Petite genèse du film porno…

Il est temps de faire un point sur les films X. Après ses débuts publics dans les années 60, on voit surtout son explosion se faire dans les années 70, heure de la libération sexuelle. Il arrive sur les écrans de cinéma et de télévision, mais toujours de manière plus ou moins taboue : on a toujours cette image d’homme mûr qui se cache sous son imper pour rentrer dans un cinéma X.

Le temps est passé, et on a traversé l’entrée dans le nouveau millénaire avec le super rituel du film du samedi sur Canal (oh hé ne faites pas les innocents !). Evidemment, vous nous voyez venir : internet… Depuis les premiers sites pornos, on considère que l’industrie a explosé. On pense évidemment à la création de YouPorn en 2007 : MindGeek, société mère, gère aujourd’hui 20 sites porno dont les leaders mondiaux (Brazzers, RedTubePornHub…)

Quand on a vu touuuus les sites de MindGeek.

Chacun regarde son petit porno chez soi, sans avoir à se déplacer, dans le confort le plus total. Mais que sait-on de l’industrie derrière les caméras ? Vous avez de la chance, deux ouvrages de journalistes françaises sont sortis ces dernières semaines, illustrant en détail les zones d’ombre qui persistent sur ce milieu si discret, et pourtant connu de tous.

Porn Valley. Une saison dans l’industrie la plus décriée de Californie.

Laureen Ortiz a traversé la chaleur désertique de la Porn Valley, derrière les studios d’Hollywood, pour comprendre le mode de vie de ceux qui y travaillent. Là-bas les studios de films X sont cachés entre deux palmiers et un supermarché. Elle y rencontre des acteurs, des agents, des producteurs… Elle assiste à des tournages, observe la difficulté à garder sa place. Car, malgré les strass et les paillettes, les acteurs.trices jouent aux chaises musicales. Elle raconte même qu’un agent lui aurait dit :

Une actrice ici a une durée de « vie » de six mois.

Une dure réalité, donc, pour la région reine du film pour adultes. Elle évoque les « GAFAs« , ces géants du net comme MindGeek qui contrôlent le marché, mais aussi la tolérance des autorités vis-à-vis des traitements parfois discutables des employés.

Planète Porn – Enquête sur la banalisation du X.

Cet ouvrage recueille des reportages, des interviews et des analyses du X venant du monde entier. Marie Maurisse a parcouru la planète pour comprendre quelle emprise la pornographie avait sur notre société. Elle dénonce les conditions de travail du personnel, l’hypocrisie du public qui visionne toujours plus longtemps et recherche l’expérience la plus extrême. Dans cette industrie,  les codes sont tout ce qu’il y a de plus classiques : offre et demande, adaptation à la technologie, pourtant la finalité n’est pas si simple. Le secteur est en berne : salaires en baisse, productions de plus en plus coûteuses, pratiques exigeantes. Et, évidemment, la place de la femme. Bien que les conditions sanitaires ont nettement été améliorées, on considère toujours que les films pornos sont faits « pour les hommes par les hommes ». On voit de nouvelles branches naître (avec notamment les films d’Erika Lust dont on parle beaucoup) et une amélioration générale. Marie Maurisse préfère ici prendre le secteur dans sa globalité, sans mentir ni arrondir les angles.

Porn Valley. Une saison dans l’industrie la plus décriée de Californie. Laureen Ortiz 

Parution le 29 mars 2018, 320 pages, Ed. Premier Parallèle (19€)

Planète Porn – Enquête sur la banalisation du X.  Marie Maurisse

Parution le 02 mai 2018, 208 pages, Ed. Decitre (18€)

 

 

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