Messieurs, on vous brosse dans le sens du poil !

Selon une récente étude diffusée en France par Mensquare, répartir équitablement les tâches ménagères dans un couple promettrait d’embellir la vie sexuelle des deux partenaires. Merveilleux ! Nous les femmes, avons enfin une carotte (celle de 15 cm qui pendouille entre deux jambes) pour que Jules débarrasse la table. Le hic ? Quelques années auparavant, on nous disait le contraire… 

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« Messieurs, si voulez que ce soit l’éclate sous la couette, commencez par ranger vos chaussettes ! »

C’est l’idée qu’a émit Matthew Johnson dans la revue « Journal of Family Psychology » il y a quelques semaines. Ce chercheur canadien a étudié plus de 1330 couples et son constat est sans appel : plus un couple a l’impression que la répartition des tâches est équitable (même si madame bosse en réalité plus que monsieur) moins il y a de conflits. Le climat serait donc plus serein, et plus propice à l’acte sexuel.

C’est bien beau tout ça, mais ne nous disait-on pas en 2013 que plus un homme touchait à une éponge, moins il avait de rapport sexuel ? (« Egalitarianism, Housework, and Sexual Frequency in Marriage.” American Sociological Review – 2013) Ou même en 2012 que plus il passait le balai, plus il risquait le divorce ? (« Reduserer likedeling hjemme risikoen for samlivsbrudd? » (Partage équitable de tâches et risque de rupture) Likestilling hjemme – NOVA rapport 2012)

Et bien oui, c’est vrai ! Le plus drôle ? Aucune de ces études ne se contredit, c’est juste l’interprétation et la conclusion de ces sondages qui est soit au service de monsieur, soit au service de madame.

Décryptage :

2012 – Plus la répartition des tâches ménagères est équitable dans un couple, plus le couple a de chances de divorcer. Certes, mais attention ! Ce n’est pas parce que cela rendrait le couple malheureux ou frustré, c’est simplement parce qu’il signifie que le couple est plus « moderne ». Ainsi, sa conception du mariage est moins sacralisée… et donc plus propice au divorce.

2013 – Plus l’homme touche aux « tâches ménagères socialement féminines » (vaisselle, repassage) moins il a statistiquement de rapport sexuel. Certes, mais l’étude précise bien qu’il doit se lancer à fond dans les tâches masculines (bricolage, jardinage) pour que le couple soit dans un climat serein, sans conflit, afin d’avoir des rapports sexuels. L’impression « d’équité » est donc primordiale. Aucune de ces précédentes études ne contredit donc que l’investissement dans les tâches ménagères ressenti comme équitable serait propice à une vie sexuelle épanouie.

Ouf, c’est Jules qui va être content de tailler la haie ce week-end ! Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en 4 ans, au moins 3 grandes études seront sorties sur le rapport entre le cul et le repassage de chemise. A l’heure actuelle, une femme consacre presque deux fois plus de temps que l’homme aux tâches ménagères en France (Femmes et hommes – Regards sur la parité – Insee Références – édition 2012). On est alors en droit de se questionner sur la pertinence de ce genre d’enquêtes destinées à l’implication (ou non) de la gent masculine en fonction de leur bénéfice sexuel…

Enfin, on ne peut pas leur dire simplement qu’il y a 100% de chances que leur participation au ménage entraîne une maison propre et agréable ?

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