Pour autant que la décision de libertiner soit prise à deux, le libertinage permet de dynamiser sa vie sexuelle sans créer de fracture dans le couple. Il permet dans bien des cas de redécouvrir son partenaire, mais aussi les possibilités de son propre corps.

Par Pierre Des Esseintes

Aurélie et Mat, couple libertin épanoui.

Aurélie, 34 ans, est venue avec son compagnon, Mat, 36 ans, pour une interview dans un café branché du vieux Lille. « Tous les couples connaissent le problème, je pense… » soupire la jolie blonde en fixant sa tasse de café. « Avec le boulot, la fatigue, un enfant en bas âge, c’est pas tous les jours la fête du slip ! », poursuit-elle. Puis, ses yeux pétillent lorsqu’elle avoue : « enfin ça, c’était avant ! Avant que l’on se rende en club libertin !» Mordant dans son cookie avec gourmandise, elle évoque ses premiers moments dans le libertinage : « C’est Mat qui m’a proposé. Pour une soirée de la Saint Valentin qui, pourtant, s’annonçait plutôt classique ! Je n’aurais pas aimé qu’il m’emmène dans ce genre de boîte sans me prévenir. Nous en avons beaucoup parlé. Je n’étais pas du tout partante, au départ. Mais il a su me convaincre, en m’assurant que nous n’étions obligés de rien, que la première fois c’était « juste pour voir » ». Mat regarde sa compagne avec admiration. « On avait besoin de déconnecter du quotidien, confie-t-il, et de nous retrouver. Pour ça, le club libertin est le meilleur endroit. C’est une sorte de cocon protégé, à l’intérieur duquel tout est possible ». « Et où rien n’est obligatoire…», renchérit Aurélie en souriant. La formule consacrée chez les libertins !

« Nous avons redécouvert nos corps »

Mat, radieux, justifie sa démarche : «  Nous n’avions plus de sexualité. Nous en étions à nous dire que faire l’amour impliquait une diminution du temps de sommeil. C’est pour vous dire que nous n’étions pas loin du naufrage ! » Nous y voilà : le libertinage constituerait le moyen privilégié pour réveiller une sexualité assoupie. « Nous avons redécouvert nos corps, se réjouit Aurélie. D’abord, avant de sortir, on doit se mettre en valeur, bien s’habiller… ça, de nos jours, c’est plutôt rare ! En club, on peut s’habiller ultra sexy, et ce sera toujours valorisant, pas comme dans une boîte traditionnelle ou dans la rue. On ne se fera jamais draguer lourdement, ni traiter de pute. C’est la première démarche qui permet de regarder son couple autrement, de casser les habitudes. Moi, je me suis surprise à penser : wow, il est pas si mal, mon mec, finalement ! »

Une complicité retrouvée

Et après, une fois que l’on a passé la porte ? « Il est important de ne pas banaliser le truc, soutient Aurélie. Au début, voir son mec faire l’amour avec une autre fille, ça fait quand même un choc. Mais je suppose que ça a été pareil pour lui. La première fois, je me souviens, il me tenait la main pendant que je me faisais prendre ! Ça n’a l’air de rien, mais je me dis que c’est une belle preuve d’amour, de pouvoir aller au-delà de la jalousie… En sortant du club, nous nous sommes promis de ne jamais rien faire l’un sans l’autre ! »

De nouvelles pratiques

Pour Aurélie, le libertinage a été d’abord l’occasion de découvrir le corps d’autres femmes : « La bisexualité féminine est très valorisée dans ce milieu. Me voir faire l’amour avec des filles a été non seulement une source d’excitation pour Mat, mais aussi une révélation pour moi. Je me suis rendue compte que j’adorais caresser un corps de femme. C’est quelque chose que je trouve compliqué à réaliser en dehors du libertinage… » Et Mat, est-il tenté, lui, par la bisexualité ? « Je n’ai jamais essayé, mais pourquoi pas, un jour… L’avantage, dans le libertinage, c’est que l’on se reconnecte avec son corps et ses possibilités. Avec les autres « pratiquants », on parle beaucoup de sexualité, rien n’est tabou, et évidemment, on apprend énormément ». Et les prochaines étapes ? Aurélie avoue être tentée par la double pénétration, un fantasme « qui occupe (s)on esprit depuis longtemps. » « D’ailleurs, poursuit-elle, c’est l’un des avantages majeurs du libertinage : on peut y réaliser facilement ses fantasmes. Si l’on se connecte sur un site de matching, et que l’on écrit dans son annonce que l’on veut absolument essayer la « double », comment ne pas passer pour une salope ? » Mat, hilare, renchérit : « dans le libertinage, personne ne se permettra de vous juger ! Si des gens le font, c’est qu’ils n’ont rien à faire là ! »

La suite dans Wyylde le mag n°7 

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