Ejaculation féminine et squirt : Femme fontaine, boirons-nous de ton eau ?

La femme fontaine fait toujours couler beaucoup d’encre : chaque année, de nouvelles études l’évoquent, par l’axe du point G encore très controversé il y a une décennie, ou plus récemment de l’éjaculation féminine elle-même. Magazines féminins, santé, médicaux (et même de psychologie) dissèquent le phénomène…

En conséquence, le porno ne jure plus que par le squirt : une éjaculation fontaine et même geyser, si spectaculaire qu’on soupçonne des effets spéciaux avant de la voir « en vrai ».

L’éjaculation féminine est-elle le nirvana du plaisir féminin ? Toutes les femmes sont-elles fontaines ? Combien d’alèzes faut-il prévoir ?

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Le phénomène d’éjaculation féminine est décrit depuis l’antiquité. Chez les grecs et les romains, difficile de savoir s’ils différencient vraiment la cyprine (lubrifiant émis par les glandes de Bartholin) du liquide émis au moment de l’orgasme du Point G. Mais aucun doute en Inde où le Tantra distingue trois types de fluides, tout comme le Tao chinois qui décrit la Troisième Eau comme le plus puissant des élixirs de vie.

Les études scientifiques très sérieuses se suivent et se contredisent… plus par leurs interprétations que par leurs résultats objectifs, en vérité. Pour commencer, on parle en fait de femme fontaine quand la quantité de liquide expulsé est très importante – jusqu’à plus de 150 ml. On utilise pourtant ce terme autant pour parler de femmes qui mouillent tant que cela dégouline sur leurs cuisses que de celles qui éjaculent moins de 5ml, dans le langage courant mais aussi supposé « spécialiste ».

Avant de disséquer l’anatomie du plaisir, il est important de comprendre que la zone sexuelle est un tout, un ensemble très richement et magiquement interconnecté. On peut identifier différentes sources d’orgasme, qui répondent à des stimuli différents et libèrent une énergie différente – mais toutes reliées. Le point G n’est donc qu’un centre de plaisir parmi d’autres, mais il a ses spécificités : notamment, il peut provoquer une éjaculation.

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Certains chercheurs suggèrent que toutes les femmes éjaculent lors de l’orgasme, mais en quantité trop faible pour que cela soit remarqué. Cette théorie est tout à fait plausible, puisque toute la zone sexuelle est reliée. De nombreuses femmes témoignent pouvoir éjaculer sans stimulation directe du point G… mais après l’avoir expérimenté en stimulation directe. Une pression sur le mont de Venus, un doigt introduit dans l’anus, un angle de pénétration particulier… Il est possible que leur cerveau ait appris à le reconnaitre, ou que le mécanisme du point G soit « débloqué ».

Tout cela confirme que la zone sexuelle féminine est un tout, avec des centres de plaisir qu’on peut éveiller et relier. Mais aussi, que les mystères de l’éjaculation féminine restent incompris.

De nombreuses études ont analysé le liquide émis lors de ces éjaculations et ont prouvé qu’il ne s’agissait pas d’urine, une grande avancée pour la compréhension du phénomène. Aussitôt contredites par d’autres études, la dernière affirmant qu’il ne s’agit que d’urine.

Cette étude médiatisée par le Pr Salama, pour une fois française, a fait l’objet de nombreux articles de vulgarisation : « l’éjaculation féminine n’est que de l’urine fortement diluée ». L’analyse des liquides émis lors de l’éjaculation féminine, ainsi que des quantités contenues dans la vessie avant et après éjaculation le prouve : en résumé, la vessie est pleine avant, vide après. Un retour vers l’antique théorie réac de l’incontinence urinaire coïtale ou orgasmique ? Certains n’hésitent pas à remettre en cause l’existence du point G – on n’est pas sortis du sable.

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Conclusion très différente si on lit l’étude elle-même : le protocole n’étudie que 7 sujets « femmes fontaines », c’est-à-dire coutumières du squirt. Et pour 5 d’entre elles, les analyses de liquide détectent aussi du PSA* émis par les glandes de Skene* : seulement 5. Ce qui prouve donc que l’éjaculation féminine et le squirt sont deux phénomènes distincts bien que possiblement simultanés – la stimulation du point G favorise sans doute le squirt, comme la stimulation clitoridienne favorise l’orgasme du point G.

La technique du squirt, mécanique parfaitement maitrisée dans le X, accrédite cette thèse : pas de stimulation du point G, mais un appui très fort et continu « en crochet » sur une zone antérieure du bassin…vers la vessie. Il est bien sûr conseillé aux actrices de boire très abondamment avant la scène. (Si vous voulez l’éviter, il suffit donc de vider sa vessie avant le rapport sexuel…)

Crédits : Marianne Ma

Crédit photo : Marianne Maric

Le liquide du squirt est donc bien une forme d’urine, très fortement diluée. Le squirt est par ailleurs très facile à dissocier de l’orgasme – bien plus que celui du point G. Toutefois, dans l’intimité, le squirt surgit souvent lors d’un « orgasme total », quand les contractions des muscles PC* sont si puissantes et profondes qu’elles provoquent un relâchement de tous les muscles…

Pour toutes les femmes fontaines et leurs partenaires, ne laissez pas les dernières découvertes scientifiques vous refroidir : l’urine est un liquide stérile, et c’est une autre forme, très diluée, incolore et inodore, qui est expulsée lors d’un squirt. Il y a des traces d’urée dans de nombreux fluides, y compris le liquide séminal.

Le squirt reste une manifestation spectaculaire du plaisir féminin, symptôme d’un total abandon physique et mental : quel dommage de jurer « fontaine, je ne boirai pas de ton eau » !

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* PSA : antigène spécifique de la prostate

* Glandes de Skene : glandes diffuses situées tout le long de l’urètre

* Muscle PC : muscle pubococcygien

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