Ma créature

Il est minuit passé, je fume une cigarette en dégustant une énième coupe de champagne avec Lucie près des Champs-Elysées, c’est cliché mais Paris me semble petit par moments et je ne me sens pas de changer mes habitudes. Je me suis promise d’être sage, pas envie de coucher à tord et à travers ce soir. Se réveiller auprès d’un inconnu sans me souvenir de l’orgasme, non merci, j’ai donné.

Lucie veut me traîner vers l’un de ses clubs, de ceux où l’alcool coule à flots, de ceux où les filles sont aussi sublimes que tristes, de ceux où les garçons vendent du rêve, des rêves qui se transforment en cauchemars une fois le matin venu.

Pourtant j’ai très envie de croiser une personne en particulier, je sais que j’ai toutes les chances de tomber sur elle, comme la plupart des personnes ayant un smartphone je suis devenue une véritable espionne… Je connaît son Facebook mieux que le mien et puis j’aime ses posts, ses photos d’une jolie vulgarité assumée, car oui la vulgarité ne va pas à tout le monde…

J’ai rencontrée Stella lors d’une soirée totalement bordélique, des couples libertins se mélangeant aux connaissances de la nuit, des artistes, des avocats, des filles à papas, des actrices en devenir aux dents longues et aux talons hauts. L’ambiance était particulière, un étrange chaos où se mélangeait le plaisir, l’ivresse et les communions improbables.

Un peu en retrait, je regardait les actions défiler devant moi, j’allais de chambres en chambres sans prendre part aux jeux des autres.

Quand soudain une voix grave et rauque m’interrompis dans mes rêveries pour me demander une clope. Etant totalement myope je ne vis pas son visage bien clairement avant qu’elle ne s’approche de moi. Grande, sublime, métisse, le regard intense, les lèvres pulpeuses, elle portait une espèce de culotte trop grande pour elle, ça contrastait avec les lingeries de luxe que portaient les autres filles… Et pourtant je n’avais jamais vu de créature aussi sexy. ¨Du feu?¨ je m’exécutais, elle me fit un sourire, en me sortant un truc d’une grande banalité au sujet de mes yeux. Si un mec s’était adressé à moi de cette façon, il n’aurait même pas eu sa cigarette mais c’était ¨la femme¨ je lui accordais volontiers tous les droits. Je n’avais pas envie de jouer à la grande avec elle. Elle bu dans mon verre et le vida d’une traite, je continuais de la contempler, silencieuse.

Elle remis un jean qui n’était probablement pas le sien et une grande chemise d’homme qui trainait par terre, ses camarades de jeux continuaient tranquillement sans elle.

¨J’ai encore soif, il y a trop de monde ici.¨

¨Je m’occupe de la bouteille, on se retrouve dans la salle de bain du fond.¨

Je chopais une bouteille pas encore ouverte au salon et me dirigea vers la salle de bain, elle était là.

On discuta quelques minutes en buvant le champagne au goulot, la créature avait donc un prénom, un métier et un âge. Elle s’appelait Stella et bossait comme barmaid, elle faisait les saisons, changeait de villes tous les trois mois. Peu importe.. La seule chose qui comptait c’était ses rires que je voyais en regardant son reflet dans le miroir, elle titubait un peu.

Elle bloqua le verrou et m’attrapa par le coup pour m’embrasser, je lui mordis la lèvre, elle me cracha dessus, j’avalais sa salive en lui ôtant sa chemise ouverte. Elle me fit boire à nouveau, pour me montrer qu’elle dominait, l’idée de me laisser entièrement aller m’excitait de plus en plus, j’étais littéralement trempée… Stella me lécha la nuque avant de descendre jusqu’à mes seins, elle leva les yeux vers moi, une nouvelle fois elle me transperça du regard avant de descendre sa main dans mon legging, elle sembla réjouis de l’effet qu’elle procurait sur moi. Je me laissais totalement faire, elle me décalotta le clitoris et descendit sur ses genoux pour le mettre dans sa bouche, pour le sucer. Ses coups de langues furent vite rejoints par ses doigts qui me pénétraient brutalement, elle y allait très fort, je n’essayais pas de retenir mes cris, j’explosai de rire au moment de l’orgasme puis j’attrapai sa main pour qu’elle me pénètre entièrement, j’en voulais encore et encore, je la releva, l’embrassa et lui ordonna d’enlever son pantalon, elle ne s’exécuta pas, alors je la déshabilla, cracha sur mes doigts que je glissais entre ses lèvres humides, je lui caressais le clitoris d’une main et de l’autre je m’aventurais vers son anus, elle se mit à gémir et à pousser des petits cris, elle ne me regardais plus mais sa cyprine recouvrait mes doigts, je les portais à ma bouche avant de les introduire à nouveau dans son vagin puis dans son anus, je voulais qu’elle jouisse aussi fort que moi. Elle me pris par la gorge et me retourna contre le lavabo, elle enfonça ses doigts dans mon vagin, j’avais l’impression d’exploser, tout mon corps n’était que jouissance, elle me fit éjaculer extrêmement fort, je n’avais pas eu le temps de reprendre mes esprits qu’elle remis la chemise, laissant le pantalon et la culotte par terre, elle repris la bouteille de champagne, déposa un baiser sur mes seins et quitta la salle de bain, me laissant dans un état second…

Après m’être légèrement remise de mes émotions, je m’éclipsai de la soirée pour garder ce souvenir intact, je ne voulais pas polluer mes émotions sexuelles par un quelconque imprévu…

Des semaines ont passé, j’ai baisé, j’ai dominé, joué à la soumise, je me suis faite enculer et j’ai ris en buvant du champagne, du thé ou de l’eau.

Et pourtant je continu à rêver de cette femme, ma créature, ma Bardot… Alors je me masturbe sur son profil Facebook et j’imagine tous les jeux auxquels on pourrait encore se prêter.

C’est décidé, je poursuivrais la nuit ce soir mais toute seule…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.