Pour le nouveau documentaire produit par Arnaud Wyrzykowski et diffusé  samedi 15 avril à 00h30 et rediffusé le dimanche 30 avril  01h10, sur Paris première, Wyylde s’est investi dans le projet afin de montrer le nouveau visage du libertinage, l’occasion de valoriser la communauté libertine et de l’évangéliser.

Bérengère Weiss,  la réalisatrice du documentaire, répond à quelques questions.

Comment s’est passée la réalisation du documentaire ?
Tout d’abord, je tiens à revenir sur la genèse du projet. Le producteur  Arnaud Wyrzykowski souhaitait confier le documentaire à quelqu’un de totalement éloigné du milieu libertin. Tel était mon cas. En tant que journaliste je n’avais encore jamais traité ce genre de sujet et à titre personnel je n’avais jamais fréquenté de clubs libertins. Ce milieu m’était donc totalement inconnu. Et je n’avais aucun a priori, ni bons ni mauvais. Juste la curiosité de découvrir une communauté qui restait mystérieuse pour moi.
Très vite s’est posée la question de l’angle du documentaire, et c’est à travers le prisme couple que j’ai souhaité aborder le libertinage. Qui sont-ils? pourquoi, où et comment s’adonnent-ils à ce mode de sexualité ? quels enjeux se cachent derrière cette façon de vivre sa sexualité? Quels modèles et quelles valeurs sont remis en cause par le libertinage?
Mon objectif était d’apporter une variété en terme de témoignages et d’expériences pour susciter la réflexion. Les libertins que j’ai suivis ont entre 20 et 60 ans. Ce sont des étudiants, des entrepreneurs ou des retraités, vivant à Paris comme en province. Tous revendiquent leur droit au plaisir. Ces couples anticonformistes m’ ont ouvert les portes de leur intimité pour partager avec eux leur analyse de leur sexualité.
En parallèle de ces tranches de vies, mon autre priorité était d’ouvrir le débat et de tenter de décrypter le libertinage. Voilà pourquoi j’ai décidé de faire appel à des experts. Chacun selon sa spécialité apporte un éclairage sur la question.

J’ai souhaité par ailleurs montrer une réalité plus contrastée et nuancée du phénomène. Le libertinage est en effet loin d’être une pratique anodine. Quels sont les risques et les dérives inhérents au libertinage ?
Enfin, la  forme du documentaire était aussi primordiale que le fond. J’ai travaillé avec le chef opérateur Grégory Scié qui a fait un travail remarquable en terme d’esthétique. Nous avons beaucoup tourné dans les clubs libertins. La difficulté pour lui était de respecter l’anonymat des personnes, et de se faire le plus discret possible afin de capter des morceaux d’intimité. C’est à mon sens l’un de endroits où il est le plus difficile de filmer.Grégory a su suggérer des scènes d’intimité sans les dévoiler totalement. Pour sublimer ces images j’ai travaillé avec deux monteurs, Olivier Swiney et Eric Chenot qui ont fait un travail de grande qualité, respectant la charte esthétique que je m’étais fixée

Est-ce compliqué de tourner un documentaire dans les milieux libertins ?
Oui ça l’est. Il faut savoir qu’une caméra suscite toujours la méfiance, mais encore plus dans le milieu libertin. Les clients des clubs étaient bien évidemment avertis de notre présence, mais nombreux étaient ceux à se cacher le visage où à fuir la caméra, et c’est totalement compréhensible. Filmer l’intimité est la chose la plus difficile. 

Combien de temps a duré le tournage ?
Le tournage s’est étalé d’avril 2013 à avril 2015. 

Le documentaire est présenté en plusieurs chapitres, pourquoi cette séparation ?
Cette structure en quatre chapitres me semblait évidente d’un point de vue didactique. Je voulais avancer dans le documentaire pas à pas comme dans un livre. Chaque chapitre permet de comprendre le suivant.

Plusieurs personnes s’affichent à visage découvert, le libertinage n’est donc plus un sujet tabou ?
Non, c’est une illusion de croire cela. Le casting pour obtenir ces témoignages à visage découvert a été long et fastidieux. J’ai essuyé de nombreux refus, la peur d’être jugé étant encore très forte. J’ai passé de nombreuses heures sur les forums à chatter avec des libertins. Très peu ont donné suite. Le libertinage et plus largement la sexualité sont encore tabous.

Toutes ces rencontres avec des libertins vous ont-ils apporté quelque chose ?
La réalisation de ce documentaire a été très enrichissante car au-delà du libertinage et de ses pratiques c’est la question de la sexualité et de sa place dans notre société qui m’a intéressée :  le rapport à soi, à son corps, le rapport à l’autre et au monde plus largement.

Y aura-t-il d’autres projets comme celui-ci ?
Pas dans l’immédiat, mais il me semble que ce genre de documentaire est primordial pour faire avancer les mentalités et combattre les préjugés et les a priori.


Pour ceux ne pourront pas voir la rediffusion du dimanche, voici le lien pour voir le replay http://www.6play.fr/fideles-amoureux-et-libertins-p_6776

 

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