Par Nassim Jaoui

Excluant toute idée d’humiliation et de domination, le « puppy-play » s’axe d’abord sur le jeu. Une activité canine et câline, où l’esprit festif prime même sur la sexualité.

Rendez-vous devenu incontournable, la Queer Week présente chaque année des sexualités éclectiques. À travers les divers ateliers, conférences et expositions organisés, les opportunités de découverte ne manquent pas. Parmi elles, une initiation au « dog-training » attire nombre de curieux… Avançant précautionneusement avec un sourire mi-gêné mi-amusé, les spectateurs observent la vingtaine de puppies (« chiots » en anglais) accompagnés par leurs maîtres. Très vite l’ambiance évolue, et l’étrangeté apparente de la situation laisse place à un enthousiasme communicatif. Les gentils cabots s’agitent, chahutent, se chamaillent. En un mot : ils jouent. Une ambiance bon enfant, digne d’une cour de récréation, s’installe et chacun semble pouvoir s’y libérer.

Si le « jeu » est le maître-mot de l’activité, une galerie d’autres termes sont à assimiler pour comprendre l’esprit du puppy-play. D’ailleurs, doit-on dire « puppy-play » ou « dog-training » ? Derrière ces deux appellations se cachent deux jeux de rôle bien distincts. Barka, puppy et surtout un des fondateurs du collectif « Gay Dog-Training », précise les nuances entre les deux. Selon lui, le puppy-play serait, en quelque sorte, la version soft du dog-training. Là où le premier se distingue par son aspect ludique et sa convivialité, le second reprend de manière plus hard les codes du SM.  Le nom du maître diffère également : handler pour les puppies et master pour les dogs. Par ailleurs, autre détail important, le puppy-play n’entraîne généralement pas de véritables rapports sexuels. Il y est plus question de lâcher-prise que de sexe. Un rassemblement de potes, moins underground et moins violent, qui séduit naturellement un plus grand nombre de personnes. À tel point que Barka, adepte lui-même du puppy-play, fait prendre à sa meute un léger virage en changeant progressivement le nom du groupe de « Gay Dog-Training » en « Pup 101 ».

Chez les puppies, pas de soumission. Toutefois, pour que le jeu de rôle avec le « handler » prenne tout son sens, leur obéissance est évidemment mise à l’épreuve. Certains vont prendre du plaisir à suivre certaines règles. Ainsi, il n’est pas rare de voir dans ces rassemblements, des pratiques de bondage notamment, ou bien des puppies enfermés dans leur cage, pour un temps. Une manière de souder les liens une bonne fois pour toutes. Toujours dans l’amusement, des « momifications » peuvent même avoir lieu !

À l’inverse, d’autres puppies, plus taquins, vont aimer, eux, transgresser les ordres de leur handler.  Qu’ils soient dociles ou non, les apprentis « chiots » trouvent toujours une manière espiègle de prendre leur pied. Selon leurs comportements, un « rang » leur est attribué. Une hiérarchie qui se divise en quatre catégories : l’alpha, le béta, l’oméga, et enfin, le petit dernier, affectueusement surnommé le « pouic-pouic ». Se faire une place au sein de la meute et s’établir dans une de ces catégories dépend alors principalement de la force physique, mais aussi de la force de caractère et de la prestance des puppies. Pour chaque meute, plusieurs alphas peuvent s’imposer néanmoins.

Auparavant, les membres passionnés du puppy-play ne pouvaient échanger que virtuellement […] La suite dans Wyylde le Mag n°8 !

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