. Pour moi, le désir n’a pas de sexe. Il faut se laisser porter par ses envies, et surtout ne rien prévoir ! Car si les sites de rencontre servent plus à réaliser des fantasmes bien précis, en club, c’est l’aventure !


Mon gainsbourg à moi

du mercredi 8 novembre 2017
au mercredi 13 décembre 2017
Toutes les informations sur le spectacle de Mademoiselle A : ICI

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