C’est en bavardant un soir avec une copine que j’ai entendu parler du site vendstaculotte.com. Il propose aux femmes de vendre, comme son nom l’indique, leurs culottes, usagées de préférence, mais aussi chaussettes puantes, tampons ayant servi, cotons tiges sales, petites brioches imbibées d’urine ou toutes autres spécialités issues de l’imagination fantasque et débordante des vendeuses et de leurs clients.

On parlait fins de mois difficiles, à la base, autour d’une bouteille de vin, et cette amie me confiait alors qu’elle avait commencé à « faire du business ». J’avoue avoir tout de suite été
intriguée, et pour cause : adolescente, j’avais entendu parler de ces lycéennes japonaises qui vendaient leurs petites culottes en coton à des vieux pervers en quête de quoi satisfaire leurs élans fétichistes, et le concept m’avait bien excitée sur le coup je dois dire. Moi qui suis dans l’idée de réaliser tous les fantasmes qui me hantent depuis longtemps, en cocher un de plus dans ma to-do-list tout en gagnant quelques euros, c’était tentant. Quand je décidais de me lancer, pour l’audace, l’expérience, et dans l’optique d’en faire un article amusant, c’était sans bien en mesurer les conséquences. Je demandais à cette amie d’être mon initiatrice, et j’ouvrais dans la foulée ma propre boutique sur la plateforme, en ricanant comme une gamine de quatorze ans.

« Il faut que tu comprennes que pour faire des ventes il faut soigner le marketing » m’expliqua t-elle très sérieusement – elle parlait mon langage, je commençais à avoir l’oeil qui pétille (à moins que ce ne soit le vin) – « Pour vendre tes culottes, il faut vendre une image, il faut te montrer, créer un personnage.». Je m’appliquais donc à remplir soigneusement mon profil, m’inventant des penchants, un « univers », imaginant des « spécialités » à proposer (d’abord basiques, elles s’affineront avec le temps et l’usage), faisant des photos affriolantes pour appâter le chaland. Puis l’heure de la vraie initiation arriva : nous nous étions préparées avec soin, nous étions douces, lisses, la peau huilée et parfumée. Elle avait revêtu une nuisette rose fluo transparente et une culotte assortie. Elle portait un masque rose aussi, « rapport aux gens », et un carré blond décoloré, mais malgré toute cette panoplie de Barbie elle dégageait une aura de dominatrice qu’elle mettait en avant dans son personnage en ligne.

«Je commence sans toi, je me mets en TV, tu viendras quand tu seras prête, tiens tu mettras ça», me dit-elle en me tendant un masque noir qui complétait à merveille ma tenue de soubrette improvisée. La «TV» c’est en fait une chaîne télé directement reliée au profil des vendeuses, qui, quand la caméra est «ON», diffuse en live ce qu’elles veulent bien montrer. Un outil de promo efficace une sorte de téléshopping où l’on essaye de vendre ses produits à des spectateurs hypnotisés par un flot d’images et de paroles soigneusement étudiées.

Je sortais de la salle de bain un peu gênée, avec ma féminité taille 46, et mes énormes seins contenus tant que possible dans un déshabillé blanc transparent trop petit, prêté pour l’occasion et révélant mes aréoles géantes, ainsi qu’un string assorti révélant mon gros cul. Il faut dire que je ne fais pas ça en fin de soirée chez les copines généralement, enfin pas depuis que je suis devenue
une femme respectable. Je sortais donc un peu gênée mais surtout très excitée, non peu satisfaite tout de même de mon look de «soumise virginale mais pas trop», qui, j’avais pensé, contrasterait
habilement avec le côté autoritaire de ma partenaire de jeu. Élargir le segment cible.

Il était temps de rentrer en scène, je rajustais mon nibard gauche qui tentait l’évasion, et je me posais sur le canapé où la maîtresse de maison fumait des clopes en petite tenue et en direct face à des voyeurs et potentiels clients. J’allumais à mon tour une cigarette, lançais un bonjour discret à l’adresse de la caméra et commençait à faire glisser mon doigt lentement le long de mon décolleté au-delà du plongeant. A travers le voyant rouge de la webcam c’était des hommes excités que je voyais, et ça me faisait du bien. Nous avons joué ainsi pendant près de deux heures, à chanter, à danser, fumer, boire et rigoler, tout en montrant nos attributs à une foule d’admirateurs enthousiastes. Parfois nous feignions de nous caresser, puis nous avions de moins en moins besoin de feindre. Au bout de près de deux heures, notre première commande arriva, une «cam», toutes les deux, ensemble. C’était le moment pour moi de faire mes preuves, de sauter le pas, ce n’était plus une blague entre gamines mais bel et bien une vraie commande avec une vraie prestation à fournir et du vrai argent à la clé. Avec cette commande ça devenait vrai, et avec elle vinrent mes premières angoisses : et si je n’y arrivais pas? S’il me rebutait trop? Je me souviens m’être souvent demandé petite si j’arriverais à faire la pute comme Julia Roberts dans «Pretty woman». Je ne voulais pas reculer, l’expérience était trop intrigante et on ne peut plus excitante au vu de l’état d’humidité de ma culotte à vendre.

Quand la sonnerie de Skype retentit et que j’ai vu ce mec pas très beau, enrobé, en slip sur son lit que j’imaginais très bien être dans l’appartement de maman (qu’il ne veut pas laisser seule à son âge), bizarrement je me suis détendue. Ça je pouvais gérer, je pouvais être une déesse pour cet homme. Je SUIS une déesse nom de nom. L’échange fut agréable et fluide.
Nous nous sommes caressées mon amie et moi, sous les instructions de cet homme qui avait payé pour ça. Il a joui face à nos deux vulves béantes offertes à la caméra, et j’avoue qu’au moment où il a giclé sur l’écran, j’ai joui aussi d’être si proche d’elle et de nous voir ainsi soumises à cet homme misérable quoique tout à fait charmant au demeurant.

Je ne sais pas ce qu’elle en a pensé, de cette fois là, nous n’en avons plus jamais parlé, comme ce lendemain de soirée pyjama ayant dérapé quand j’étais au collège et qui m’avait éloignée de ma meilleure amie de l’époque. Mais nous nous voyons souvent et je sais que nous recommencerons un jour, enfin j’espère. Je zieute souvent son profil. En attendant, j’ai continué un peu, de mon côté. Je me suis même acheté un masque sur amazon. Quand j’ai envie de me caresser, j’aime bien me «mettre en TV» et allumer les mecs qui viennent mater mes obus. Et puis quand on me le demande et que j’en ai envie, je me fais payer pour parler au téléphone, m’exhiber en cam, ou même écrire des correspondances érotiques (en fait, je n’ai jamais vendu une seule culotte, faute de stock et de choix probablement, je n’en porte plus au quotidien depuis un bon bout de temps). Ça me stimule sexuellement et intellectuellement, ça me fait de l’argent de poche, et ça me rassure sur mon potentiel d’attraction sexuelle. Mais ça reste un hobby ultra occasionnel, les soirs de pleine lune, durant mes périodes de forte libido, parce que c’est un jeu dangereux qui a facilement un côté addictif : malgré tout, c’est un peu la maison close virtuelle côté lounge,la «drogue douce» de la prostitution, et moi, j’aime la beauté du sport amateur.

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