On découvre ou on redécouvre le plaisir de lire une bande dessinée avec Extases (Tome 1) de JeanLouis Tripp. L’auteur de 60 ans nous offre une autobiographie sincère et jamais vulgaire de ses souvenirs intimes. Du premier émoi à l’école primaire à une orgie romaine à l’âge adulte, il illustre avec justesse et naturel ses émotions et son éveil sexuel.

Il a commencé la BD en dessinant pour Métal Hurlant dans les années 70, avant de signer son premier album en 1978 (Le bœuf n’était pas mode). Après différentes collaborations et une pause de douze ans sans dessiner, il est revenu en 2006 avec Magasin Général, une critique sociale hautement féministe. Installé depuis 14 ans au Québec, il refait vivre Montauban, sa ville natale, et son lot de souvenirs.

Extases dépeint non seulement la découverte des corps, mais aussi le climat social qui règne à cette époque de libération sexuelle, sur fond de Mai 68. Là où internet et les sites pornos n’existaient pas, on se nourrissait de témoignages et de magazines coquins planqués par ci par là. Une éducation sexuelle plus en lenteur, « en vrai ». JeanLouis Tripp, qui s’auto-nomme « petit Jean-Louis », évoque un tournant de sa jeunesse où il ne savait tout bonnement pas comment était le sexe féminin. Alors il regarde des livres d’anatomie, des poupées, rien. C’est alors qu’un de ses proches lui dit « je crois que ça ressemble à un X ». C’est ainsi que la BD sera sous-titrée : « Où l’auteur découvre que le sexe des filles n’a pas la forme d’un x…« 

Dans sa préface, l’auteur précise :

Comment faire, comment raconter cette histoire sans la réduire à un vain étalage de bites et de culs..? Et surtout, est-ce que j’étais capable d’assumer ça, c’est-à-dire, en fait, d’assumer qui je suis ? J’ai réalisé qu’il ne s’agissait de rien d’autre que cela : un coming out. Comme le gars qui annonce à ses parents, sa famille, à ses amis, ses collègues qu’en fait il est gay. Voilà, c’est comme ça, je suis cela. J’ai décidé de m’avancer sans masque. Nu. (C’est le cas de le dire). Je n’en tire aucune gloire, mais je n’en ai aucune honte. Voilà qui je suis.

On a du mal aujourd’hui à imaginer la découverte « sur le tas »  de la sexualité. Ce premier volume d’Extases fera sûrement remonter des souvenirs à la génération de JeanLouis Tripp !

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