Olivier Ghis est rédacteur en chef du Journal du hard de Canal+ depuis 2005. Une décennie au service de l’actualité du X, ne serait-ce pas un peu fatigant ? A l’approche de la rentrée, Wyylde a voulu s’assurer que tout allait bien à la tête (chapeautée) de l’émission préférée des pornographes.

Olivier Ghis, rédacteur en chef de l'émission

photo Maxime Bruno – photo numérique Canal +

Bonjour Olivier Ghis. Vous êtes rédacteur en chef du Journal du hard depuis plus de dix ans, ça ne vous lasse pas ?

Dans ce genre de métier, tu pourrais ne jamais t’arrêter. Le X dit beaucoup d’autres choses que le sexe lui-même. Il dit des choses culturellement, sociologiquement, intellectuellement. C’est un domaine très riche. Tu n’en fais pas le tour en deux secondes, contrairement à ce qu’on pense. C’est un sujet qui peut m’occuper jusqu’à la retraite !

Vous allez donc conserver votre poste l’année prochaine ?

Non, je vais remplacer Henri Gigoux au poste de responsable de l’éditorial adulte du groupe Canal à partir du 1er septembre prochain. Le brillantissime journaliste de cinéma Alain Charlot prendra ma place de rédacteur en chef du Journal du hard. Son ton ne sera pas le même que le mien mais la ligne éditoriale de l’émission restera inchangée : traiter du X avec sérieux, ironie et bienveillance, tout en taclant parfois ce qui mérite d’être taclé.

Sébastien Thoen, le présentateur de l'émission et la Chatte Brigitte

photo Maxime Bruno – photo numérique Canal +

Avez-vous perçu une évolution dans la perception du sexe et du porno depuis votre arrivée à la tête du Journal du hard ?

On pense que la société s’est libéralisée, un peu émancipée, que les femmes sont plus libres que jadis… C’est un peu vrai, mais en même temps il y a plein de points de friction. Le X était perçu de manière assez sympathique dans les années 80. Mais depuis qu’il est disponible facilement grâce à internet, il fait peur. Ca pose des questions qui n’ont pas finies d’être réglées.

Vous avez réalisé une dizaine de documentaires consacrés au sexe et au porno depuis 2010. Le prochain arrive bientôt ?

Oui ! A poil dans l’espace sera diffusé sur Canal+ début octobre, pendant la programmation spéciale Opération futur. Je m’y intéresse à la manière dont le X a perçu et imaginé l’avenir de la sexualité avec les jouets connectés, le sexe à distance, les robots… On a fait le tour de la question en 52 minutes qui sont assez amusantes. Notre prochain documentaire sera sur le porno et le sport, ça va s’appeler A poil dans mes baskets.

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Pourquoi ne pas réaliser un documentaire consacré aux liens entre porno et libertinage ?

Jusqu’à présent, ça ne m’est pas venu à l’idée parce que j’avais l’impression que c’était presque ton sur ton. Les libertins, quand ils sont épanouis, mènent presque une vie de film porno. C’est tellement proche du sujet initial que je me demande si j’aurais quelque chose à dire. Mais en fait ce serait intéressant, effectivement, car le libertinage est de plus en plus présent dans la production pornographique via Jacquie et Michel, les films amateurs, Fred Coppula…

Est-ce que les cercles libertins vous attirent ?

Personnellement non, mais je suis très curieux. Ça m’est arrivé d’être invité à des soirées libertines, en plus, mais sans le savoir. On était en train de manger et puis, entre le fromage et le dessert, des gens sont partis dans le salon. Quand j’ai compris ce qui se passait, j’ai dit à mon hôte que ça n’allait pas être possible pour moi. Je suis très pudique, tu ne me verras jamais nu avec quatre personnes !

Propos recueillis par Sebastien Wesolowski

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